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INTRODUCTION. XV

n'aTons pas seulement assisté à la moindre séance du fameux Congrès de 1860, telum imbelle sine ictut C'était alors notre conviction profoqde, et M. Labat, bien certainement, Ta partagée dans la suite ; on en peut trouver des preuves incontestables dans quelques-unes de ses intéressantes brochures.

Pendant Tannée 1862, M. J.-B. Labat fut nommé président de la Commission et membre du Jury au concours d'orphéons qui eut alors lieu à Montauban, et membre de la Congrégation et Académie pontificale de Sainte-Cécile de Rome (13 août).

En 1864 il donna sa démission d'organiste, laissant d'unanimes regrets dans une ville qui avait pu apprécier ses grandes qualités morales, sa science musicale, son zèle artistique, et se retira dans son domaine d'Escaudemac, àÀucamville, près de Verdun (Tarn-et-Garonne).

Rendu à sa pleine liberté, M. J.-B. Labat se révéla à tous sous les traits du sage, tel que la Religion le conçoit, le forme et le vénère. La retraite pour lui ne fut pas le repos, mais plutôt le moyen de se livrer sans entrave à ses chères études qui absorbèrent la plus grande partie de ses journées. A la poursuite d'une idée musicale ou littéraire, il s'enfermait dans son cabinet, et compulsait, dans sa belle bibliothèque, les ouvrages qui devaient lui fournir un renseignement ou dissiper un doute. Il

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XYI INTRODUCTION.

méditait et ordonnançait dans sa t^te avant d'écrire, puis soudain son visage s'illuminait de la joie d'Ârchimède : il avait trouvé !

Ces habitudes studieuses étaient loin cependant de l'absorber tout entier. Il trouvait du temps pour sa famille, envers laquelle il fut toujours affectueux et plein de cœur, — pour ses amis, auxquels, dans son hospitalité sympathique et gracieuse, il se plaisait à faire les honneurs de sa dernière composition musicale, de son dernier travail académique ou d'une fantaisie satirique qu'il s'était passée a propos de quelque aventure survenue au village, et qui ne manquait ni de sel ni de trait, — pour les malheureux qui trouvaient auprès de lui conseil et secours, — et enfin pour ses fleurs, autre clavier d'harmonie qu'il avait set^I le droit de toucher dans son parterre réservé.

C'est surtout dans le calme de cette solitude que Dieu saisit entièrement Tâme de l'éminent artiste, qui, plus que jamais, fit consister son suprême bonheur dans la pratique fervente de tous les devoirs qu'impose la Religion, et qui font l'incomparable charme de la vie chrétienne. On conservera longtemps, à Âucamville, le doux souvenir de ses vertus!

Le mercredi 6 janvier 1875, saint jour de l'Epiphanie, ce noble et vaillant musicien fut enlevé à sa famille, à ses amis, à ses élèves et a l'art qu'il

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n'avait jamais cessé d'honorer par son caractère et ses talents. Homme de rdigion, de science et de cœur, sa mort fut ce qu'elle devait être, édifiante et pieuse. Il s'y était préparé.

Heureux, mille fois heureux ceux qui meurent dans l'affection de Dieu! Leur mémoire ne périra point sur la terre, et> dans le ciel> la sainte espérance qui les y a conduits aura pour auréole la plénitude d'une impérissable félicité !

Faisons maintenant connaître, aussi exactement et aussi complètement que possible, les écrits de M. Labat.

On peut les ranger en trois classes : —

♦ • Littérature musicale ;

V Œuvres musicales ;

3"* Variétés et miscellanées.

La première classe nous fournit un catalogue de cinquante-deux numéros, que nous allons citer par ordre chronologique.

Les voici : —

1. — De la mue de la voix (Courrier de Tam-etdarotme, n» du 7 novembre 1847).

9. — Quelques moU sur le < Stabat » de Rossini (Ibid., n« du SO mars 4847). L'auteur rend hommage à cette partition ; les morceaux d'ensemble y sont empreints du sentiment rdigieux^ mais il n'en est point de môme des solos et des duos.

XVIII INTBODUGTION.

3. — Chant des Travailleurs, de Rouget de Lisle (Ibid., n» du 4 septembre 1848). A cette époque, les ouvriers étaient en souffrance. L'auteur leur donne de patriotiques conseils.

4. — Coup dœil sur les chants appelés « Noëls » (Ibid., n« du 27 décembre 4848). Cette intéressante dissertation contient un résumé rapide de l'histoire des Noëls dafts les diverses provinces de la France, et, à ce sujet, l'auteur formule des propositions de réforme qui ne manquent point de justesse et de sagacité.

5. — Étude sur sainte Cécile, patronne des musiciens (Ibid., n« du 16 novembre 1849). Suivant M. Labat, — et c'est le sentiment de tous les érudits, — la participation de sainte Cécile à la musique a été toute morale, car rien ne prouve que cette illustre Sainte ait été musicienne. La notice est complétée par l'historique des corporations musicales placées sous l'invocation de la Sainte, et surtout de la Congrégation et Académie romaine de ce nom. En lisant ce travail on comprend que l'auteur exalte avec un pur amour la céleste inspiratrice de sa foi, de sa piété et de son talent.

6. — Histoire de VOrgue (Ibid., n^» du 1 9 au 22 juin 1850, 2« édition, en une brochure in-8o, chez Victor Bertuot, imprimeur-libraire àMontauban, 1864). Excellente publication au point de vue de la vulgarisation de tout ce qui concerne l'origine, les progrès et les perfectionnements de Tinstrument catholique par excellence. Elle a été complétée, dans la suite, par un travail que nous citerons plus loin.

7. — Etudes philosophiques et morales sur r Histoire de la Musique ou Recherches analytiques sur les éléments constitutifs de cet art à toutes les époques, sur la signification de ses transformations, avec la biographie et l'appréciation des auteurs qui ont concouru à ses progrès (Paris et Montauban, 1852, 2 volumes in-8<> formant ensemble 905 pages).

En 4867, nous avons émis notre appréciation, franche et

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