L'ARC-DE-TRIOMPHE
Juillet 1841.
Tout au bout de Paris , la ville magnifique > S'élève un monument vanté ,
Qui redresse le front de son jeune portique , Avec un air de majesté ;
Le peuple aime à passer sous ce dôme de pierre
Qu'on appelle l'Arc Triomphal , Parce que sur ces murs notre France guerrière
Vit planer l'astre impérial.
Là sont écrits les noms de nos grandes batailles ,
Les noms de nos grands généraux, Qui n'eurent qu'un canon pour chant de funérailles ,
Les plaines d'honneur pour tombeaux...
Napoléon fonda ce temple magnanime
Qu'il voulut orner de ses mains, Et qu'il marqua du bout de ce glaive sublime
Dont il effrayait les humains.
Chaque pierre est un mot , chaque pierre est un reste
De trône , de sceptre cassé ; Mais à son tour vaincu par le destin funeste ,
Le grand vainqueur fut terrassé î Et Waterloo sonna ! Puis l'aigle impériale
Tomba de son vol de géant ; Le soleil des combats prit une couleur pâle ,
L'Arc Triomphal resta béant.
Ce sont les jeunes fils de la France nouvelle
Qui , par un souvenir pieux , Voulurent achever l'arcade solennelle
De ce portique glorieux ; Aussi , quand l'Empereur revint sur notre plage ,
Son noble cercueil a passé Sous cet Arc Triomphal , majestueux ouvrage
Que lui-même avait commencé.
Ses os ont dû frémir dans leur sainte poussière ;
Ses os , glacés d'isolement , Ont dû se ranimer à la chaleur guerrière
Qui rayonne du monument.
S'il n'a pas achevé ce dôme de la gloire ,
C'est que l'homme, au glaive si prompt, En passant couronné sous son arc de victoire ,
Debout , se fut heurté le front 1