‹ uvres littéraires. Poésie et proseChapitre 73 sur 143 · L'EMPIRE, C'EST LA PAIX · texte numérisé non relu

L'EMPIRE, C'EST LA PAIX

Vive l'Empereur !

(Cri national.)

Sans doute , ils étaient beaux ces jours de nos annales Où les airs rayonnaient d'aigles impériales , Quand planait la Victoire avec son glaive en main ; Quand , nouvel Alexandre et vivant Charlemagne , Napoléon courait de campagne en campagne , Et gravait dans l'Europe un belliqueux chemin....

Honneur ! cent fois honneur à l'invincible armée , Par l'amour de la France aux combats enflammée ! Honneur à ces guerriers qui nous donnaient leur sang ! Nous , leurs mâles enfants , nous vénérons encore Ces nomsl... ces noms si grands que le laurier décore, Et dont le groupe fier semble encor menaçant.

Molle Egypte !... ô pays d'eunuques et d'esclaves t Tu palpites encore au souvenir des braves Que jusqu'aux bords du Nil guida l'heureux vainqueur; Quand le Premier Consul , plus haut que ton prophète ,,

Sur le bloc séculaire écrivait sa conquête ,

Et de grands souvenirs agrandissait son cœur!..."

L'arrogante Italie elle-même est soumise , Elle ouvre à nos soldats sa région conquise.... Milan , la folle reine , est à Napoléon ; Austerlitz! Iéna!... la Prusse et l'Allemagne Adorent le géant que la foudre accompagne; Pour vaincre , il ne faut plus qu'un regard du lion.

Malgré ses guérillas , l'Espagne à l'œil perfide Doit se courber au joug du conquérant rapide : Contre un divin César que pourrait l'assassin?... Le fanatisme en vain réunit ses cohortes ; L'Empereur fait crouler les vieux murs et les portes , Et Madrid à genoux l'accueille dans son sein.

Il a vaincu l'Espagne , il vole à la Russie ,

Son pied foule le sol et la glace endurcie;

Les champs de Moskowa sont couverts par les morts...,

Et si la trahison fait mourir la victoire ,

Qu'importe?... L'Empereur a l'éternelle gloire,

Et les lâches ligués ont l'éternel remords !

Sans doute, ils étaient beaux ces jours de noble guerre Où l'Empire français envahissait la terre ; Mais ces temps ne sont plus ; et Ton veut d'autres jours La France , en ce moment , n'aime plus les batailles ; Hélas!... elle a gémi jusqu'au fond des entrailles, Sur le corps de ses fils elle pleure toujours....

Que de morts ! que de sang les tempêtes civiles , Pendant l'heure d'orage, ont lancé sur nos villes! Voyez-vous de Juin les bleuâtres flambeaux?... Voyez-vous remuer , dans sa rage insensée , Une Convention de fureurs hérissée, Désarmant nos soldats pour armer ses bourreaux?...

Mais Dieu nous réservait le prince noble et juste

Qui recueille chez nous l'héritage d'Auguste ;

« Ah! l'Empereur n'est plus? » s'écriait la Terreur;

On allait tourmenter nos flancs déjà malades ;

On voulait relever piques et barricades....

« Ah ! l'Empereur n'est plus?. . . » Non! vive l'Empereur ! 1

Louts-Nàpoléon!... — Ce mot trouble vos âmes; Ce nom vous fait pâlir , barricadeurs infâmes. Il apparaît ; la France a déjà fait son choix. En vain le Parlement , dans sa haine impuissante , Voudrait nous étouffer sous sa loi frémissante : Le peuple pour César a des millions de voix.

Lui. . . ne fait qu'un seul geste ! ... et la vague est calmée ; Il ne montre qu'une aigle : il a conquis l'armée ; Le sauveur du pays marche à pas de géant ; Et Février! Juin !... la République neuve! De ses fiers champions la voilà déjà veuve ; Ils ont fui, les Brutus!... ils sont dans le néant.

Vrai Dieu ! . .. c'est bien assez d'injure et de misère ; L'on a tout balayé dans un jour de colère ; République ! ô vieux nom banni de toutes parts , Expire!... On ne voit plus l'ignoble bonnet rouge Sur quelque vil drapeau sortir de quelque bouge.... L'aigle a purifié nos brillants étendarts !

Vive l vive César !... Triomphe, ouvre tes ailes ; Victoire , effeuille ici des guirlandes nouvelles ; Le bronze des grands jours va tonner sans repos. La France, qui reprend sa gloire et sa couronne, Peut saluer encor l'immortelle colonne , Lorsqu'en ses vieux sillons ressuscite un héros !

Mais nous aimons la paix, Monseigneur ! et vous-même Vous avez de ses fleurs paré le diadème ; L'Empire, c'est la paix !... Vous l'avez dit là-bas,

A Marseille , à Bordeaux , dans vos cités fidèles, Joyaux de la couronne , aux riches étincelles , Artères du Midi qui battaient sous vos pas ! !

L'Empire , c'est la paix... et c'est le vœu du monde.

L'Abondance ouvre enfin sa mamelle féconde ,

Loin de notre beau ciel la Discorde périt ;

Et vous!... ne tremblez plus , rois des autres contrées

Peuples, raffermissez vos âmes éplorées :

Le monde peut dormir quand la France sourit.

L'Empire , c'est la paix!... Voyez : déjà les villes Frémissent , au réveil , de murmures agiles ; Et l'ardente industrie a repris son essor ; Le commerce renaît sous la molle influence D'un généreux soleil qui verse l'opulence ; Et de la veine usée on voit jaillir de l'or !

Les arts , que profanaient de sinistres génies , Reprennent , de concert , leurs fières harmonies. Fils des bardes romains ! chantez Napoléon , Chantez l'astre nouveau que le peuple salue ; Quand la faveur du Ciel sur nous est descendue , Que la lyre frémisse au réveil du lion.

Descendant parmi nous , l'angélique prière

Bénit de nos drapeaux la majesté guerrière ;

L'Eglise vient s'unir à nos larges concerts ;

La pourpre des prélats reluit plus belle encore!

Pour le peuple croyant c'est la divine aurore !

La France est à César... nos beaux cieux sont ouverts.

Et lorsque nos soldats , ces enfants des batailles , A Rome escaladaient de tonnantes murailles , Bravant le démagogue et ses pâles défis , Le prince des Français , malgré la République , Au prince des chrétiens ouvrait la basilique.... Saint-Père ! ... et dans nos murs tu viens sacrer ton fils. . *

0 soleil du passé , majesté révérée , Industrie , arts féconds , religion sacrée , Aigles , qui ravivez nos bataillons épais , Semenees de grandeur que le trône féconde , Eclat du nom français qui fait pâlir le monde.... Tout ce bonheur revit... l'Empire , c'est la paix !

Mais, ô peuples rivaux, sachez bien nous comprendre : C'est un Napoléon que Dieu vient de nous rendre ; Saluez!... saluez l'héritier de César :

Si dans vos cieux jaloux semblait gronder l'orage , L'armée impériale a toujours son courage I L'Empereur sait traîner des vaincus à son char !...

La paix !... nous la voulons ; mais accueillez l'Empire; Et malheur à ceux-là dont le glaive conspire ; Qu'à leurs vieilles fureurs ils n'osent plus songer. Laissons , laissons dormir le passé dans sa poudre ; Ou demain l'Empereur, en reprenant la foudre , Verrait , derrière nous , quelque insulte à venger.

Le Rhin , vous le savez , n'est pas une barrière Qui puisse comprimer notre fougue guerrière ; La France à ces ligueurs ne tendrait pas le cou ; De nos fiers bataillons vous ne seriez pas maîtres; Aux champs de Waterloo vous n'auriez plus les traîtres, Et vous n'oseriez plus incendier Moscou !!!

Mais silence!... et laissons reposer nos épées !

Par l'éclat du soleil les nations frappées

A la fraternité répondent noblement ;

La paix nous rajeunit de sa couleur vermeille :

C'est le vœu de César... et l'Europe sommeille

Sous l'azur radieux d'un riche firmament.

Fm des poésies.

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ROMANS ET NOUVELLES .HlSTOS*2$8JES,

ÀLBOIN ET ROSAMONDE.

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