‹ ŒuvresChapitre 6 sur 35 · SITES · texte numérisé non relu

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L'ouvrace que je publie maintenant se compose de Mémoires que j’ai lus en différens temps à la première classe de l’Insütut et à la Société des . Professeurs de la Faculté de médecine de Paris. Les deux premiers paragraphes contiennent celui que j’aisoumus l’an dernier au jugement de la classe, sur le principe des forces du cœur et sur le siége de ce primeipe, et auquel elle a daigné fure un accueil s1 flatteur et s1 honorable pour moi. Ce que j'y ai dit du cœur, pouvant s'appliquer aux autres organes des foncuons involontaires, la question peui être considérée plus généralement comme la détermination du siége du principe q'i préside à cet ordre de fonctions. Le premier paragraphe est le résumé des- expériences que j'avais communiquées deux ans auparavant à là Faculté de médecime, et dont l’objet était de rechercher quel est le siége du principe des mouvemens inspiratoires et des foncücnssoumises à la volonté. Ces dernières n’ont pas présenté moins de difficultés, n1 donné lieu à moins de disputes que les fonctions imvolon-' taires, par rapport au principe qui les anime. On a cru que le principe d’acuon des unes était différent de celui des autres, quant à son siége et

même quant à Sa nature. Plusieurs systèmes de

| (14) physiologie ont été fondés sur cette différence. On trouvera dans le rapport de MM. les Commissaires de l’Insutut un précis fort intéressant de ces opinions pour ce qui concerne les fonctions indépendantes de la volonté. J’ai donné au commencement de ce volume, une esquisse de celles relauves aux fonctions qui en dépendent.

Le premier paragraphe n'avait été destiné qu’à servir d'introduction au second; 1l est sans doute trop concis ; les expériences n’y sont guères qu’indiquées, et ce que j’y ai dit des fonctions du cerveau aurait exigé beaucoup plus de développement. Mais on trouvera ur petit supplément à la partie expérimentale dans la première section des expériences que j'ai répétées devant la commission de l’Insutut, et dans l'addition qui est à la fin du vo- Jlume. Quant at% fonctions du cerveau, Je vais placer ici quelques explications que je n’ai point eu occasion de donner ailleurs.

Je n’ai considéré dans ce viscère que son actüon sur les mouvemens inspiratoires et celle qu’il exerce sur lesorganesintérieurs par les nerfs de la huitième paire; parce que ces fonctions sont celles qui se préten le plus facilement à des expériences directes. Mas je suis loin de prétendre qu’il n’ait pas sur les autres partes du corps une influence également grande et nécessaire. Je reconnais au contraire que c’est lui qui détermine et qui règle tous les actes des fonctions animales. Par exemple, quand je

(as )

smeus mon bras, le principe de ce mouvement émane de la moëlle épinière et non du cerveau, mais c’est le cerveau qui a voulu ce mouvement, et c’est lui qui le dirige dans le sens approprié à Tobjet pour lequel je le fais. Les animaux à sang froid fournissent une preuve évidente de ce que J'avance ici. Lorsqu'on a décapité une salamandre sur les premières fertèbres, elle peut continuer de vivre plusieurs jours ; mais quoiqu’elle fasse mou- “voir son Corps et ses membres avec autant de force qu'il en faudrait pour se transporter d’un lieu à un autre, elle reste à la même place, et on peut la laisser sur une assiette avec un peu d’eau , sans craindre qu’elle s'échappe. S1 l’on examine tous les mouvemens qu’elle fait, on voit qu'ils sont déréolés et sans but. Elle meut ses pattes en sens contraire les unes des autres, en sorte qu’elle ne peut avancer, ou que si elle fait un pas en avant, elle

en fait bientôt un autre à reculons (a). On observe

(a) Elle sent encore, puisqu'elle se meut spontanément ; mais elle ne raisonne plus , n’ordonne plus ses mouvemens. Pour ordonner , il faut une suite de jugemens ; pour juger, il faut un certain nombre de sensations: de la vie, de Pouie, etc. Or, ici la vie et l’ouie manquent. DA A

On voit, d’après ceci, que l’opinion qui place dans les parties supérieures du système cérébro-spinal, le siége de la faculté régulatrice des mouvemens, n'appartient pas exclusivement à l’auteur du Mémoire couronné l’année dernière à l’Institut. On s’apercevra tout à l'heure que

la découverte du procédé opératoire dont il se montre si jaloux, pourrail bien aussi lui être contestée.

(16) la même chose dans les grenouilles décapitées : elles ne savent plus sauter, ou si elles font encore quelques sauts, ce n’est qu'autant que leurs pieds de derrière rencontrent un point d'appui. S1 on les place sur le dos, elles s’agitent parfois pour changer de situation (a); mais elles y restent, parce qu’elles ne savent plus faire les moüuvemens convenables pour se remettre sur le ventre. Tous ces animaux font en général peu de mouvemens , à moins qu’on ne Îles touche, et l’on conçoit que cela doit étre, puisque de tous les sens 11 n’y a plus que le toucher qui puisse leur transmettre des

impressions. ;

La décapitation n’est même pas nécessaire pour que ces phénomènes aient lieu ; on les observe pareillement et d’une manière peut-être encore plus curieuse apres la simple secuonde la moëlle épinière faite à l’occiput. Dans ce dermier cas, la tête est vivante de même que le reste du corps, comme on en peut juger par les mouvemens de la bouche et des yeux. Et cependant l’animal est absolument dans le même état que s’il avait été décapité; 1l ne sait plus gouverner ses mouvémens. Situation vrai-

ment singulière dans laquelle la tête et le corps

(a) Si elles s'agitent pour changer de situation, elles veulent. Donc, dans ces animaux , la volonté(la faculté de vou- Joir) ne réside pas seulement dans le cerveau.

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