SUR CELUI DES MOUVEMENS DU COEUR, ET SUR LE SIÉGE DE CE PRINCIPE
LA
Pan les facultés propres aux animaux, celles qui les caractérisent éminemment sont la faculté de sentir et celle de se mouvoir, et l’on peut dire que le véritable but de l’organisation d’un animal est de produire ei d’entretenir ces deux facultés. Quels que soient les moyens intérieurs ou extérieurs, les ressorts secrets ou apparens que la nature emploie pour cela , et quel que soit l’état actuel de ces moyens et de ces ressorts, dès qu’un
être sent et se meut spontanément (a), c’est un ani-
PP om
(a) Sent et se meut. — Il y a peut-être ici une légère
transposition d’idées.
Le sentiment et le mouvement sont des preuves de la vie, parce qu’ils en sont les effets, et que tout effet annonce sa cause propre. La vie est donc la cause, ou, si l’on veut, la condition en vertu de laquelle il y a sentiment et mouve.
ment.
Î Parfie. 3
EM mal vivant et qui a le sentiment de son existence.
. «1! « Pour connaître en quoi consiste l’essence de la vie,
il faudrait donc pouvoir disunguer quelle est dans RE
De ces deux effets, le mouvement seul est apparent. Il nous frappe dans les végétaux et dans les mobiles passifs, de la même manière qu’il nous frappe dans les animaux.
Quant au sentiment, il est caché. J’ai la conscience du mien; je ne l’ai nullement de celui des autres. Je ne l’admets en eux que par analogie. L'expérience que j'ai de moi-même, m’apprend qu'entre telles de mes manières de sentir et telles de mes manières d’agir, il y a une dépendance étroite, constante, nécessaire, qui me permet de conclure de celles-ci à celles-là ; et comme je vois dans les animaux des séries d’actions semblables aux miennes, et que, jusqu’à un certain point, unchien, un singe, etc., c’est moi : quant aux apparences, j'en conclus que le singe et le chien ont le sentiment comme je l'ai. Ici, l’analogie établit une probabilité trèsforte , laquelle équivaut presque pour moi à la conscience ou à la réalité de mon propre sentiment.
Quoi qu’il en soit, dans toutes les recherches physiologiques de cette espèce, on est réduit à ne voir qu’une chose , savoir : si l’animal se meut ou non.
Quand il ne se meut pas, on conclut qu’il ne sent rien.
Quand il se meut, au contraire, on conclut qu’il sent.
Quand il se meut d’une certaine façon, on conclut qu’il sent régulièrement; et quand il se meut d’une certaine autre , on conclut que sa sensibilité est déréglée. |
Le désordre du sentiment se trahit parle désordre du mouvement.
Peut-il y avoir 24e, sans qu’il y ait ni sentiment ni mou vement ?
U y a bien apparence.
(55 ) l'organisation d’un animal la condition précise d’où dépendent immédiatement le sentiment et le moument. Or ; dans cette recherche il y a deux choses à détermimer: l’une, quelle est la nature (a) de cette condition, l’autre , quelles sont les parties
Dans un œuffécondé , par exemple, et tenu en repos dans une température modérée, les molécules dont il est composé ne subissent aucune mutation. Elles ne se meuvent point ; elles ne sentent point, et cependant leur ensemble est pénétré par la vie; il est vivant. Dans les premiers momens de l’incubation, les molécules se dénaturent et se décomposent pour se combiner ét créer un nouvel être : elles sont donc mises en mouvement; mais sont-elles pourvues de sensibilité? elles vivent, elles se meuvent, mais elles ne sentent pas. Quand est-ce que le sentiment commence dans l’animal®?
Les semences férondes des végétaux présentent les mêmes difficultés. Le végétal lui-même, dans son entier, développement, a non-seulement la faculté de se mouvoir avec choix; on dirait qu’il vezf, on dirait qu'il senf. |
Quand le volvox desséché s’arrête, et n’a ni mouvement ni sentiment, dira-t-on qu’il est privé de wre £ = Enfin, dans les monvemens impétueux de la matière brute, les affinités qui l’emportent, sont-elles autre chose que des affections , et les affections autre chose que des sentimens ? Que savons-nous de tout cela ? EAP
(a),Za nature de cette condition. — Nous ne pouvons déterminer la nature de rien, ni celle du feu, ni celle de l'air, ni celle de l’eau, ni celle de l’or, etc. Nous ne pouvons découvrir dans les corps, que les conditions matérielles qui les constituent pour nous ; et supposé ,
19, Que tout se réduisit en nous à de la matière; a%
l (36) où elle réside, c’est-à-dire, quel est son siége. Par exemple, en supposant que le sentiment et le mouvement dépendent d’un principe (a) parucuber , produit par l’organisation , l’on a à rechercher
quelle est la nature et quel est le s16ge de ce prin-