LE STABAT DE ROSSIM
ne représente-t-il pas plutôt les battements du cœur navré et déchiré de cette tendre mère assistant à la triste agonie de son fils bien-aimé? Assurément, si, comme on le lui a reproché^ Rossini a écrit quelquefois dans cet ouvrage plus avec l'esprit qu'avec le cœur, ce n'est pas dans le morceau dont il s'agit.
Le n* 8, sur les strophes inflammalus et foc ine crucBy est un solo de soprano plein de force et d'éclat. Ce solo dialogue ou s'unit avec le chœur.
On devait bien prévoir que Rossini , l'auteur à l'instrumentation puissante, colorée, imitative, tirerait un grand parti des paroles de cette première strophe. Aussi, après avoir accompagné le solo qui chante les deux premiers vers par un rhythme mouvementé, mais un peu voilé, le chœur entre par un formidable unisson, se mêlant avec l'harmonie stridente des instruments à cuivre qui font également leur entrée, et les paroles in die judicii sont rendues avec une puissance qui doit porter l'effroi dans l'âme des auditeurs. Après avoir conservé ce solo et le chœur dans le ton de do mineur, il module en mi bémol, où, sur les paroles de la strophe foc me cruce, le chœur répond aux accents expressifs du solo par des accords d'une douceur infinie : ainsi, après la crainte, l'épouvante, l'effroi du jugement de Dieu offensé, Tespérance eu sa miséricorde infinie, voilà la vraie poésie chrétienne; voilà, de plus, le trait du génie.
L'auteur rentre dans le ton primitif, reproduit une seconde fois ces beaux effets, et termine en do majeur