‹ uvres littéraires. Poésie et proseChapitre 49 sur 143 · ÉLÉGIE VINGT-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE VINGT-NEUVIÈME

LA JEUNE FILLE POÈTE

Il est une voix qui soupire , Plus touchante et plus douce encor Que le murmure du zéphire Ou le bruit d'une harpe d'or;

Une voix que mon âme écoute Et qui sait bannir la douleur , Comme l'oiseau pendant la route Charme l'ennui du voyageur.

Et cette voix , cette ambroisie , Qui nous semble venir du ciel , 0 femme ! . . . c'es^la poésie Qu'exhale ta bouche de miel !

Laisse donc tomber la parole Que je recueille dans mon cœur :

La femme est l'ange qui console , L'ange bien-aimé du Seigneur !

Laisse vibrer l'accord de flamme Comme un soupir de volupté ; On dirait l'écho de ton âme Et le parfum de ta beauté !,.<

Le son de ta bouche embaumée Est pareil au son des ruisseaux ; Dieu chante avec ta lyre aimée Comme avec le chant des oiseaux.

Vierge , pour toujours rester pure , Et pour savoir toujours chanter , Ecoute parler la nature , Ecoute ton sein palpiter !

Lorsque j'entends ta mélodie , Je respire un air de douceur , Air divin qui me purifie , Gomme une brise de bonheur.

Chante !... J'ai besoin de t'entendre , Oh ! j'ai besoin de t'adorer Pour croire à Dieu, pour le comprendre, Et pour ne pas désespérer !

Dans ce monde on a le cœur vide , On y perd l'espoir et la foi ; Chante! chante!... mon âme avide N'est heureuse qu'auprès de toi.

Oui , près de toi , femme , j'oublie ! . . . Je rêve le ciel d'un beau jour ; Et je crois à la poésie i Et je crois encore à l'amour.

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