LE STABAT DE ROSSINI. S3T
par une péroraison qu'il eût sans doute beaucoup plus développée, si Touvrage entier ne se composait de dix numéros d'une fort grande étendue.
Telles sont en substance les beautés que nous ont paru renfermer les deux numéros qui seront entendus au concert annoncé par la Société Philharmonique. Gomme nous l'avons dit, le style des morceaux d'ensemble prouve que Rossini a médité sur les ressources que renferme l'ancienne tonalité. Et quel est l'homme intelligent qui pourrait méconnaître les effets profonds de ces chants religieux des premiers temps du Christianisme, dus à la plume des saint Ambroîse, des saint Grégoire, hommes immortels autant par leur génie que par leurs sublimes vertus? Qui ne s'est senti vivement ému en entendant dans nos églises cette mélodie si simple, si suave, si profonde d'expression , que l'Église a consacrée à la prose qui a servi de texte à l'ouvrage que nous analysons? Si quelqu'un dédaigne le plain-chant, si quelque musicien ignore les chefs-d'œuvre de Palestrina, assurément ce n'est point Rossini.
Mais le style ancien, dit-on généralement, ne s'accorde plus avec notre éducation musicale moderne, et les progrès prodigieux de la musique dramatique et de l'instrumentation, en fournissant aux compositeurs de musique religieuse un élément nouveau , ont dû les porter à modifier leur manière. A cet égard, il est bon de remarquer que de tout temps on a été disposé à outrer toutes choses et par ce moyen à leur faire perdre leur vrai sens. Et, sans doute, un