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ses derniers momens : jusque-là étranger au malheur, content de son heureuse médiocrité, il éprouvait à la fin de chaque jour les plaisirs incomparables d’une âme avide d'instruction, qui se.sent riche de quelque vérité nouvelle, et qui entrevoit pour le lendemain des jouissances plus vives encore , car c'était un de ces hommes rares qui aiment la science pour elle-même, qui en font un objet d'amour et de délices , et non pas un moyen de spéculation. À peine
arrivé au milien de sa course , il pouvait se promettre de faire encore beaucoup pour l’humanité, en publiant les trésors d'observations qu’ilavait si laborieusement amassés , en exécutant des trâvaux dont il avait et les matériaux et les plans. En quelques jours il se voit arraché à tant de belles espérances, à tant de précieuses découvertes ; il se sent descendre, pour ainsi dire, encore tout vivant dans la tombe; et, pour achever cette scène de douleur, il aperçoit dans le lointain sa femme sans appui, son fils sans fortune, sans guide !... Ah! c'était aussi trop de coups pour un seul cœur! Heureux encore si, assez fort contre tant de terribles assauts, il ne vit pas à travers un crêpe tous les objets de sa vie passée, si la science ne lui parut pas une chimère, le bon-
heur un mot, et la gloire un peu de fumée !
Eug. Lecazrors.
8 mai 1822.
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