‹ uvres littéraires. Poésie et proseChapitre 45 sur 143 · LE VENT D AUTOMNE · texte numérisé non relu

LE VENT D AUTOMNE

Le vent glacé d'automne effeuille la verdure Qu'un doux soleil naguère embellissait encor ; Et la nature en deuil , muette et sans parure , Dans un vaste linceuil s'endort.

Qu'êtes-vous devenus, bosquets, retraite aimée , Frais gazons, clairs ruisseaux, beaux jours sitôt perdus? Délicieux parfums de la rose embaumée, Hélas! qu'êtes-vous devenus ?

Vainement je vous cherche , ornements des prairies , Ombrages si joyeux , maintenant si déserts ;

Bois où j'entretenais mes tendres rêveries , Je cherche en vain tes rameaux verts !

Le vent glacé d'automne a détruit l'herbe molle , L'onde qui folâtrait avec un léger bruit > Et le chant des oiseaux , poétique parole ; Le vent d'automne a tout détruit.

Pourquoi d'un sombre hiver l'haleine empoisonnée Fane-t-elîe la joie au fond de notre cœur? Est-ce une voix d'en haut qui revient chaque année Pour nous apprendre la douleur ?

Bien tôt, nous le savons, s'écoulent toutes choses ; Les fleurs! en un moment nous les voyons mourir ! Et tels s'effeuilleront nos plaisirs et nos roses Pour ne plus jamais refleurir !

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