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d'entretenir la eirculation, et s'ils conservent les forces nécessaires pour cela ; c’est à quoi il ne paraît pas qu'on ait pris garde. Or, cette question est précisément celle que l’enchaïînement de mes expérrences et de mes idées me conduit à examiner, pour constater si la circulauon dépend de la moëlle épinière. Car, si la destruction de la moëlle arrête cette fonction, ce ne peut étre ‘que de deux manières, en faisant cesser les mouvemens du cœur, ou bien en les affaiblissant. Mais puisque les mouvemens continuent même apres l’arrachement du cœur, 1l était bien présumable qu’ils continueraient aussi aprés la destructon de la moëlle épinière; et c’est ce qui arrive en effet, comme il est facile de s’en assurer en faisant “une ouverture au crâne d’un animal d’un âge quelconque , et en introduisant par cette ouvértuüre un stylet au moyen duquel on détruit cerveau et toute la moëlle épinière; si on’ouvre ensuite la poitrine de cet animal , ‘on reconnaît que les mouvemens de son cœur continuent. S’il arrive donc que 7 ces mouvemens, la circulation soit arrêtée , c’est qu’ils manquent de force pour l’entretenir ; et par conséquent quels que soient les mouvemens du cœur qui subsistent après la des-' truction totale ou partielle de la moëlle épinière, la question qui se présente à résoudretest-de savoir si cette destruction à pour effet immédiat d'arrêter la arculauon.
Cette question paraît fort simple ;. et 11 semble que rien n’est plus facile que de s’assurer si le sang circule ou ne circule pas dans les vaisseaux. Mais quand on en vient à l’expérience, on la trouve fort compliquée dans certains cas. Toute la difficulté consiste à savoir d’après quels signes on peut reconnaître que la cireulauon est arrêtée. L'absence de hémorragie, quand on coupe une grosse artère, où qu’on ampute un membre, paraît être un des plus certains. Elle l’est en effet, mais en général ce n’est que quand les animaux sont un peu ayancés en âge. Lorsqu'ils sont fort jeunes et que le trou botal n’est point encore fermé, Phémorragie est un signe équivoque de l’état dela circulauon. En effet, on conçoit qu'à cet âge l’amputation d’un membre, d’une cuisse, par exemple, peut occasionner une hémorragie plus où moins considérable, sans que pour cela lagtiséulation continue. Car les mouvemens du cœur,;:qui, comme nous l’avons vu, sub-. sistent tOUJOurS$ un cerlain temps après la mort, ont une force quelconque; et quoique cette force ne soit pas suffisante pour entretenir la circulation, c’est-à-dire , pour faire passer le sang des artères dans les veines , elle peut bien l'être pour le faire sorur par l’ouverture d’une grosse artère. Le sang veineux qui s’accumule constamment apres la mort dans les cavités droites du cœur, pouvant passer dans les cavités gauches par le trou botal, servira
à alimenter l’hémorragie aussi long-temps que les :
(.6g mouvemens du cœur conserveront quelque force. Seulement 1 faut observer que dans lous ces cas l’hémorragie , quoiqu? ayant lieu par une arière, ne fournit qué du sang veineux , et par conséquent de couleur noire. Sous ce rapport, l’hémorragie donne elle-même un signe for ‘timportant de l’état de la circulation.
Ce signe se tre de la couleur du sang. Toutes les fois que le sang des artères ne devient pas rouge, et que l hémorragie artérielle continue d’être noire pendant l’insufflation pulmonaire ») que je suppose faite avec beaucoup de soin » C'est un indice que la circulation est arrêtée. Mais cette règle est elle même sujette à quelques exceptions ) lesquelles dépendent du trou botal ou de la force relauve du ventricule droit du cœur. Lorsque la cireulauon, sans être arrêtée, est considérablement affaiblie et qu’ 1] né passe qu’ une très - petite quantité de sang
par des poumons, cette petite quantité de sang
o en sé mélant dans l’orcillette gauche avec celle beaucoup plus 2 srande qu'y verse l’oreillette droite par le trou botal , perd presqu’ entiérement sa couleur vermeille ; ; et 1l ne passe dans l'aorte que du sang à bou prés noir. C’est donc encore. chez les ires - jeunes animaux que ces exceptions ont lieu. Mais on peut les rencontrer chez les cochons d Inde , dans un âge beaucoup plus avancé , parce qu al n est pas ‘rare que chez ces dermiers.
le trou botal reste largement ouvert jusque dans
l’âge adulte. Quant aux exceptions qui ont leur cause dans le ventricule droit du cœur, je ne les ai observées que chez les chats nouvellement nés, je me réserve de les faire connaître avec plus de détail dans un mémoire que je me propose de publier sur l’oblitération du canal artériel.
L’inspecuion des carotides fournit aussi des si gnes qui méritent une grande attention, et qui se déduisent de la plénitude et de la couleur de ces artères. Je dis la couleur, car la transparence des tuniques de ces artères dans les jeunes animaux , tels que ceux que Je soumets à mes expériences , permet de distinguer très-facilement et à la simple inspection toutes les nuances qu'y peut prendre la couleur du sang; ce qui est fort commode. Lors donc que les caroudes sont pleines et rondes, que Vinsufflauon pulmonaire leur donne promptement une belle couleur vermeille , qu’elles redeviennent noires en interrompant l’insufflation , et rouges en la reprenant, il n’y a point de doute que la circulaton ne continue. Îl est certain au contraire qu’elle est arrêtée, lorsque ces artères sont vides et applaties , et dans les cas où elles contiennent encore un peu de sang , lorsque ce sang ne change point de couleur par l’insufflation pulmonaire. Je dirai à ce sujet que cet état des carotides est un des signes les plus sûrs et les plus promptsque l’on puisse avoir de la mort d’un animal. C’est, dis-je , un des
plus prompts, puisqu'on peut le constater à l’ins-
tant même où la circulation s'arrête, et lorsque
les battemens du cœur continuent encore. Dans un trés-grand nombre d’expériences sur l’asphyxie, il ne m'a jamais été possible de rappeler les animaux à la vie, toutes les fois que l’asphyxie avait été prolongée , jusqu’à ce que les carotides fussent vides et plattes ; bien que quelquefois on sentit encore les batitemens du cœur a travers les parois de la poitrine. Mais lorsque les animaux sont fort jeunes et fort peuts, les caroudes étant elles-mêmes fort petites, et jouissant à cet âge d’une grande contraculité , il n’est pas toujours facile de s'assurer si
elles sont vides et applaties, ou seulement contrac-
tées et retrécies par suite de l’affublissement de la .
circulation.
+ Tous ces signes offrent donc quelqu’incertitude dans le prenuier âge; cette incerutude se remarque plus particulièrement dans certaines espèces que
dans d’autres. C’est dans les chiens, et sur-tout
dans les chats, âgés de moins de cinq jours, qu’elle
est quelquefois fort embarrassante. Heureusement elle wa guères lieu dans les lapims; et: l’on peut
dire , en général , que l’hémorragie par son absence,
sa présence et sa couleur, et les caroudes par leur
. vacuité, leur plénitude et leur couleur, font suf-
fisimment connaître si la circulation est ou n’est A, / 1 . k \ " 24
pas arrêtée dans ces animaux, à quelqu’âge que
ce soit.
Du reste, cette incertitude n’a jamais lieu , que
Le ,
(99 ) lorsqu'il s’agit de prouver l’instantanéité de la ces- - sation de la circulauon, après la destruction de la imoëlle épinière. Gar lorsque la circulation est réellement ‘arrêtée , les hémorragies et autres apparences qui pourraient d’abord en faire douter , l’indiquent bientôt elles-mêmes par leur dispariuon: Elles n’ont en effet dans ce, cas qu’une assez courte durée , tandis qu’elles continuent, ou qu'on peut les prolonger beaucoup plus long-temps, lorsque la circulation existe même à un irès-faible degré. Cependant comme le moment précis où la circulauon s'arrête, était un point important à déterminer, je désirais en avoir quelqu’autre signe.qui füt applicable, sans aucune équivoque, à toutes les espèces et à tous les âges. Dans mes précédentes recherches ‘sur la décapitauon des lapins > J'avais observé que les iêtes séparées du corps, conunuaent de bäüller pendant un temps qui varlait sulvant l’âge de ces animaux » Hials Qui ÉLaiL à peu pres constant dans les individus de même âge. J’avais remarqué ,après cela dans mes expériences sur da moëlle épinière, qu'après la destwrucuon totale.de cette moëlle, les büllemens, seuls signes de-vie quirestent alors ,avaientsensiblement , aux mêmes âges , les mêmes durées que dans ces têtes , sans qu'il fût possible de les: faire durer, plus long: temps. ÎL était bien évident qu'il n’y avait plus.de circulation dans les têtes séparées du corps; et par
conséquent que les bäillemens n’y continuaient que
le temps durant lequel la vie peut subsister dans le cerveau après la cessation de la circulation, Ç’avait même été là ce qui m'avait donné le premier soupcon que la destruction de la moëlle épinière arrête subitement cette fonction. En reyénant par la suite sur ces fans, jen ai conclu qu'il en deyau être du reste du corps comme de la tête, c’est-à-dire, que la vie et les signes qui la manifestent devaient pareillement avoir dans le tronc une durée déterminée , suivant li âge , après la cessation de la circulauon , et qu’il serait possible de déduire de là un indice assez certain et assez applicable : à tous les cas, non-seulement de la cessation de la circulation ; mais encore de l’époque où elle aurait eu lieu. Il suffirait pour cela d’arrêter la circulation subitement et d’une maniere sûre dans un certain nombre d'animaux de différens âges, de marquer ensuite avec soin les durées des différens signes de vie, et d’en rédiger un tableau auqnel on comparerait les durées des mêmes phénomènes chez des animaux de même espèce el dé même âge, dans des expériences que l’on soupconnerait capables d’arrêter la circulation. J'ai en en effet eu recours à ce procédé, et 1l m'a paru remplir parfaitement. mon objet.
Le plus sûr moyen d'arrêter subitement la circulation, c’est de lier ou de couper le cœur à la base des gros vaisseaux. J’ai pratiqué l’une et
l’autre opération sur des lapins de cinq en cn
jours dans le premier mois de leur naissance; et j'ai noté avec soin la durée des bâäillemens et celle de la sensibilité pour chaque âge. Le tableau suivant contient les résultats de’ces expériences. Je n’y distingue point la ligature de l’excision du cœur, parce qu’il m’a semblé que les effets de lune et de l’autre, étaient absolument les mêmes, lorsqu'elles avaient été pratiquées dans le même temps après l'ouverture de la poitrine; temps qui ne doit pas excéder une demi-minute. A la suite de ce tableau, j'en place deux autres qui font connaître les durées des mêmes phénomènes, dans le cas de l’asphyxie par simple ouverture de la poitrine, et re celui de l'asphyxie par submersion.
Tasreau de la durée des bäillemens, et de celle de
la sensibilité dans des lapins de différens âges.
19, Après lexcision du cœur.
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Ages. Sensibilité. Bäillemens.
Jours. minut. minut.
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F2) 2°, Après la poitrine ouverte.
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Ages. Sensibilité. Bâillemens, .
jours. minul. - minul.
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