‹ Œuvres littéraires-musicalesChapitre 84 sur 123 · S34 LE STABAT DE ROSSINI · texte numérisé non relu

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nouveau chef-d'œuvre dans un style magnifique, mais sans toucher au fond. Les journaux de musique» plus compétents, analysèrent Touvrage; mais leur compte-rendu était empreint d'une exagération déplorable. D'après les uns, tout y était sublime; aux yeux des autres, Rossini était un écolier. D'un côté, l'intérêt de boutique, entièrement apparent, jouait son rôle accoutumé; de l'autre, l'amour-propre, cet hydre anti-social et surtout arai-musical , soufflait, comme au temps de Gluckistes et des Piccinistes, la discorde et la haine. Se peut-il, diront sans doute les hommes sages, que l'amour-propre, ce sentiment fait pour exciter en l'homme de nobles efforts vers le bien, puisse produire de tels effets? Il en est cependant ainsi ; et encore si ce fléau demeurait renfermé dans V enceinte continue; mais, hélas! on n'ignore pas ici qu'il a franchi les barrières de la grande cité.

Ainsi, au milieu de ce dédale d'opinions si contraires, comment reconnaître la vérité?

Beaucoup d'artistes et amateurs, privés du bonheur d'entendre ce bel ouvrage, ont fait sans doute comme nous une étude de la partition, et ont cherché par ce moyen a découvrir cette vérité, beaucoup trop voilée dans les journaux spéciaux de Paris. Cette analyse les aura amenés k reconnaître que Rossini s'était rangé k l'opinion de tous les grands compositeurs qui l'avaient précédé dans la carrière, k savoir, que le vrai style sévère puise ses effets dans les formes scientifiques qui nous ont été transmises par les

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anciennes écoles. Son Introduction ou n" 1, tous les morceaux d'ensemble et le n® 10 surtout nous démontrent Texistence de ce fait. Aussi, ces numéros ontils paru à tous en général remplir toutes les conditions de la musique sacrée.

Il nous serait bien agréable de faire une analyse raisonnée des dix morceaux de la partition ; mais ces quelques lignes n'étant pas destinées à un journal spécial, il convient que nous ne parlions que des deux numéros que la Société Philharmonique offrira à ses auditeurs.

Le style du nM , chœur avec soli, nous a donc paru large, élevé et éminemment religieux. Les basses, les ténors et les saprani entrent successivement par une imitation a l'octave d'un effet grave et solennel. Ce style est continué et heureusement mélangé dans le courant de ce morceau, et les soli alternant avec le chœur y répandent une riche variété de nuances et d'accents.

On a fait néanmoins un reproche à l'auteur : c'est celui de l'avoir écrit dans la mesure à six-huit, mesure qui, comme on le sait, peut produire par son rhythme un certain balancement bien usité dans quelques morceaux légers, tels que barcaroles, pastorales, etc. J'avoue que cette remarque ne me paraît pas judicieuse, car le degré de lenteur ou de vitesse donné au mouvement change entièrement le caractère et par conséquent Teffet du même rhythme. Le mouvement des trois croches dans chaque temps à l'accompagnement, pendant que les voix lient les sons,

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