Dans l’asphyxie par submersion
RQ
Ages. Sensibilité. Bäillemens.
Jours. minut., minul,
doter SM rrienn ei ce RE TOR de ue Ai TO
10. er} er je VE e CHA CRE = 25. e e e de (eg exe À. Debnr-oie ml ir
RE Ce lan ot Ho ere Le Le co h À
Ces résultats , principalement ceux relaufs à l’excision du cœur à sont les moyennes d’un ceriain nombre d'expériences. |
J'essaye la sensibilité en pmçant les oreilles, les pattes.et La queue , et j'en note l'extinction au moment où ces pincemens ne déterminent plus aucun
mouvement. Mais je dois faire observer qu’assez souventil existe encore un peu desensibilité à anus, quand il n’y en a plus dans les parties que je viens de nommer.
Après l’excision du cœur, comme dans Pasphyxie, les bâäillemens sont toujours accompagnés de mouvemens inspiratoires du thorax. Pour l'ordinaire, ceux-ci durent un peu plus long-temps que les bäillemens dans ce tableau, parce que dans beaucoup d'expériences sur la moëlle épinière , ce sont les seuls qu’on ait à observer.
Outre les signes dont je viens de parler, j'ai fait usage de quelques autres dans mes expériences ; mais, sans m’arrêter à en faire mention 101, je crois devoir passer aux détails des expériences mêmes. Ces détails suffiront pour faire connaître la nature et la valeur de chacun de ces signes.
Comme je l'ai déjà dit, J'ai pratiqué sur les lapins la destruction, soit totale, soit-päruelle de la moëlle épinière, de cinq'en cimq'Jours, depuis le moment de la naïssance jusqu’à l’âge d’un mois ; ce qui fait sept âges. J'ai considéré plusieurs cas pour chaque : âge. Ces cas sont, 1°. la secuion de la moëlle prés l’occiput; 20, à décapitaüon; 3°. la destruction de toute la mbélle; 40. la déstruction de la portion cervicale; 50. celle de là portion dorsale ; 60. celle dela porHon lombaire.
Les trois prénnérs cas ént pour Objet de corparer l’état de Là circulauon après'la sécuon de la
-moëlle à l’occiput ; et après la décapitauon à ce qu'elle devient après la destrüction de touie la. moëlle. Quant aux trois autres cas , la destruction de la même poruon de la moëlle ne produisant pas les mêmes effets sur la vie aux différens âges, ces trois cas ont pour objet de comparer ces effets par rapport à la circulation de cinq en cinq Jours.
Chaque Cas à exigé que la même expérience fût répétée plusieurs fois, pour bien constater la mar che des phénomènes auxquels elle donne lieu. Ce: nombre d’ “expériences multiplié par celui des Cas; et mulüplié de rechef par les sept âges compris dans le: premier mOIS de la naissance, est beaucoup trop grand pour que je puisse entrer ici dans des détails aussi consiér ables. Je vais me borner à à rappor ter une expér ience pour chacun des six cas considérés À
le premier, le dixième et le vingtième jour de la naissance.
(96) Expériences pour déterminer les effets de diverses
lésions de la moëlle épinière sur la circulation.
Expériences sur les lapins, dans le premier jour de leur
ALaissanceé.
Premier cas. Section de lu moëlle épinière prés
Pocciput; la circulation continue.
Moëlle épinière coupée avec une aiguille entre l'os occipital et la première vertébre. Aussi:ôt tous les mouvemens inspiratoires sont anéants el remplacés par des büllemens. L'animal s’agite pendant un peu plus d’une minute ; après quoi il demeure sensible de tout le corps. La sensibilité s'éteint vers seize minutes (1). À vingt minutes, les büllemens continuant encore, et les carotides étant noires et rondes, mais moins grosses que dans les premiers temps de l’expérience , insufflauon pul- | monaire commencée. En moins de cinq secondes , les caroudes grossissent et deviennent bien vermeilles ; peu après les bäillemens s’accélérent et se renforcent. La sensibilité renaît vers vingt-une minutes. Les carouides deviennent promptement noi-
res, en interrompant l’insufflauon, et vermeilles
(1) Les minutes sont toujours comptées du commence- 2 Le BR niv sr ment de l’expérience ou de la première expérience sur le
même animal; ici c’est depuis la section de la moëlle à l’occiput.
CE) en la reprenant, À vingt-cinq minutes, amputation d’un des pieds, hémorragie vermeille pendant linsufflation, noire hors de l’insufflation. À trente minutes, les mêmes phénomènes continuent ; les deux carotides liées, chacune avec les veines ju-
gulaires externe et interne de son côté.
D ue CAS. ie. la 2 a serres con-
tinue,
Sur le même lapin. À trente-deux minutes, dé-
capitation sur la première vertèbre cervicale. La
tête séparée du corps continue de bäiller pendant plusieurs minutes. Insufflation pulmonaire reprise à trente-trois minutes. La sensibilité se conserve dans le tronc. À quarante minutes > aMmputauon de l’autre pied, hémorrhagie vermeille ou noire, sui-
vant que l’insufflauion est continuée ou suspendue.
Troisième cas. Destruction de toute la moëlle È
la circulation est arrêtée subitement.
Sur le même lapin. À cinquante minutes, même état de la sensibilité et de l’hémorragie , et les battemens du cœur sont toujours distincts à iravers les parois de la poiir ine : toute la moëlle épimère détruite jusqu’à la queue, en introduisant un stylet de fer dans toute la longueur du canal ver tébral. À l'instant, tout le corps est flasque et entièrement privé de sentiment et de mouvement,
TJ Partie. | 7
(98 ) Les batitemens du cœur ne sont plus distincts, € ne le redeviennent pas par la suite. Insufflauion reprise à cinquante-uné minutes. Nul effet. Une cuisse coupée à cinquante-cinq minutes né saigne point du tout. L'autre cuisse coupée à soixante minutes fournit deux ou trois gouttes dé sang noir, qui paraissent venir de la veine fémorale, laquelle est assez pleine. La plaie épongée ne saigne plus. Insufflauon abandonnée à soixante-dix minutes. Poitrine ouverte à quatre-vingt-dix minutes, les veines pulmonaires sont en partie noires et en partie vermeilles. | | Même cas sur un autre lapin, sans pratiquer la décapitation, en détruisant de prime abord toute la moëlle épinière par introduction du styletentre l'os occipital et la première vertébre dans toute la longueur du canal vertébral. Tout le tronc flasque et mort. Bâillemens seuls signes de vie dans la tête. Les battemens de cœur ne sont plus distineis. À quatre minutes ; les carotudes étant à peu près vides, et ne contenant-que très-peu de sang noir ; insufflation pulmonaire commencée. Vers cinq minutes , roudes, lequel est insuffisant pour les rémplir, ne
il revient un petit filet de sans véermeil dans les ca-
change point de couleur en interrompant l’insuf. flation , et disparaît vers {la fin de la septième ni nute, Lés battemens du éœur ne redeviennent pas distincts , et les bäillemens cessént à douze minu-
tés. Les deux cuisses coupées l’une à six, l’autre
à neuf minutes, ne saignent point. L’insufflation est continuée avec grand soin, mais sans succès jusqu’à dix-huit minutes. La couleur des veines pulmonaires comme dans le premier la pin.
Ces expériences, répétées sur un assez gren@ nombre d'individus de même espèce et de même
âge, ont toujours donné les mêmes Tea
QUATRIÈME cas. Destruction de la moëlle cervicale.
La circulation est arrêtée subitement.
Destructionimmédiate de la moëlle cervicale, de. puis l’occiput, jusqu’à la premiére veriébre dorsale. Bâllemens ; le col’est flasque et mort; les pattes antérieures ne sont plus sensibles ; tout le reste du corps l’est. Les baitemens du cœur ne sont que faiblement distincts. Insufflation commencée à trois minutes ; les battemens du cœur s ’accélérent et deviennent plus distincts. Les carotides qui ne contenaient qu’un peut filet de sang noir s’emplissent davantage > Etprennent une couleur vermeille.
Bientôt après les battemens du cœur cessent d’être R distincts , et les carotides se vident de plus en plus. À six minutes elles ne contiennent plus qu’un très. mince rubande sang vermeil, lequel conserve cette couleur pendant l'interruption de l'insufflation. Une cuisse coupée à six minutes saigne un peu , le sang est noir. Cette hémorragie continue pendant quelques minutes et reste noire. La sensibilité cesse
à onze minutes, et les bäillemens à douze minutes : s , # #7
{ 100 ) Tautre cuisse coupée à quatorze minutes ne saigne point. Insufflauon abandonnée à seize minutes.
Les veines pulmonaires sont d’un brun clair.
Cinquième cas. Destruction de la moëlle dorsale ;
da circulation continue.
Sur un autre lapin. Destruction immédiate de +oute la moëlle dorsale en introduisant le stylet dans le canal vertébral entre la pr emicre vertébre lombaire et la dernière dorsale. La tête, le col et le train de derrière demeurent vivans; le milieu du corps est mort. Les mouvemens d'inspiration subsistent, mais ils sont affaiblis et ne se font que par le diaphragme. Les battemens du cœur sont pareillement affaiblis. Il n’y a point de bâillemens. À cinq minutes , amputauon d’un pied , point d’hémorragie. À six minutes, amputauond’une jambe; hémorragie vermeille. À quinze minutes l’animal contünuait de vivre et de respirer , et les hémorragies étäient vermeilles. Il sert pour une autre épreuve. |
Cette expérience n’a | pas toujours le même résultat dans les lapins de cet âge. Assez souvent la destrucuon de la moëlle dorsale est immédiatement suivie de tous les signes qui annoncent que
la circulation est arrêtée.
(Or!
Srxtème cas. Destruction de là moëlle lombaire ;
a eg
la circulation « continue. LAIT
F2 Fe Sur un autre lapin. Destruction immédiate” ‘de ioute la moëlle lombaire en introduisant encore le styletentre la première vertèbre lombaire et la der-: nière dorsale, et le dirigeant vers la queue: Tout: le train de derrière mort. Le reste du eorps est el demeure vivant. La respiration un peu troublée d’abord , se rétablit assez bien et se fait sans bäillemens, À huit minutes un des pieds anrputé saigne sang vermeil. À quinze minutes la respiration con unue avec assez de facilité; les Battemens du cœur: sont distincts ; l’animal porte bien sa tête, et se son.-tuent sur ses pattes antérieures,
Expériences sur Les lapins ages de dix jours.
Nota. Je n'indiquerai plus que les principaux phénomènes, et particulièrement ceux qui font: connaître l’état de la circulation.
ren CAS. vint de la moëlle à P. occiput ; la
circulation continue.
Moëlle épinière coupée avec une aiguille entre Pos occipital et la première vertébre. La sensibilité cesse à six minutes, et les bällemens à sept. À’ buit minutes, les carotides étant noires et encore rondes, insufflation pulmonaire commencée, Au
quatrième coup de piston, les carotides sont bien.
(02 7 vermeilles et plus grosses. Les bäillemens reparaissent vers huit minutes et demie, et la sensibilité vers neuf minutes et demie, À douze minutes, amputauon d’un pied , hémorragie rouge ou noire , suivant que l’insufflation est ou n’est pas continuée, À quatorze minutes, mêmes phénomènes; ligature
des caroudes et des veines qugulaires.
Deuxrème cas. Décapitation ; la circulation con-
tinue.
Sur le mème animal. À quinze minutes, décapitauon sur la première vertébre cervicale. Insufflation reprise à seize minutes. À dix-huit minutes, la sensibilité paraît être plus vive qu'avant la décapitation ; l’animal s’agite beaucoup plus et plus fortement. À vingt minutes, amputation d’un pied,
hémorragie vermeille. À vingt-une minutes, insufflation interrompue pendant sept minutes ; aussitôt l’hémorragie devient et demeure noire. À vingt-huit minutes, la sensibilité paraissant éteinte et l’hémorragie arrêtée , mais les battemens du cœur étant encore assez distinets , insufflation reprise. La sensibilité renaît vers vingt-neuf minutes ; l’hémorragie reparaît aussi; elle est vermeille pendant l’insufflaion.
{103 en CAS. a la moëlle épinière détruite ;
À a circulation cesse.
Sur le même lapin. A trente - trois minutes, la sensibilité étant bien prononcée , l’hémorragie vermeille et les battemens du cœur distincts, toute la moëlle épimere détruite ; les battemens du cœur ne son: plus distincts à trente - trois minutes {ro1s quarts, et ne le sont pas redevenus. Insufflauion reprise à trente»quatre minutes ) nul effet. Les deux cuisses coupées , l’une à trente-six, l’autre à quarante minutes, ne saignent point du iout.
L'insufflauon, toujours conunuée avec grand soin n’est abandonnée qu’à quarante-deux minutes, Les. veines pulmonaires sont vermeilles à l'ouverture de la poitrine, faite à soixante minutes.
Si l’on détruit immédiatement toute la moëlle: épmiére sans décapiter l’animal, les résultats sont les mêmes. Aussitôt après cette opération, on ne sent plus les battemens du cœur; les caroudes sont vides et plattes, l’amputatuon des cuisses ne fournit point de sang, et les büillemens qui ont lieu dans ee cas cessent vers trois minutes et demie , sansque
Pinsufflation pulmonaire puisse les prolonger.
Quarnrème cas. Moëlle cervicale détruite; la circu-
lation s'arrête.
Sur un autre lapin. Destrucuonmimmédiate de la:
moëlle cervicale , depuis l’occiput jusqu’à la pre-
“(104 ) | micre vertèbre dorsale. Insufflauon commencée # deux minutes etdemie, les carotides étant plattes et à peu près vides, les battemens du cœur n'étant plus distincts, mais les bâillemens et la sensibilité subsistaut encore ; 1l revient lentement un peu de sang vermeil dans les carotides, pas assez pour les arrondir. La sensibilité s’éteint vers trois minutes, et les bâllemens finissent à trois minutes trois quarts : les battemens du cœur ne sont pas redevenus distincts. Les deux cuisses coupées, l’une à quatre, Pautre à dix minutes, ne saignent point.
L’insufflauon est abandonnée à quinze minutes.
Crwourème cas. Woëlle dorsale détruite : la circulæ- Q 5
#on s’arrète au bout de deux minutes. )
Sur un autre lapin. Destruction immédiate de la moëlle dorsale, depuis la première vertébre om baire jusque sur la premiere dorsale. La respirauon est troublée, et ne se fait que par le diaphragme, mais elleconunue d’abord. À une minute etdemie, ) à , i È :
amputauon d’une jambe; hémorragie vermeille. A deux minutes, la respiration est remplacée par des bällemens assez rares, qu’accompagnent de profondes contracuons du diaphragme. Insufflation pratiquée à quatre minutes, les caroudes ayant encore des battemens, mais ne contenant qu’un peut filet de sang demi-vermeil. Nul effet. Les
carotides se vident de plus en plus. La sensibilité
Cacs ) cesse à cinq minutes, les bâillemens à six. Les contracuons du diaphragme vers sept minutes.
Üne cuisse, coupée à huit minutes, ne saigne point, n1 l’autre cuisse coupée à onze minutes. Insufflauon abandonnée à treize minutes. Poitrine ouverte au bout de dix heures. Les veines pul- monaires sont vermeilles , le trou botal fermé. Dans cette expérience, les signes de vie ont disparu environ deux minutes plus tard qu’ils n’au- “raient fait après l’excision du cœur. Aussi la circulation ne s’est-elle arrêtés qu'environ deux minutes après la destruction de la moëlle.
| , | | | SIXIÈME CAS. Moëlle lombaire détruite : la circula-
tion continue.
Sur un autre lapin. Destruction immédiate de toute la moëlle lombaire. Les battemens du cœur deviennent d’abord irréguliers et plus lents, et la respiration est troublée. Ce dérangement dure peu. À dix minutes, la respiration est assez libre, et
les battemens du cœur ont à peu pres le même rhytme qu'avant l'expérience , seulement ils sont plus faibles, et on les sent moins distinctement. Une jambe coupée; à douze minutes, fournit du - sang vermeil. À quinzeminutes, l’animal estencore . dans le même état, et sert à une autre expérience. En général , vers l’âge de dix jours, les effets de
la destruction de la moëlle épinière offrent beau-
AO Gt »
coup de variétés. Il n’y a de bien constant, à cet âge, que la cessation subite de la circulation par la destruction simultanée des trois portions de cette moëlle , et son affaiblissement plus où moins grand par celle d’une quelconque de ces poruons. Cela paraît dépendre de ce que l'influence de chaque poruon sur la circulation , augmentant avec l’âge, c’est vers l’âge de dix jours qu’elle approche de son maximum. En effet, la même portion de moëlle qui ; étant détruite à cet âge, n’arrête pas encore la circulation , l’arrêtera constamment quelques jours plus tard.
Expériences sur les lapins àägés de vingt jours.
Premrer cas. Section de la moëlle à l'occiput ; læ
circulation continue.
Moëlle épinière coupée à l’occiput avec une aiguille. La sensibilité disparait à trois minutes et les bâillemens à trois minutes trois quarts. Insufflauion
| pulmonaire commencée à quatre minutes et demie, les carotides étant noires et encore rondes, mais médiocrement pleines, et les battemens du cœur étant distincts. En moins de cinq secondes, les carotides se remplissent davantage et deviennent bien rouges. Les bâllemens reparäissent à quatre minutes trois quarts , et la sensibilité vers cinq minutes. À huit minutes, amputation d’un pied, hémorragie, vermeille pendant l’insufflation. A
Fe (207 )
dix minutes, les bäillemens, la sensibilité et l’hémorragie conUnuent ; ligature des carotides et des veines jugulaires.
Deuxième cas. Décapitation ; la circulation con-
dinue.
Sur le même lapin. À onze minutes , mêmes
r 4 ? . . 1 \ \ phénomènes ; décapitation sur la premiére vertèbre cervicale. Le moignon du col saigne assez abondamment ; sang noir. Insufflauion reprise à douze minutes. La sensibilité est trés-bien avivée. A seize minutes ; l’amputation d’une jambe cause une hémorragie vermeille.
Troisième cas. Toute la moëlle détruite ; la circu-
lation s'arrête. ‘
Sur le même animal. À dix-huit minutes, 13 sensibilité étant bien prononcée et les battemens du cœur distincts, toute la moëlle épinière. détruite ; un instant apres , Les battemens du cœur ne sont plus distincts, et ne le sont pas redevenus. Jnsufilation FE à dix-neuf minutes, et contünuée jusqu’à vingt-six ; nul effet. Une cuisse coupée à vingt minutes ne saigne point ; ni l’autre,
coupée à vmgt-quatre minutes. Les veines pulmopaires sont vermeilles,
( 108 } QuarTrièmEe cas. Moëlle cervicale détruite ; la cir- .“ culation s'arrête. s
Sur un autre lapin. Destrucuon immédiate de la moëlle cervicale. La sensibilité s'éteint à une minute et un quart. À une minute et demie, les battemens du cœur ne sont pas distincts ; une cuisse amputée, ne saigne point; fin des bällemens. À deux minutes et demie, insufflation pulmonaire , les carotides étant plattes et à peu pres vides ; il y revient lentement un mince ruban de sang vermeil, lequel disparaît bientôt après, et ces artères sont tout-à- fait blanches à cinq minutes. Les battemens du cœur ne sont pas redevenus distüncis ; la cuisse amputée d’abord n’a point saigné , non plus que l’autre amputée à huit minutes. Insufflation abandonnée à quinze minutes. Les veines
pulmonaires sont vermeilles.
CINQUIÈME cas. Moëlle dorsale détruite ; La circu-
lation s’arrète.
Destruction immédiate de la moëlle dorsale ; bientôt après les battemens du cœur'ne sont plus distincts ; lasensibihité cesse à une minute et demie, et les bällemens un peu avant deux minutes. Les carotides sont plaites et vides à deux minutes. Amputation d’une cuisse à quatre minutes, point
d’hémorragie, L’insufflation pulmonaire n’a point
( 109 ) 4 p P ® Fr ® . A] e dre e :
été pratiquée. Poitrine ouverte à dix-huit minutes.
Les veines pulmonaires sont vermeilles.
“Sixième cas. Moëlle lombaire détruite ; la circula-
tion cesse au bout de deux minutes
Sur un autre lapin. Destrucuon immédiate de a moëlle lombaire. La respiration est troublée, inais elle se fait sans bâillemens 3 les batiemens du cœur sont irréguliers, mais encore assez distincts. L'animal se soutient sur ses pattes antérieures, et porte bien sa tête. À une minute et demie, il chancelle et a peine à la soutenir. À deux miautes, 1l tombe sur le côté, ct la respiralion s’arrête tout-à-coup; quelques instans 1l survient des bâillemens accompagnés de mouvemens du thorax. Vers ce temps, les batiemens du cœur cessent d’être disunets. La sensibilité finit à trois minutes et denue, et les bâillemens vers quatre minutes. Insufflaon pulmonaire à trois minutes deux uers ; nul effet. Les caroudes sont plattes et vides à cinq minutes. Üne jambe, coupée à une minute et demie saigne un peu ; sang vermeil ; la cuisse coupée à trois minutes , ne saigne point ; ni l’autre cuisse amputée à sept minutes. Insufflaüon abandonnée à dix minutes, Les veines pulmonaires sont vermeilles. |
Je ne reviendrai point ici sur la valeur des signes
ürés de la couleur ou de l'absence de l’hémorragie,
(440) de la plénitude, de la couleur ou de la vacuité des carotides , de la facilité ou de l’impossibilité de sentir les baitemens du cœur, à travers les parois de la poitrine , etc. Si l’on compare ce qu’ils sont après la section de la moëlle à l’occiput, et même après la décapitation, à ce qu’ils deviennent après la destruction totale ou paruelle de la moëlle épinière, il ne restera, je pense, aucun doute que dans ce dernier eas toutes les fois que la vie cesse dans les parties de l’animal , que la déstruction de la moëlle n’avait pas immédiatement frappé de mort, c’est uniquement parce que cetté destrucion a arrêté la Circulation générale (a). Mais je dois faire observer que parmi les signes propres à faire connaître l’état de la circulation, la durée de la sensibiliié et celle des bâäillemens méritent la plus grande attention. Nous venons de voir , qu’au dixième et au vingtième jour, comme au premier jour de Ja naissance, ces durées coïncident avec celles qui ont lieu après lPexcision du cœur ,soudu moins ne les excédent jamais; ce qui est d’autant plus remarquable qu’elles différent notablement surtout après lès premiers jours de la naissance , de celle que détermme l’asphyxie ( voyez le tableau
(a) Crrculation générale. — Est-ce bien conclu ? ne faudrait-1l pas ajouter: Æ# parce qu’il n’y a plus de foyer nerveux sur lequellle sang artériel puisse étre projeté, pour
y reproduire l'excitation vitale? à EME 1
“ai-dessus ). J'ajoute que la durée de la sensibilité “3 celle des bällemens sont les signes les plus généralement applicables à toutes les espèces et à tous les âges. Dans les chiens, et sur-tout dans les chais, âgés de moins de cinq jours, 1l arrive assez souvent que tous les autres signes sont insuffisans pôur faire connaître si la circulauon est, ou n’est pas arrêtée après la destruction de toute la moëlle épimere; la durée des bâillemens peut seule décider la question. | |
On aura sans doute remarqué dans les cas que je
viens de rapporter, que linsufflauion pulmonaire fait quelquefois passer dans les caroudes un filet de sang vermeil , lors même que ious les autrés signes annoncent que la circulation est arrêtée, et quand il ne doit plus exister que du sang noir dans les veines pulmonaires et dans les cavités gauches du cœur. Ce fait a besoin d’être expliqué.
Toutes les fois que l’on commence près l’occiput la destruction de lamoëlle épinière , les mouvemens inspiratoires du thorax étant anéants dés l’instant où la moëlle est désorganisée à cet endroit et avant que da destruction soit assez avancée pour arrêter la circulation, ilya toujours asphyxie ayanique la cir-
culation:cesse, et par conséquent les yeines pulmo- | nañrés et les cavités gauches du cœur ne contiennent que du sang noir, de même que les cavités droites aù moment où l’on essaye l’insufflation pulmonairé apres la destruction de Ja moëlle. Dans
( Éræ }
cer état de choses, pour qu'il vienne du sang vermeil dans les caroudes pendant l’insufflauion , 11 faut bien qu'il se soit formé du sang artériel dans les poumons, que ce sang ait passé des veines pulmonaires dans les cavités gauches du cœur, et de là dans l’aorte. Il s'agissait donc de décider si ce fait indique un reste de circulauon, ou bien si l’insufflation pulmonaire peut déterminer la formation du sang artériel après la mort, et lorsque la cir-, culation est entièrement arrêtée. Pour cela, j'ai: pris deux lapins âgés de vingt jours; dans l’un, j'ai détruit toutes les sources de la puissance nerveuse , au moyen d’un stylet introduit par le crâne, et poussé dans toute la longueur du canal vertébral.. J'ai fait périr l’autre par asphyxie, en lui coupant la moëlle épinière près l’occiput. Je les ai ensuite abandonnés pendant quarante -cinq minutes , au: bout desquelles je leur ai ouvert la poitrine ; et après avoir reconnu que dans l’un et dans l’autre les veines pulmonaires étaient noires, que le peu de sang contenu dans l'oreillette gauche était de même noir, que toutes les cavités du cœur étaient en repos, et qu elles ne paraissaient même plus 1 ir, ritables, du moins par l’action du scalpel. J’ai pral'insufflauon pulmonaire. Peu à peu, les
tiqué . L . L] 9 x veines pulmonaires ; cten dernier lreu l’oreillette gauche, ont pris une belle couleur vermeille ;:mais aucun mouvement ne s ’est ranimé dans le cœur.
Ainsi il est certain que la formation du sang ar-
( 113 ) tériel peut avoir lieu dans les poumons , lors même que la circulation est entièrement arrétée par quelque cause que ce soit. Que Pon suppose maintenant que linsufflation pulmonaire soit pratiquée, non pas comme dans ces deux expériences , trois ‘quarts d'heure après la mort, mais à l’instant où la circulauon vient d’être arrêtée, et lorsque les mouvemens d’irritabilité du cœur continuent encore ; chaque insufflation en faisant passer les poumons d’un grand à un petit volume , exprimera, comme d’une éponge, le sang artériel des veines pulmonaires dans l'oreillette gauche; et ce sang, que toutes les expériences sur l’asphyxie indiquent comme le plus puissant stimulus des cavités du cœur , augmentera assez les faibles contractions du ventricule gauche pour qu’elles le poussent jusque dans les carotides ; mais il ne doit ÿ parvenir , et il n’y parvient en effet qu’en quanuUté très - petite et msuffisante, non -seulement pour les remplir , mais même pour leur donner la forme ronde: enfin ce filet de sang n’a que très - peu de durée, et les carotides restent bientôt vides, parce que la faiblesse des mouyvemens d’irritabilité du cœur augmente promptement. Ge fait ne suppose donc, en aucune mamiére, l’existence de la circulation , et 1l n’est point en opposition avec M autres signes dont ?’ j'ai parlé. 5} ù On voit, d’après ce Mi viens de dire, pourquoi j'ai eu soin de faire mention, dans mes expé- Tr Partie, 8
riences, de la couleur des’ veines pulmonaires à l'ouverture de la poitrine. En effet, cetie couleur indique quel était l’état de la circulation au moment où l’insufflation pulmonaire a été abandonnée. Il est clair que toutes les fois qu’on trouve ces veines vermeilles , c’est une preuve que la circulation était arrêtée , autrement elles n’auraient pas pu demeurer | vermeilles , puisque le sang de l’artére pulmonaire et des cavités droites du cœur aurait continué d’y passer. Au contraire, lorsqu'on les trouve noires, c’est en général, un signe que la circulauon n’était pas arrêtée ; mais ce dernier cas est sujet à quelques exceptions, sur-iout aux àges auxquels le trou botal n’est pas encore fermé.
Il est donc démontré que la destruction de la moëlle épinière arrête subitement la circulauon , etque, par conséquent, les mouvemens du cœur puisen! toutes leurs forces dans cette moëlle. Ceux qui subsistent soit après cette destruction, soit après que le cœur a été, soustrait à l’acuon de la puissance nerveuse de toute autre manière, et qui en ont imposé à Haller et aux auteurs de son école ; sont des mouvemens sans forces et parfaitement analogues aux mouvemens d'irritabilité ; qu’on observe dans les autres muscles plus ou moins longtemps après la mort. Dans ces derniers ces mouvemens n’ont lieu que quand on stimule directément le muscle ou le nerf quis’y rend, etil n’y a qu’un mouvement pour chaque renouvellement du stu-
anulus. Dans le cœur, les mouvemens se répètent spontanément » parce qüe le sang qu'il contient en est le sümulus naturel. { est démontré de plus que c’est indistinctement (a) de toutes les poruons de la moëlle que le cœur emprunte le principe de sés forces. Des deux modes d’action que chaque poruon de moëlle exerce sur la vie, l’un par lequel elle la consutue essentiellement dans toutes les parües qui en reçoivent leurs nerfs, l’autre par lequel elle contribue à l’entretenir dans le reste du corps, ce dernier dépend donc de la puissante influence qu'elle exerce sur les mouvemens ducœur. Ainsi se trouvent expliqués les effets si singuliers en apparence de la destruction partielle de la moëlle épinière, Et cette conséquence , que j'avais déduite de mes premières expériences, que deux conditons suffisent pour entretenir la vie dans une poruon quelconque d’un animal, savoir: l’intécrité de la moëlle épinière corréspondante et lacontinuauon de la circulation > Cette conséquence demeure pleinement confirmée. Car il est évident que quand On ne parvient pas à entretenir la vie dans une partie d’un animal, aprés avoir frappé de mort le reste du Corps, C’est uniquement parce qu'on à anéant une de ces deux conditions. D’où il faut conclure nn ne en nl Up Gif ne pe
(a) Zndistinctement. — Ne paraît-il pas dépendre plus spécialement de la partie supérieure ou cervicale (antérieure dans les animaux) ? c’est ce que l’auteur dit plus loin, p. 118.
1 ses S*
qu'on y parviendrait sans peine dans tous les cas, si l’on avait un moyen d’empècher que la cireulaüon ne s’arrétât quand on à détruit une portion de la moëlle épinière ; or ce moyen existe. Il consiste à restreindre, par des ligatures faitesaux artères, l'étendue des parues auxquelles le cœur distribue le sang. | L Nous venons de voir qu’en général lorsque les lapins ont atteint ou passé l’äge de vingt jours, la destrucuon de la seule poruon lombaire de la moëlle épinière, les fait périr dans l’espace de trois ou quatre minutes, en arrêtant la circulation générale au bout d’une ou deux minutes. Nous avons vu aussi, dans le résumé de mes premières expériences, que la ligature de Paorte, en interceptant la circulauon dans touie la portion de moëlle épinière postérieure à la ligaiure , anéanut le sentiment et le mouvement dans toutes les parties qui reçoivent leurs nerfs de cette poruon de moëlle , laquelle estalors, pour ces parties, comme si elle n'existait pas, où comme si elle avait été détruite. IL semblait donc qu’on pouvait inférer de là, qu’en liant l'aorte vers les dernières vérièbres dorsales, la circulation générale devait s’arréter une où deux minutés après que, par l'effet de cette ligature, la moëlle lombaire aurait perdu son action vitale. Mais, d’un autre côté, la ligature de l’aorte apportant nécessairement un très-
grand changement dans la circulauon générale,
Atay) puisque les parties auxquelles lé cœur distribue le sang dans la grande circulation, en sont considérablement réduites , pendant que la petite cireulaüon reste la même, il était évident que, sous ce rapport, l’anéantissement de l’action vitale dans la moëlle lombaire , par la ligature de l'aorte , n’était pas entièrement comparable à celui qu’on produit par la destruction de cette moëlle. Quelle que fût la différence des résultats dans ces deux cas, lexpérience seule pouvait la faire connaître.
Je refis donc, sous ce nouveau point de vue, Îa ligature de l’aorte abdomimale. J’ouvris le ventre d’un lapin âgé de trente jours. Je passa un fil sous l'aorte, et je la liatimmédiatement au-dessous de l'artère cœliaque , ce qui correspond à peu après au commencement des vertèbres iombaires. Le mouvement et la sensibilité disparurent dans le train de derrière au bout d’environ deux minutes et un quart; mais celui de devant demeura bien vivant. L'animal se soutenait sur ses pattes anté- | rieures ; 1l portait bien sa tête, et sa respiration s'exécutait avec facilité. Au bout de quinze minutes , 1l était encore dans le même état ; et la flaccidité , l’insensibilité absolue , en un mot l’état de mort de toutes les parties postérieures , ne laissaient aucun, doute que la moëlle lombaire n'eût entièrement perdu son acuon, et qu'elle ne contribuât plus en rien à l’entretien de la circula-
üuon. Néanmoins, pouren avoirune preuve directe,
je la détruisis à cette époque de quinze minutes, L'animal parut très - sensible à Pintroducuon du stylet dans le canal vertéb ral entre la derniere verièbre dorsale et la première lombaire ; mais 1l ne témoigna plus aucune douleur des que l'instrument eut pénétré sur les prenuéres vertébres lombaires ; et cette desiricuon, qui est toujours accompagnée de forte convulsions dans le train de derrière quand la moëlle lombaire jouit de la plénitude de son action, au moment où elle est pratiquée, ne produisit pas le plus léger mouvement ; preuve certaine que ioute cette moëlle était morte. Aussi V’animal continua -1-1l de vivre pendant les quinze minutes suivantes, au bout desquelles il fut soumis à une autre expérience. Il est clair que la hgature de l'aorte lui avait donné la faculté de survivre à la destruction de la moëlle lombaire.
Il restait à savoir s'il en serait de méme: des autres poruons de la moëlle, je veux dire, si, à l’aide de ligatures semblables ; on pourrait aussi les détruire sans arrêter la circulauion générale. Nous avons vu que, quoique toutes les portions de la moëlle épimère contribuent aux forces du cœur , la cervicale est celle dont linfluence sur ces forces paraît être la plus considérable , du moins dans les lapins. La destruction immédiate de cette portion est constamment et subitement mortelle dans ces animaux quand ils ont passé l’âge de dix
jours; et avant cet âge, c’est à grande peme s'ils
Y peuvent survivre faiblement pendant un pelit nombre de minutes. Il était donc important de s’assurer s’1l serait possible de détruire la moëlle cervicale dans un lapin de trente jours sans le faire périr sur-le-champ.Mhais lesseules artères qu'on puisse lier ‘au col sont les caroudes, et ces artères, pouvant être et étant en effet suppléées par les veriébrales, leur hgaiure ne suffit pas toujours pour le succès de l'expérience. En réfléchissant aux conditions qu'il fallait remplir pour réussir, 1l me sembla que le moyen le plus sûr était de décapiter l’animal, opérauon seule capable d’intercepter entièrement la circulation dans la tête et dans une partie du col.
L'expérience confirma ma conjecture. Jai détruit sept fois la moëlle cervicale dans des lapins de trente jours, aprés les avoir décapités, sans que la circulation ait été arrêtée dans aucun. Voici les détails d’une de ces expériences. |
Moëlle épinière coupée à locciput avec une aiguwlle , insufflation pulmonaire commencée à trois minutes et interrompue à quatre minutes pour her une des carotides conjointement avec les veines jugulaires interne et externe du même côté; reprise à cinq nunutes, puis interrompue à six minutes pour lier la caroude et les veines jugulaires de l’autre côté; reprise de rechef à sept minutes et interrompue à huit, pendant une minute encore, pour détacher la trachée-artère en avant dularynx,
et pour couper la tête avec des ciseaux sur la
(: Aue ©)
premiére vertébre cervicale. À douze minutes, l'animal étant bien vivant, bien sensible, et exécuian! même des mouvemens spontanés (a), toute la moëlle cervicale détruite. L’insufflation qui avait éié interrompue pour celte. opéralion, a été recommencée à treize minutes, le mouvement et le sentiment paraissent nuls dans les paties inférieures, ils contuinuaient wrès-bien dans le thorax et dans le train de derriére, et ils conunuaient encore à vingt-quatre minutes, c’est-à-dire, douze minutes après la destrucuon de la moëlle cervicale, lorsque le stylet a été introduit de rechef dans le canal vertébral, et la moëlle dorsale détruite jusqu’à la huitième veriébre du dos. Tous les signes de vie ont cessé enuérement dans le train de derrière un peu avant vingt-cmq minutes et demue et n’ont pu être rappelés, quoique Pmsufflauon pulmonaire reprise à vingt-cinq minutes ait élé continuée jusqu’à trente-deux ; une cuisse coupée à vingt-sepi minutes n'a point saigné, On voit par ces détails que la circulation a continué après la destrucuon de la moëlle cervicale ; mais quelle s’est arrêtée subitement apres celle des deux uers antérieurs de la dorsale.
Les six autres expériences ont été faites à peu
près sur le même plan. Dans toutes, j'ai détruit
-(a) Spontanés. = Et certainement volontaires.
| ( x2x } la moëlle cervicale en une seule fois. Mais dans quelques-unes , au lieu de détruire tout d’un coup la moëlle dorsale jusqu’à la huitième veriebre du dos, je ne lai d’abord détruite que jusqu’à la quatrième inclusivement; puis cinq minutes après jusqu'à la huitième, et enfin après cinq autres : minutes jusqu’à la première vertèbre lombaire. Ce qui a produit danses résultats une différence qui mérite d’être remarquée.
Nous venons de voir qu’en détruisant la moëlle dorsale jusqu’à la huitième :vertébre en un seul coup, la circulation avait été arrêtée instantanément. Mais il n’en a pas été ainsi lorsque cette moëlle a été détruite en plusieurs fois. Par exemple, dans les cas que je viens de citer, où la moëlle dorsale a été détruite par uers , la crculation n’a été arrêtée que par la destruction de ioute cette moëlle. Et'même elle ne l’a pas été enuérement lorsque cette destrucüon, ‘au lieu d’être faite par uers, l’a été par quart ou par cimquième, À quoi pouvait tenir cette singulière différence? Voici ce que des recherches mulupliées m'ont appris à cet. égard. La destruction d’une portion quelconque de la moëlle épinière en frappant de mort toutes les parties qui en reçoivent | leurs nerfs, affaiblit considérablement la cireulaüuon dans toutes ces parties; mais cetaffaiblissement n’est pas subit, ce n’est qu’au bout de quelques
minutes qu'il arrive à son maximum. La circula-
(122 ) tion qui continuait encore avec assez d’activité dans une partie du col, après la décapitation, y devient donc beaucoup plus faible lorsqu'on a détruit la moëlle cervicale; elle diminue de même considérablement dans les épaules, les pattes antérieures et une parte du thorax, lorsqu'on vient à détruire la moëlle dorsale sur les trois ou quatre premieres vertébres du dos, et ainsi de suite. Ces destructions successives, sans produire l'effet d’une ligature complete des artères, font donc réellement celui d’une ligature incomplete. Or, puisque d'apres tout ce que je viens de dire sur la higature des artères combinées avec la destrucüon de la moëlle, l’étendue de moëlle nécessaire à l’entretien de la circulation est d’autant plus peute que la circulation doit s'étendre à moins de parues; On conçoit que si, par des lhigatures de vaisseaux Ou par des amputations, on rend. possible la destruction d’une certaine portion de moëlle épinière sans arrêter la cireulauon , cette opération en affaiblissant la circulation dans toutes les parues correspondantes, à la moëlle détruite, rend possible à son tour la destrnetion d’une autre portion de moëlle. Célle-c1, par le même mécanisme ; rend la même opération praticable sur une autre portion, et ainsi de suite, jusqu'à ce que par ces destrucuons successives, la portion de moëlle demeurée intacte , ne puisse plus être ré-
duite davantage, sans que la circulation amenée
Re Tres
sraduellement au plus grand degré de faiblesse, ne s'arrête tout-à-fat. À cet effet, des destructions partielles de la moëlle sur la circulation dans les parties correspondames ; 1l fant en ajouter un autre, et qui est analogue, sur la circulation générale, c’est que le cœur s’affaiblissant de plus en plus par ces destructions, la circulation se concentre à mesure; elle ne conserve quelqu’activité que dans les parties voisines du cœur, et elle-languit dans toutes celles qui sont un peu éloignées.
Cette explication éclhireit un grand nombre de difficultés qu’on rencontre dans les expériences sur la moëlle épinière Parmi ces difficultés; celles qui m'ont causé le plus de peine, sont les différences quelquefois considérables que j'ai observées, lorsque j'ai voulu déterminer avec précision la longueur de moëlle épinière strictement nécessaire à l’entretien de k circulation pour chaque âge dans chaque espèce : c'était etce ne pouvait être que par tâtonnemens que j'y procédais. Après avoir détruit une certaine longueur de moëlle , soit que la respiration continuât, soit qu’il fût nécessaire d’y suppléer par linsufflation pulmonaire , j’attendais plusieurs minutes pour voir l'effet de cette lésion. Si la circulauon n’en était pas arrêtée, je détruisais une autré portion; puis j'attendais encore quelques minutes pour en voir l'effet, et ainsi de suite jusqu’à une dernière destruction parüelle ,
après laquelle la circulation paraissait arrêtée.
Alors je considérais la somme de toutes ces destrucüons successives comme la longueur de la moëlle qu’il fallait détruire pour arrêter la circulation dans un animal de l'espèce et de l’âge de celui qui avait été le sujet de l'expérience. Cet effet avait réellement lieu lorsque je détruisais cette longueur en une seule fois ; maïs lorsqu’au lieu de la détruire d’un seul coup, ou bien en quatre ou cimq reprises , j’essayais de le faire en deux fois, j'étais fort étonné de voir la cireulation arrêtée du premiér.coup ; quoique la destruction de la moëlle n’eût été portée qu’à la moiué de la longueur jugée nécessaire pour produire cet effet. Réciproquement, lorsque j'avais commencé par une portion de moëlle dont la destruction s'était trouvée suffisante pour arrêter la cireulauon, si à dessein ou par hasard, je venais à détruire ensuite la même portion en plusieurs fois, il arrivait. souvent que la circulauon n’en était pas arrêtée, à moins que je n’y joignisse la destrucuon d’une auire portion quelquefois assez considérable; en un mot, j'eus presque autant de résultats différens que d'expériences, et.dans la plupart des ‘cas. les différences étaient trop grandes pour que je pusse les regarder comme purement individuelles (a). Une DO ARS :. L NR e CRPe
(a) Zndividuelles. — Tous ces résultats ne ressemblent
guères à ceux que l’on obtiendrait en opérant sur ui en-
semble purement mécanique, sur une montre, par exemple.
Après bien des efforts inutiles pour porter la lumiére dans cette ténébreuse question, je pris le paru de l’abandonner, non sans regret d’y avoir sacrifié un grand nombre d’animaux et perdu : beaucoup de temps. Je changeai mon plan, et au lieu de chercher à déterminer quelle était pour chaque âge la longueur précise de la moëlle épinière, dont la destruction arrétait la circulation, je me bornaï à étudier les effets des trois portions cervicale, dorsale et lombaire, détruites séparément à différens âges. J’en ai donné les résultats ci-dessus ; résultats qui indiquent seulement d’une manière générale que l’étendue de moëlle strictement nécessaire à l’entretien de la circulation est d'autant plus grande que l’animal est plus âgé. J'e ne songeais plus aux difficultés que j'avais rencontrées en suivant mon premier plan, ou plutôt j'avais entièrement perdu l’espérance de pouvoir jamais les éclaircir, lorsque je fus conduit à étudier les effets de la ligature des artères, et que je comparai ces effets à ceux que produit la destruction de la moëlle. Dès lors toutes ces difficultés s’évanouirent.
En général, toutes les fois que la circulation a été beaucoup affablie par une cause quelconque dans une partie un peu considérable du corps, il y a lieu de s’attendre que la circulation générale ne sera pas arrêtée, OU du moins ne le sera pas immédiatement par la destruction d’une même
poruüon de moëlle épinière, qui, sans cette cir-
constance, eût suffi pour l'arrêter. J’en citerai encore un exemple. J’ai observé quelquefois qu’en coupant la moëlle près l’oéciput, et en attendant ensuite plusieurs minutes pour détruire la moëlle cervicale, cette dernière opération n’arrétait pas la circulation, méme dans des lapins de trente jours ; dans lesquels elle l’arrête toujours, comme nous l'avons vu quand elle est pratiquée immédiatement. Mais on reconnaît facilement dans les cas dont il s’agit que la circulation a été arrêtée, ou considérablement affaiblie dans la tête ; on le reconnaît, dis-je, à ce que les bällemens qui avaient d’abord continué, n’ont pas tardé à cesser, ou sont devenus trés-rares et trés-faibles ; que la sensibilité s’est éteinte dans les yeux et n’a pu y être rappelée; que les caroudes rondes, pleines auprès de la poitrine, et y changeant aïsément de couleur par l’interrupuion ou la reprise de l’insufflation pulmonaire, sont contractées ; presque vides , et d’une couleur à peu près constante auprés de la tête. Néanmoins, ces cas sont assez rares; et il est trèsiexact de dire que le plus sûr moyen de faire vivre des lapins de cet âge, apres la destruction de la moëlle cervicale, c’est de commencer par leur couper la tête.
Ges faits, en montrant qu’il n’y a aucune porion de la moëlle épinière qu’on ne puisse faire suppléer par une auire, au moyen de certaines opérations, confirment d'üné manière satisfaisante
UE ST) que c’est dans tous les points de cette moëlle que le cœur puise le principe de ses forces. On voit en même temps que la quantité, que le contingent de forces que chaque poruon de moëlle fournit à cet organe , égale pour le moins celles dont
1l aurait strictement besoin pour entretenir la cir-
culation dans les seules parties correspondantes à :
cette portion.
On pouvait conclure de là, qu’en tronquant un animal par les deux bouts, après avoir fait aux vaisseaux sanguins les ligatures conyenables, et en le réduisant à un tronçon plus ou moins petit, il serait toujours possible d'entretenir la vie dans ce tronçon. J e n'avais aucun doute sur la justesse de cette conclusion, toutefois fidèle à la méthode que j'ai constamment suivie dans le cours de mes recherches, de déduire d’une expérience les conséquences qui en découlent le plus naturellement, et de chercher ensuite, dans des expériences directes, la confirmation de ces conséquences ; jai voulu savoir sl serait en effet possible dé faire vivre un simple tronçon d’un animal. Je n’étais pas entièrement libre sur le choix de ce tronçon, à cause de la nécessité qu'il y avait que le cœur et les poumons en fussent des annexes , et le fussent de manière que la circulation et l’insufflation
pulmonaire pussent se faire sans obstacles : con-
diuons que je ne pouvais guères trouver que dans
la poitrine. Ce fut donc la poitrine d’un Japin
( 188 ) RS de trente jours, que je me proposai de faire vivre seule et isolée, apres l'avoir extraite, pour ainsi dire, du reste de l'animal , en retranchant les parties antérieures et les postérieures : mes premières tentatives furent infructueuses. Je parvenais bien à entretenir la vie, après avoir retranché un des deux bouts de l’animal, soit la tête, soit le train de derrière ; mais lorsque que je l’avais tronqué par les deux bouts, et que la poitrine demeurait seule entre mes mains, tous les signes de vie ne tardaient pas à s’y éteindre sans retour; j échouai huit fois consécutives dans cette expérience. Je la recommencai toujours avec une sorte d’opiniatreté, parce que rien ne pouvait m’ôter l’intime persuasion où j'étais de la possibilité du succès. Ce qui d’ailleurs contribuait à soutenir mon espoir, c’est qu’en examinant avec attention toutes les circonstances de chaque expérience , je découvrais presque toujours les causes qui l'avaient fait manquer. Les trois principales étaient : 1°. le passage de l'air dans les vaisseaux sanguins, accident grave, et malheureusement très -fréquent dans les expériences de ce genre ; 2°. le passage de Pair dans la cavité de la poitrine par-dessous le diaphragme détaché de la colonne vertébrale ; 30. la décapitaon faite trop près de la poitrine, laquelle causait une hémorragie trop forte, sur-tout par les arières vertébrales qu’on ne peut pas lier, en même
temps qu’elle favorisait beaucoup le passage de l'air
( 129 ) dans les vaisseaux. Enfin, en variant le procédé È opératoire ; et en apportant une attention de plus en plus grande à toutes les parties de l’expérience , mon espérance fut entièrement réalisée, et je parvins à entretenir la vie pendant plus de trois quarts d'heure dans la poitrine seule et isolée d’un lapin de trente jours : jai depuis obtenu plusieurs fois le même succés; je l’ai même obtenu en suivant des procédés qui m’avaient paru d’abord désavantageux. Néanmoins voici celui qui na semblé réussir le mieux : On commence par ouvrir le ventre de l’animal; on passe une ligature autour de l'aorte, immédiatement au-dessous de l’artère cœliaque; on en passe une autre autour de la veine cave près le foie ; on fait à chacune de ces ligatur ‘es un nœud simple qu’on ne serre pas. Cela fait, on découvre la trachée -artère et les deux caroudes ; on lie chacune de ces artères, et conjointement avec elle les veines jugulaires externe et interne; on incise la trachée pour l'iisufilation pulmonaire; on coupe la moëlle épinière près l’occiput avec une aiguille , et l’on commence l’insufflauon sans attendre que Pasphyxie ait éteint la sensibilités après l'avoir continuée trois ou quatre minutes, et l’amimal étant bien vivant, on détache la irachéeartère en avant du larynx, puis avec des ciseaux on coupe la tête sur les premières vertébres du cou , et aussitôt on reprend l’insufflauion, que l’on continue encore pendant trois où quatre minutes , T® Partie. se 9.
( 130 ) au bout desquelles on serre les nœuds que l’on avait préparés sur l'aorte et sur la veine cave ventrale ; on recommence l’insufflauon, que lon interrompt de rechef au bout de trois Où quatre minutes pour retrancher le tram postérieur, cê qu’on exécute en détachant le paquet intesunal , à partir du commencement du duodenum, puis en coupant avec des ciseaux les parties molles de part et d'autre de la colonne vertébrale, et ceue colonne elle-même immédiatement au-dessous des ligatures faites à l'aorte et à la veine cave. De cetie manière, il ne reste avec la poitrine que l’estomac et le foie, que l’on pourrait fort bien enlever aussi en prenant des précautions contre l’hémorragie. Le procédé opératoire est alors terminé, et il ne reste plus qu’à continuer l’insufflauon pulmonaire aussi long-temps que la poitrine donne des signes de vie. ‘Les plus apparens de ces signes sont les mouvemens et la sensibilité que conservent les pattes antérieures, et les peuts mouvemens de torsion (a):que fait le thorax quand on pince fortement la peau, et sur-tout quand on touche l'extrémité postérieure de la moëlle dorsale, Dans quelques cas, après avoir conduit l'expérience au
point que je viens de dire, j'ai détruit le reste de
(a) Petits mouvemens. — Ces mouvemens ne supposentils pas des sensations douloureuses , le besoin, la volonté de
les faire cesser?
CE) la moëlle cervicale et une partie de la dorsale ; et, dans ces cas, quoique a vie m’existât plus que dans les déux tiers postérieurs de la poitrine, j'ai encore pu la prolonger.
Il est hors de doute que si les poumons et le cœur pouvaient conunuer leurs fonctions avec tout autre tronçon , comme ils le font avec celui de la poitrme ; On pourrait de même y entretenir la vie. Îl est donc démontré, par une expérience directe, que la moëlle épimière d’un troncon quelconque peut à la fois animer toutes les parties de ce troncon, et donner au cœur les forces dont il a beon pour y entretenir la circulation, et que si l’on
peut pas prolonger la vie dans un tronçon pris à volonté, c’est Rent la disposiuion anatomique des organes qui s’y oppose. Mais si l’on pouvait suppléer au cœur par une sorte d’injecton, et si en même temps on avait, pour fournir à l’injection d’une manière continue, une provision de sang artériel, soit naturel, soit formé artificiellement ; en supposant qu’une telle formation soit possible, on parviendrait sans péine à entretenir la vie indéfiniment dans quelque tronçon que ce soit ; et par conséquent, après la décaptauon, on l’entretiendrait dans la tête ellemême avec toutes les fonctions qui sont propres au cerveau. Non-seulement on pourrait entretenir la vie de cette mamiére, soit dans la tête | soit dans toute autre portion isolée du corps d’un animal,
mais on pourrait ly rappeler aprés son enuere
extinction; on pourrait la rappeler de même dans le corps entier, et opérer par là une résurrection
véritable et dans toute la force de l’expression :
ceci demande quelques mots d’explicauon.
- D’après tout ce que j'ai dit dans ce mémoire,
la vie est due à une impression du sang artériel
sur le cerveau et la moëlle épinière , ou à un prin-
cipe résultant de cette impression. C’est donc la ces-
sation de cette impression ; c’est l’extüinction de ce principe qui constitue la mort; et par conséquent ;
pour faire succéder la vie à la mort, ou, en d’autres
termes, opérer une résurrecuon, il faudrait re-: nouveler ce principe. Or, ce renouvellement est impratcable , puisque d’une part, il ne peut avoir lieu qu'autant que le cœur conserve des forces suffisantes pour pousser le sang jusque dans la
moëlle épimére , et que de l’autre, toutes les forces
de cet organe dépendent de ce principe même qui,
par l'hypothèse , se trouve étemt. C’est donc cette
réciprocité d'action, maintenant bien démontrée, entre le cœur et la moëlle épinière, qui étabht l’impossibilité de la résurrection dans Pétat actuel
des choses. Mais s’il existait quelque moyen desuppléer à la circulation naturelle qu'il n’est plus pos-
ble de ranimer , il est certain que l’on pourrait res-
susciter: un cadavre quelque temps après la mort;
temps qui serait limité par plusieurs circonstances ,
et variable suivant l’espèce , l’âge de l'animal, les
causes de sa mort, les saisons, etc. Lesrésurrections | paruelles que l’on peut opérer à volonieé , ne laissent aucun doute à cet égard. En effet, si l’on répète sous ce point de vue une expérience rapportée eidevant , laquelle avait déjà été faite par Stenon, et qui consiste à lier l’aorte sur la première vertébre lombaire , nous avons vu que peu après le sentiment et le mouvement disparaissent entièrement dans le train de derrière , pendant que la circulation et la vie continuent dans les parties antérieures. Mais si, après avoir attendu un temps triple et même quadruple de celui au bout duquel tous les signes de vie ont disparu , on délie l’aorte , le sentiment
et le mouvement ‘renaissent peu à peu dans les | parties mortes, à mesure que la circulation s’y rétablit. De même, en liant toutes les artères qui vont à la tête, on réduirait cette parte à l’état de mort ; et toutes les fonctions intellectuelles propres à l’animal , sujet de l’expérience, seraient non pas seulement affablies , troublées ou suspendues comme dans l’asphyxie ou la syncope, mais totalement anéanties, pendant que le reste du corps serait bien vivant. Ces mêmes fonctions renaîtraient ensuite, après qu’on aurait délié les artères. On voit assez, sans que je m'arrête davantage sur cette matière ; pourquoi ces résurrections partielles sont les seules qui soient au pouvoir du physiologiste, et les seules en même temps qu’il puisse admettre
dans le cours ordinaire des choses.
JE termimerai par une récapitulation des principaux faits énoncés dans ce qui précède.
Le principe du sentiment et des mouvemens du tronc à son siége dans la moëlle épimère, et non dans le cerveau ; mais le premier mobile de la respirauon réside dans ce heu de la moëlle allongée, qui donne naissance aux nerfs de la huitième paire.
Par cette double disposition, la section de la moëlle épinière près l’occiput et la décapiiauon anéanussent les mouvemens inspiratoires sans faire cesser la vie dans le tronc, lequel ne meurt que d’asphyxie , et au bont du même temps que si la respiration avait été empêchée de toute autre marière, en supposantqu’onaitarrêté l’hémorragie.
En remédiant à l’asphyxie par l’insufflauon pulmonaire, ont peut prolonger l’existence de l’amimal pendant un temps dont le maximum est le même dans ce cas qu'après la section des nerfs de la huitième paire.
Si la décapitation, au lieu d’être faite près l’occiput, l’est sur le crâne, de manière à ménager le lieu dans lequel réside le premier mobile de la respiration, et à Le laisser en continuité avec la moëlle épinière , l'animal pourra vivre et respirer de ses propres forces, et sans aucun secours , jusqu’à ce
qu'il meure d’inamiuon. C’est le maximum de son
(19517; sr
existence dans cet autre cas; mais, par des causes
bien, connues , les animaux à sang froid sont les
seuls qui puissent ÿ atteindre.
Non-seulement la vie du tronc dépend en gée néral de la moëlle épinière, maïs celle de chaque partie dépend spécialement de la portion de cette moëlle dont elle recoit ses nerfs; en sorte qu’en détruisant une certaine étendue de moëlle épimiére , on ne frappe de mort que les parties qui reçoivent leurs nerfs de la moëlle détruite. Toutes celles qui reçoivent les leurs de la moëlle non détruite, demeurent vivantes plus ou moins long-temps.
Si, au lieu de détruire la moëlle on y fait des
sections transversales, les parties correspondantes
à chaque segment de la moëlle jouissent du sent1-
ment et du mouvement volontaire (a), mais sans
(a) Volontaire. — Oui: mais provoqué par une volonté. qui n’a rien d’intéllectuel. |
Une volonté, une zmpulsion intérieure, toute seule, produit des mouvemens, ATOUT
Les premières doléntés fnstinctives produisent des .mou -
vemens irréfléchis, mais aussi sûrs que si l’ù ntelligence y
füt intervenue.
Ces premiers mouvemens, exceptés tous ceux que l’animal exécute ultérieurement , ne se rapportent à leur but qu'autant qu ils sont produits par des volontés associées à des ] jugemens.
Dans le cas présent, les mouveméns , bién que voulus, sont déréglés: ils n’ont éntre eux aucune ordination.
: à SE
aucune harmonie et d’une manière aussi indépendante entre elles que si on eût coupé transversalement tout le corps de Panimal aux mêmes endroits; en un mot il y a dans ce cas autant de centres de sensations , bien disunets, qu’on a fait de segmens à la moëlle. Fe |
Pour que la vie continue dans une partie quelconque du corps, outre l'intégrité de la moëlle correspondante , une autre condition est nécessaire, c’est la circulation (a). Si l’on intercepte la circu-
lauon dans une partie ,; la mort ÿ survient COnS-
(a) Pour que la vie continue. — Si la vie est le résultat de l'impression que produit le sang sur un foyer nerveux, une masse nerveuse, un nerf, que s’ensuit-il? que la vie doit varier selon les conditions suivantes : Fan
- 1°. Bonne constitution du nerf;
29, Bonne constitution du sang.
En quoi consistent-elles précisément? On ne sait.
1°. Bonne constitution du nerf;
2°, Mauvaise constitution du sang.
Elle peut être altérée d’une infinité de manières.
1°. Mauvaise constitution du nerf;
2°. Bonne constitution du sang.
Auquel cas , le sang bien composé pourrait nuire et pourraitirriter, KA
1°. Mauvaise constitution du nerf;
2°. Mauvaise constitution du sang.
Bt dans ce cas, y aurait-il de mauvaises qualités qui pourraient se convenir des deux parts, et devenir un zen ?
tamment; mais, lors même que ce dernier effet a lieu de la manière la moms équivoque, la vie ne tarde pas à renaître, si l’on parvient à établir la circulation dans cette partie et notamment dans la moëlle. (
. La mort ne survient jamais, soit dans une partie, soit dans tout le corps, aussitôt que la circulation y a été intercepiée, mais seulement au bout d’un certain temps. Ce temps, qui est déterminé dans les animaux de même espèce et de même âge, est d'autant plus long dans ceux à sang chaud , qu'ils sont plus voisins de leur naissance. Ainsi, lorsqu’on arrête tout-à-coup la circulation dans les lapins, soit en hant, soit en arrachant le cœur, la sensibilité ne s'éteint qu’au bout d’environ quatorze minutes, quand 1ls sont nouvellement nés ; au bout de deux minutes et demie, quand ils ont quinze jours ; et au bout d’une minute, quand ils en ontirente (a). Dans les animaux à sang froid , elle ne s'éteint qu’au bout de plusieurs heures. Le temps que les animaux survivent dans cette expérience, caractérise tellement la cessation de
la circulaïion, qu'il est distinct de ce qui a lieu
. (à) Ces faits confirment les remarques précédentes sur la réalité des v’es partielles dans un animal qui se forme , et sur celle d’une ve commune dans un animal tout formé, et qui a déjà vécu.
pour toute autre cause de mort. Par exemple, il est toujours plus court dans un animal de quelque espèce et de quelque âge que ce soit, que celui au bout duquel l’asphyxie ferait périr le même animal.
Puisque, dans une parue quelconque du corps la vie dépend spécialement de l'intégrité de la moëlle correspondante et de la conuinuauon de la circulation, et que suivant la théorie de l’irritabilité hallérienne, les mouvemens du cœur, et par conséquent la circulation, sont indépendans de la puissance nerveuse, il semblerait qu’on pourrait fure vivre à volonté telle ou telle portion d’un animal, après avoir frappé de mort toutés lés autres parues en détruisant la moëlle qui leur correspond; mais 1] n’en est pas ainsi. Après la destructionid’une certaine étendue de moëlle épimère, en quelque lieu de la colonne veriébrale qu’elle ait été faite , la vie ne continue dans les parties dont la moëlle est restée intacte, qu’un temps déterminé et plus où moins court, suivant l’âge de animal, Or, la durée de Ja vie ; dans ce cas , se trouve être la méme que si le cœur eût été arraché dans un animal de même espèce et de même âge. Tous les autres phénomèénes qu’on observe alors, tels que la vacuité des caroudes, l’absence de l’hémorragie après l’amputation des membres, etc., concourent à prouver que la déstruction de la moëlle a privé le cœur ins-
tantaénment des forces nécessaires à entretien de
la circulation, sans arrêter d’abord ses mouvemens , lesquels ne sont plus que des mouvemens : d’irritabilité. | C’est en assimilant ces mouvemens sans forces , à ceux qui ont lieu pendant la vie, que les auteurs de l’école hallérienne sont tombés dans lerreur. Dans toutes les espèces et à tous les âges , la destruction d’une poruon quelconque de la moëlle épinière a Loujours pour effet d’affaiblir les forces du cœur ,; mais la portion qu'il faut détruire pour porter leur affaiblissement au-dessous du degré nécessaire à l'entretien de la circulation, varie dans les différentes espèces, et elle est d'autant plus longue dans la même espèce, que l’animal est plus voisin de l’époque de sa naissance.
Si avant de détruire la moëlle on fa des ligatures, soit à l’aorte , soit à quelques gros troncs artériels , les résultats sont différens , et la destruction de la même portion de moëlle, qui, sans ces hgaiures, eût. arrété subitement la circulation, sera insuffisante pour produire cet effet. En général, en resserrant par des ligatures l’étendue des parties auxquelles le cœur doit distribuer le sang, on diminué la somme des forces dont cet organe a besoin pour remplir sa foneuon, et l’on raccourcit à mesure la longueur de la moëlle indispensable pour l’entreuen de la circulation.
La destruction d’une poruon de moëlle insuffisante pour arrêter la circulation générale , la di-
minue toujours beaucoup dans les parties correspondantes à la moëlle détruite, et y fait jusqu’à un certain point l’office d’une ligature. De plus les forces du cœur étant affaiblies par cette opération, la circulation générale se concentre, et ne conserve un peu d'activité que dans les parties voisines du cœur, ce qui produit encore un effet analogue. Il arrive de là que, lorsqu'on détruit la moëlle successivement par petites portions, et en mettant un certain intervalle entre chaque destruction , on en peut détruire, sans arrêter la circulauon, une longueur beaucoup plus grande | que celle suffisante pour produire cet effet, si elle eût été détruite en une seule fois (a).
Soit par cette manœuvre, soit par des ligatures faites aux artères, 1l n’y a aucune porüon de la moëlle épinière qu’on ne puisse empêcher de coopérer à entretenir la circulation sans que cette fonction soit arrêtée ; 11 n’y en a aucune qui ne puisse devenir suffisante pour l’entretenir; et l’on trouve qu’à tous les âges, une portion quelconque fournit au cœur des forces capables d’entretenir la circulation dans toutes les parties qui correspondent à cette portion. C’est sur cela qu'est fondée
la possibilité de conserver la vie dans un troncon
(x) En une seule fois. — Ce fait confirme les vues d’Hip-
pocrate sur le danger des grands changemens.
( 141 ) isolé et extrait du milieu du corps d’un animal. Mais de quelque mamiére qu’on procède dans ces expériences , toutes les fois que l’on va jusqu’à anéantir l’action de la moëlle dans toute sa lon-
gueur, la circulauon est arrêtée sans retour (a).
Panmr les nombreuses conséquences qui découlent de ces faits, je me bornerai à noter les suivantes. | SE
La vie est due à une impression du sang artériel sur le cerveau et la moëlle épimière , ou à un principe résultant de cette impression.
Cette : impression une fois produite, ce principe une fois formé, a toujours une durée quelconque, mais variable, suivant l’âge et l’espèce des animaux. Par conséquent ; 1l n’y a aucun moyen de tuer un animal instantanément, où plutôt, 1l n’y en a aucun autre que la destrucuon simultanée du cerveau et de toute la moëlle épiniére.
La prolongation de la vie dépend du renouvellement continuel de cette impression, à peu près comme un corps mu en vertu d’une première 1m-
pulsion, ne peut continuer de se mouvoir Imdéfi-
(a) Arrétée sans retour. — Donc l’irritabilité du cœur
dépend de l’influence nerveuse.
EP
niment qu'autant que la même impulsion est répétée par intervalles. ji
Cette propriété du principe dont il s’agit, de survivre aux lésions, aux délabremens les plus considérables du reste du corps, pourvu qu’on n’ait pas offensé le siége où il réside, offre un moyen aussi sûr que facile de déterminer dans quelle partie de la puissance nerveuse réside le premier mobile de telle ou telle foncuon. Car toutes les fois qu en détruisant une certaine portion , soit du cerveau, soit de la moëlle épinière, | on fait cesser’ une fonction subitement et avant l’époque: commue d’avance où elle aurait cessé naturellement, on peut être assuré que cette fonction dépend du lieu qu’on à détruis, C’est de cette manière que j'ai reconnu que le premier mobile de la respiration à son siége dans ce lieu de la moëlle allongée, qui donne naïssance aux nerfs de Hi huitième pare ;'et c’est par cette même méthode quel’ on pourrait , jusqu’à un certain point (a) Ÿ découvrir l’usage de certaines parties du cerveau: question tant de fois agitée, mais dont limagination seule s’est presque toujours émparée pour w’énfanter que des systèries. Ces récherches au-
(a) Le jusqu'à un certain point est fort raisonnable, car, relativement aux qualités morales, comment savoir ce qui se passe dans un animal à qui l’on a retranché une por-
tion de cerveau?
(145 ) | raient d'autant plus de succès, qu’on choisirait pour les faire des animaux capables par leur âge et leur espèce, de survivre plus long-temps à la cessation de la cireulauon (a X).
C’est cette impression, c’est ce principe formé dans le cerveau et la moëlle épinière qui, sous le nom de puissance nerveuse, et par l’intermédiaire des nerfs, anime tout le reste du corps ct préside à toutes les fonctions.
Lé cœur emprunte toutes ses forces de ce méme principe, de même que les autres parties en em- pruntent le sentiment et le mouvement dont elles sont douées, avec cette différence que le cœur emprunte ses forces de tous les points de la moëlle sans excepuon, tandis que chaque parte du corps n’est animée que par une portion de cette moëlle (par celle dont elle recoit ses nerfs); différence qui peut servir à expliquer l'intensité des forces
du cœur, et leur continuité non interrompue
(a) À la cessation. — Quand cela serait, comment s’assurer de ce qui se passe dans l’intérieur de Panimal, à l’égard duquel on se propose de découvrir quel est le siége de ses qualités morales, de ses talens, etc?
(b) On a choisi. dans ces derniers temps, des reptiles
chez lesquels l’hémorragie est très - bornée et des oiseaux dont le sang est très-plastique.
Voy. page 17, (note a.)
depuis le moment de la conception jusqu’à la mort (a). | | rt:
L’acuon de ee principe, sur le cœur, et par conséquent l’activité de la circulation, n’est pas la même dans toutes les espèces, et dans la même espece elle est plus considérable à mesure que l’animal est plus voisin de l’époque de sa naissance ; en supposant qu’elle soit d'autant plus grande qu’une plus petite portion de moëlle épinière peut suffire à entretenir la cireulauon. Gette circonstance a plus d’une application dans la physiologie et dans la pathologie du premier âge.
C’est: du grand sympathique que le cœur reçout ses principaux filets nerveux, et c’est uniquement par ce nerf qu'il peut emprunter ses forces de ious les points de la moëlle épinière (b) Il faut donc que le grand sympathique ait ses racines dans cette moëlle. Et dès -lors toutes les questions qui se sont élevées sur l’origine de ce nerf, savoir, s’il. naît du cerveau , ou de la moëlle épinière, ou bien, comme la prétendu Bichat, si ses différentes por-
üons ne sont que des branches communicantes
(a) De La conception est assurément fort mal dit: c’est formation qu’il faudrait dire, encore l'expression serait-elle
inexacte.
(b) Que se passe-t-il dans tout cela? voilà ce qu’il s'agirait d’éclaircir.
( 145 ) des ganglions que cet auteur considère comme autant de petits cerveaux, lesquels forment un système nerveux disunct et indépendant du cerveau et de la moëlle épimière (1); toutes ces questions, dis-je, insolubles jusqu'ici par l'anatomie , se rouvent complétement résolues par la voie expérimeutale , et il est démontré en même temps que les ganglions ne peufent point être assimilés à de petits cerveaux (@). |
Parcillement on ne peut plus admettre cette autré opinion de Bichat , quoiqu’assez généralement adop'ée, qu'il existe dans le même individu deux vies disünetes, la vie amimale et la vie Organique; que le cerveau est le centre unique de la vie animale, et que le cœur, indépendant du cervéau et de la puissance nérveuse, est le centre de la vie organique (b).
(1) Cette opinion ser l’usage des ganglions paraît avoir été émise d’abord par Winslow ; et plusieurs auteuts, entre autres Winter! , Jonhstone , Unzer, Lecat, Pfeffinger | Pro-
chaska, etc, l’avaient reproduite avant Bichat.
(a) Petits cerveaux. — Cela est juste; mais l’usage des ganglions, quel est-il? d’augmenter la force du nerf par uné nouvelle production du principe vz#al? et ce principe est-il
un fluide? Et comment un fluide peut-il sentir ou faire sen-
tir, penser ou faire penser£
(b) Pareïllement,etc.—Les glandeslacrymales, les glandes I" Partie. TS
IL faut observer toutefois qu’il y a une distincuon très-réelle et très-importante à faire entre les organes qui recoivent leurs nerfs du grand sympathique, et ceux qui reçoivent immédiatement les leurs des moëlles allongées et épimières. Les premiers puisent leur principe d'action dans la puissance nerveuse toute entre ; leurs fonctions ne sont pas soumises à la volonté, elles s’exercent à tous les instans de la vie, et n’éprouvent au plus que des rémissions. Les derniers, au contraire , ont leur principe d’acuon dans une poruon circonscrite de la puissance nerveuse ; leurs foncuons sont soumises à la volonté, elles sont temporaires et ne peuvent se répéter qu'après des intermittences complètes et plus ou moins longues. Cette distincuon embrasse à peu près les mêmes organes que celle des deux vies; mais il est évident qu'elle repose sur une base entièrement différente, puisque les organes de la vie organique, que, dans le système des deux vies, on regarde comme indépendans du cérveau et de la moëlle épinière, sont précisément ceux qui en réçoivent la plus puissante influence. Beaucoup de faits anatomiques ; physiologiques et pathologiques ne peuvent être bien conçus et expliqués que par cette distincsalivaires reçoivent leurs nerfs du cerveau , et ont la vie orga-
nique. Il en est de même , au moins en partie, pour la peau.
E. Pl,
üuon. Par exemple, on sait que certaines douleurs d’entrailles énervent, anéantissent presque les forces, et portent un trouble profond dans toute l’économie animale (a); ce fait, inexplicable dans le systéme des deux vies, se conçoit sans peine dès qu’on réfléchit que les intesuns ont leur principe d'action dans tous les points de la puissance nerveuse par le grand sympathique dont ils recoivent leurs nerfs, et que par conséquent leurs affections doivent réagir immédiatement sur tous les points de cette même puissance. |
La mort n'étant que l'extinction du principe formé dans le cerveau et la moëlle épinière par Y action du sang artériel, elle peut n’étre que par- Melle quand ae l’est elle-même; elle est générale quand lPexuneuon a lieu dans toute l’étendue du cerveau et de la moëlle épinière.
La mort paruelle, en quelque région du Corps qu’elle survienne , admet une véritable résurrecuon, toutes les: fois que la poruon de moëlle épinière demeurée vivante peut fournir au cœur des forces suffisantes pour ranimer la circulation dans
la portion morte (b). S1 la mort générale est irré-
(a) Portent un trouble. — N'y eut-il que le mal de mer; d’où vient-il? À BP
(b) Véritable résurrection. — Dans ce cas , il ny a pas mort, mais suspension de la vie. L'idée de mort entraîne quelque chose de plus grave , elle suppose une lésion réelle, profonde , irremé diable. | E. P.
vocable, ce n’est pas que la reprodueuon du principe dont il s’agit ne puisse s’opérer dans toute Fétendue de la moëlle épinière, tout aussi bien dans une porüon, au bout d’un temps plus où moins long après son entière extincuon ; mais c’est que le cœur ayant perdu toutes ses forces par Veffet méme de l’exünetion de ce principe, sans aucun moyen de les recouvrer, la circulation a cessé pour jamais. En un mot, l’exunction du principe de la moëlle épinière et la cessation spontanée de la circulation, sont deux choses inséparables, et dont l’une annonce constamment l’autre.
Parmi les signes certains dé la mort, il faut donc compter tous ceux qui prouvent que la circulation a cessé. C’est pour cela que la vacuité des carotides en est un infaillible, lors même que les battemens du cœur sont encore distincts à travers les parois de la poitrine. D’où il suit qu'il s’en faut bien que le derniér termé de la vie s’éténde, comme on l’a dit, jusqu’à l’abolition de Pirritabilité dans cet organe. (Haller, Elém. physiol., Tom. VIT, bb. XXX., P: 123:)
Tezs sont les principaux résultats d’un travail assez considérable, dans lequel jé me suis tronvé engagé presque sans y penser, et sans en avoir prévu l’étendue et les difficultés. Depuis ma première expérience, qui n'avait pour objet que de déterminer le temps qu’un fœtus peut vivre sans respirer quand il ne communique plus avec sa mére, jusqu’à celle où je suis parvenu à faire vivre un tronçon extrait du milieu du corps d’un lapin, je me suis vu entraîné comme malsré moi d'expérience en expérience, une première en exigeant une autre pour l’éclaireir, celle-ci une autre : et ainsi successivement : id n’y en à aucune que je n’aie répétée plusieurs fois. Dans les recherches physiologiques, c’est une nécessité indispensable de répéter et de revoir souvent les mêmes expériences ; nécessité fondée, d’une part, sur la complication des phénomènes qu’elles présentent ; de l’autre , sur ce que beaucoup de causes peuvent les faire manquer, ce qui rend les travaux de ce genre si longs et si pénibles. Mais de toutes celles “HR te je me suis livré, 1l n’en est point que j'aie répétées avec plus de soin, ni méduées plus dJong-temps que celles relauves à la détermination du siége où réside le principe des forces du cœur. La théorie de Haller me paraissait encore si bien établie » malgré les imperfections . "on lui reprochat, et toutes les modifications qu'on avait voulu
lui fare subir me semblaient si peu satisfaisantes, que ce n’est que par l'examen le plus mûr et le plus attentif des faits qui en sapent les fondemens, que ma propre conviction a pu être ébranlée; aussi quoiqu'il y ait deux ans révolus que J'ai découvert et annoncé que le principe des forces du cœur réside dans la moëlle épinière , c’est aujourd’hui (a), pour la première fois, que j'en publie les preuves.
Je ne prétends pas toutefois que la théorie de Haller soit erronée dans tous ses points. Elle ne ‘ l’est qu’en ce qu’elle ôte à la puissance nerveuse toute participation active aux mouvemens du cœur ;, qu'elle n’atitribue qu’à lirritabilité musculaire (1).
Eu
(1) Je dois faire observer que, sous le nom de théorie de Haller, je n’entends pas seulement celle que ce grand homme a consignée dans son immortel ouvrage de Physiologie, liv. IV, sect. V, mais encore celle des auteurs de son école. Il est digne de remarque que Haller n’a jamais osé nier formellement l’influence de la puissance nerveuse sur le cœur, et qu’il semble même l’admettre, mais à la vérité d’une manière problématique ; et qui s'accorde mal avec les faits qu’il avancé pour prouver que ces mouvermens né dépéndent pas du cerveau. En un mot, il ne paraît l’admettre qu’à l’acquit de sa conscience, si je puis m’exprimer ainsi, et parce qu’autrement il ne savait que faire des nerfs du cœur. Aussi la réduit-il presqu’à rien dans la dernière édition des qua-
tre premiers volumes de sa Physiologie. ( Voy, l’Auctarium,
Mais du reste , comme je l’ai dit dans ce Mémoire ,
jai eu une foule d’occasions de m’assurer de la vérité de cet autre point de la même théorie, que le sang , et particulièrement le sang artériel, est le sumulus dont la présence détermine les contractions du cœur. |
- Je n’ai parlé dans ce Mémoire que de Paction de la moëlle-épiniére sur le cœur; ce n’est pas que la moëlle allongée n’en exerce une aussi, mais moins considérable , et dont je m’occuperaidans une autre circonstance. |
pag. 72, dernier alinéa , dans lequel il est évident qu’il faut lire porest au lieu de zequif, page 73, ligne 1.)
Les auteurs de son école ont été beaucoup moëîns réservés , et ils ont soutenu en termes formels que les mouvemens du cœur ne dépendent en aucune manière de la puissance nerveuse. Voyez entre autres une dissertation de Fontana, page 234 du troisième volume des Mémoires sur les parties sensibles et irritables du corps animal.— Et le Traité sur le venin de la vipère, Florence , etc, 1781, tome If,
pages 169-171.
ETS