‹ uvres littéraires. Poésie et proseChapitre 5 sur 143 · LE VIEILLARD ET L'HIVER · texte numérisé non relu

LE VIEILLARD ET L'HIVER

J'aime ce soleil d'hiver,

Dit le bon vieillard qui tombe ;

Le vent qui souffle dans l'air

Semble venir de la tombe.

J'ai vu mes printemps nouveaux

S'évanouir comme un rêve ;

J'ai vécu mes jours Je sève ,

J'ai porté mes forts rameaux.

Cette marche languissante

M'assoupit et me rend las ;

Et ma paupière pesante

Va se fermer au trépas !

Peut-être mon âme envie

Ceux qui voguent loin du bord ;

Mais , tout en pleurant la vie , Je suis heureux, d'être au port.

Gémissez donc, vents de glace; Feuilles , volez dans l'espace Sans vie et sans nul soutien ; Morte nature, je t'aime, Car en toi je vois i'emblême De cette couche suprême Où je dormirai si bien.

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