‹ uvres littéraires. Poésie et proseChapitre 18 sur 143 · CHANT D HYMEN · texte numérisé non relu

CHANT D HYMEN

Tu seras , ma fiancée , Mon avenir , ma pensée , Belle au front de dix-sept ans !

Tu parais aussi jolie Que la madone Marie, Fraîche comme la prairie , Jeune comme le printemps.

Déjà le temple s'apprête, L'encens brûle pour la fête , Ta mère en pleurs nous bénit; Enfant, l'hymen nous appelle

Avec sa voix solennelle , Et dans cet amour fidèle La main de Dieu nous unit.

Mets ta robe la plus blanche; Que ton joli cou se penché Sous un voile de pudeur ; Laisse parler le murmure De la prière si pure ; Mets une fleur pour parure, Emblème de ta candeur !

Tu seras à moi sans cesse Mon épouse et ma maîtresse ; Que cet avenir est beau !

Pendant toute l'existence Nous aurons même espérance , Peut-être même souffrance...

Et puis le même tombeau.

Dieu , notie père , nous he Par une commune vie D'amour, d'avenir naissant; M dit , en créant la femme :

« Vous êtes son corps , son âme , » Toute sa force et sa flamme » Et tout le sang de son sang ! »

Merci, mon Dieu tutélaire, De m'avoir donné sur terre La félicité du ciel.

Je brise la coupe vaine De la volupté mondaine Où l'on s'abreuve de peine , Après avoir bu du miel.

C'est pour moi seul , jeune fille, Qu'à nos yeux ton charme brille

Comme un astre souriant ; C'est pour moi que ta pensée Est doucement caressée Comme une yole Wcée Par les flots de l'Océan.

C'est pour moi seul , Men-aimée ,

Que sur ta couche embaumée

L'amour vint se reposer ;

La jalousie importune

Ne trouble point ma fortune...

Ton baiser sur ma peau brune

Sera le premier baiser !

Va 1 que ta mère te pare :

Mais ton bijou le plus rare > C'est la vertu de ton cœur ; Point de ces paiurea folles !

Oh ! voile bien tes épaules Dont mille regards frivoles Aspireraient la blancheur.

Je frémis en touchant ronde De ta chevelure blonde Qui me paraît tressaillir ; Ma lèvre à peine se pose Sur ta lèvre demi-close :

Je crains d'effeuiller la rose Qu'il m'est permis de.cueillir.

C'est que nul toucher profane Sur ce contour diaphane N^est venu se reposer ; C'est que nul encens frivole N'a défloré mon idole ; Mon baiser sur ton épaule Sera le premier baiser ! . . .

Si le ciel un jour nous donne Un ange à fraîche couronne Sous la forme d'un enfant , Tu le béniras sans cesse , Mère pleine de tendresse , Et tu suivras sa jeunesse Avec un œil triomphant.

Cet ange , touchant génie,

Réunira notre vie

Par de plus sacrés liens ;

Je veux qu'il soit ton image ;

Il aura ton doux visage ,

Ton sourire et ton langage ,

Des yeux bleus comme les tiens !

Chaque soir près de sa couche Une chanson de ta bouche Tendrement va l'endormir ; Et pendant les nuils entières Nous fermerons ses paupières Avec de molles prières Et des rêVes d'avenir.

Auprès du foyer qui brille, Chaque soir pour la familic Nous prîrons avec ferveur ; Alors l'âme se déploie Dans une céleste voie !

Et l'on reporte sa joie Yers la bonté du Seigneur.

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