‹ ŒuvresChapitre 11 sur 35 · PHARE · texte numérisé non relu

PHARE

(a) D'un principe. — Principe, préncipium , primum caput, première source, première origine. Dans ce sens, le mot principe indique un point de départ : c’est une question de lieu. Mais, dans ce lieu, que se passe-t-il? qu’en sort-il? un éfre, une matière quelconque , un fluide subtil, impondérable? Est-ce de la présence et du jeu de ce fluide dans la substance des organes, que dépendent les forces sensitives et motrices ? Dans ce sens, le fluide en question serait le principe de; ces forces. Toutefois, l'existence d’un tel fluide ne serait dans nos organes qu’une condition matérielle de plus; or, entre cette condition et l'effet qui en résulierait, savoir, la vié, il y a un abîme.

Constatez cetté existence, fort bien; mais ne vous en

promettez rien sur la question fondaméntale.

cipe. Ces questions ont donné lieu l’une et l’autre à beaucoup d'opinions , et pour ne parler ici que de la dernière , quoiqu'elle paraisse suscepubled’une solution plus facile que la première, jusqu'ici on n'a pu en trouver aucune qui soit pletnement satisfaisante, et qui s’accommode à tous les faits connus. #4

On aurait pu croire (a) que le principe du sentiment et du mouvement avait son siége dans toutes les parties du corps , puisque toutes semblent parüciper plus ou moins à ces deux faculiés. Mais lobservation ayant appris que la secuon d’un nerf, en quelque lieu que ce soit de son trajet, prive à l’ins- - tant de sentiment et de mouvement toutes les parties auxquelles se. distribue le bout inférieur du nerf coupé, il fallut admettre que le principe qui sént n’est pas dans la parue qui recoit lPimpression, n;-celui qui détermine le mouvement dans la parue qui se meut, et que pour en découvrir: le siége 1l est nécessaire de remonter jnsqu’à l’ori-

gine des nerfs. Or, comme tous les nerfs naissent

(a) On aurait pu croire. — Des deux questions posées , l’une sur la nature, l’autre sur le siège du principe vital, (car nous pouvons emprunter ici le langase de Barthez) Legallois abandonna la première, pour s'attacher à la seconde. $e flatte-t-il d’être ramené par la seconde à la première?

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du cerveau et de la moëlle épinière, c'était à la fois dans le cerveau et dans la moëlle épinière qu’on était conduit à placer le foyer de la vie. Mais une foule de faits attestaient, d’un côté, que la destruction ou même qu’une certaine lésion du cerveau produisait subitement la mort; de l’autre, que la section transversale de la moëlle épinière ; dans un point quelconque de sa longueur, paralysait toutes les parties inférieures à la section, tandis que toutes les parties supérieures, coniünuant de communiquer avec le cerveau, conservaient le sentiment et le mouvement. De plus, l’anatomie n'avait envisagé la moëlle épinière que comme un gros nerf, lequel naît du cerveau, de même que tous ceux qui-sortent par les différens trous du crâne, et qui, comme eux, se divise d'espace en espace pour fournir les nerfs intervertébraux; en un mot, cette moëlle n’était, ainsi qu’on l’appelait souvent, que le faisceau des nerfs du tronc. Ce fut done le cerveau que l’on regarda comme le foyer de la puissance nerveuse, et par conséquent comme le siége unique du principe de la vie.

On alla plus loin encore. L'unité du moi (a), les idées métaphysiques qui,s’y rattachent, et la con-

sidération que certaines parties du cerveau pou-

() L'unité du moi. — Ces vues sur l’unité de lieu que semble exiger l'unité du m102, sont bien fausses; car ici,

comment concevoir une unité de lieu? Quelque petit que:

vaient être lésées et même détruites impunément,

conduisirent à penser que ce n’était pas ce viscère tout entier qui était le siége de ce principe ; et qu’il devait y avoir un lieu circonscrit auquel aboutissaient toutes les sensations, et où se donnait l’impulsion pour tous les mouvemens; et ce lieu que l’on désigna sous le nom de sensorium commun ou de siége de l'âme, a été pendant long-temps l’objet des recherches des physiologisies.

Non-seulement le but de ces recherches n’a point été atteint; mais, à mesure qu’on a médité davan- tage sur les faits connus, et qu’on en a observé de nouveaux, on s’est aperçu qu'il devenait de plus en plus difficile de concilier tous ces faits avec l’opimon qui place exclusivement dans le cerveau , même considéré dans son entier, le principe du sentiment et de tous les mouvemens animaux. En effet , on ne pouvait point concevoir , dans cette opimon , pourquoi les repules, tels que les tortues ,

soit un lieu, il a des parties. Le plus petit lieu est une col- - lection de lieux plus petits encore. |

Qu’y a-t-il de commun entre cela et la perception simultanée de deux idées , et le jugement que l’une n’est pas l’autre? Or, l’unité du mor, ou plutôt lesentiment de cette unité, est un résultat de jugement.

Dès qu’on admet une âme, cette Âme étant immatérielle et sans parties, qu’a-t-elle besoin d’un lieu? On ne sait pas, et l’on ne peut savoir. |

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