‹ ŒuvresChapitre 211 sur 599 · CLITANDRE , LUBIN · texte numérisé non relu

CLITANDRE , LUBIN

CLITANDRE

La nuit est avancée, et j'ai peur qu'il ne soit trop tard. Je ne vois point à me conduire. Lubin !

LUBIN

Monsieur !

CLITANDRE

Est-ce par ici?

LUBIN

Je pense que oui. Morgue ! Voilà une sotte nuit , d'être si noire que cela !

CLITANDRE

Elle a tort, assurément; mais si, d'un côté, elle nous empêche de voir, elle empêche, de l'autre, que nous ne soyons

Vus.

LUBIN

Vous avez raison, elle n'a pas tant de tort. Je voudrais bien savoir, Monsieur, vous qui êtes savant, pourquoi il ne fait point jour la nuit ?

CLITANDRE

C'est une grande question, et qui est difficile. Tu es curieux, Lubin ?

262 GEORGE DANDIN

LUBIN

Oui : si fuyais étudié, j'aurais été songer à des choses où on n'a jamais songé.

CLITANDRE

Je le crois. Tu as la mine d'avoir l'esprit subtil et pénétrant.

LUBIN

Cela est vrai. Tenez, j'explique du latin, quoique 'fimm je ne l'aie apjpris ; et voyant l'autre jour écrit sur une grande porte collegium, je devinai que cela voulait dire collège.

CLITANDRE

Cela est adfhirable ! Tu sais donc lire, Lubin ?

LUBIN

Oui, je sais lire la lettre moulée; mais je n'ai jamais su apprendre à lire l'écriture.

CLITANDRE

Nous voici contre la maison. ( Après avoir frappé dans SCS mains.) C'est le signal que m'a donné Claudine.

LUBIN

Par ma foi ! c'est une fille qui vaut de l'argent ; et je l'aime de tout mon cœur.

CLITANDRE

Aussi t'ai-je amené avec moi pour Tentretenir.

LUBIN

Monsieur, je vous suis...

CLITANDRE

Chut ! j'entends quelque bruit.

Page 1