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ESTHÉTIQUE DES HUIT MODES DU PUIN-CHÀNT

chants de deuil du culte catholique ; ne nous étonnons ' point s'il a produit la Prose des Morts, Tun de nos chefs-d'œuvre liturgiques, qu'on n'entend jamais sans la plus vive émotion et sans rêver des destinées futures de notre pauvre humanité.

Le troisième mode est dit mystique.

Malgré la justesse de son application, le mot mys-^ tique n'exprime peut-être pas toutes les propriétés de ce mode. Le troisième mode est particulièrement remarquable par son caractère de majesté et de solennité. Nul n'est mieux disposé pour peindre l'enthousiasme et les sentiments énergiques (1).

Saint Ambroise nous en fournit une preuve dans son magnifique chant du Te Deum, admirable page mélodique, l'une des gloires de son auteur et du culte auquel il l'a destiné. Qu'il rende grâce d'une victoire ou de tout autre événement heureux (2), le Te Deum est le type par excellence de la prière chantée, l'accent vrai de l'hommeému, reconnaissant, de l'homme courbant humblement son front devant l'unique dispensateur de la gloire et de la puissance.

Le troisième mode, par l'écartement de la dominante de sa tonique (3), par l'élévation de cette

({) C'est dn mode phrygien, correspondant au troisième mode du plain-cbant, que les Lacèdèmoniens se servaient pour s'animer au combat. (Quinte-Curce, Vie d'Alexandre.)

(2) Le Te Deum a été inspiré par l'un des plus beaux triomphes de la grâce, la conversion de saint Augustin.

(3) La dominante ut est à la sixte de la tonique mû Dans ce mode, le rapport dissonnant de fa et si naturel n'a point permis de prendre cette dernière note pour point d'appui.

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