ÉLÉGIE VINGT-NEUVIÈME
LA JEUNE FILLE POÈTE
Il est une voix qui soupire , Plus touchante et plus douce encor Que le murmure du zéphire Ou le bruit d'une harpe d'or;
Une voix que mon âme écoute Et qui sait bannir la douleur , Comme l'oiseau pendant la route Charme l'ennui du voyageur.
Et cette voix , cette ambroisie , Qui nous semble venir du ciel , 0 femme ! . . . c'es^la poésie Qu'exhale ta bouche de miel !
Laisse donc tomber la parole Que je recueille dans mon cœur :
La femme est l'ange qui console , L'ange bien-aimé du Seigneur !
Laisse vibrer l'accord de flamme Comme un soupir de volupté ; On dirait l'écho de ton âme Et le parfum de ta beauté !,.<
Le son de ta bouche embaumée Est pareil au son des ruisseaux ; Dieu chante avec ta lyre aimée Comme avec le chant des oiseaux.
Vierge , pour toujours rester pure , Et pour savoir toujours chanter , Ecoute parler la nature , Ecoute ton sein palpiter !
Lorsque j'entends ta mélodie , Je respire un air de douceur , Air divin qui me purifie , Gomme une brise de bonheur.
Chante !... J'ai besoin de t'entendre , Oh ! j'ai besoin de t'adorer Pour croire à Dieu, pour le comprendre, Et pour ne pas désespérer !
Dans ce monde on a le cœur vide , On y perd l'espoir et la foi ; Chante! chante!... mon âme avide N'est heureuse qu'auprès de toi.
Oui , près de toi , femme , j'oublie ! . . . Je rêve le ciel d'un beau jour ; Et je crois à la poésie i Et je crois encore à l'amour.