ACTE II, SCÈNE VIII
ORONTE
Oh! oh!
MONSIEUR DE POURGEAUGNAC.
Que diable est-ce ci ?
LUCETTE
Lou traité me quitteltrés ans après, sul préteste de qualquesatfayres que l'apelabon dins soun pays, et despey nouii l y resçau put quaso de noubelo ; may dins lou tens qui soungeabi lou mens, m'an dounat abist que begniu dins aquesto bilo per se remarida dambé un autro jouena fiUo, que sous parents ly an proucurado, sensse saupré res de son prumier inariatge. Yeu ai tout quitta en diligensso, et me souy rendu dodins aqueste loc lou pu leu qu'ay pouscut, per m*oupousa en aquel criminel mariatge, et confondre as elys de tout le mounde lou plus méchant day hommes (1).
Yoilà une étrange effrontée !
LUCETTE
Impudint ! n'as pas honte de m'injuria, alloc d'être confus day reproches secrets que la consciensso te deu fayre (2) ?
MONSIEUR DE POURGEAUGNAC.
Moi je suis votre mari?
LUCETTE
Infâme! gausos-tu dire lou contrari? Hé! tu sabes bé, per ma penno, que n'es que trop bcrtat ; et plaguesso al cel qu'aco non fougesso pas, et que m'auquesso layssado dins l'état d'innouessenço, et dins la tranquilitat oun moUn amo bibio daban que tous charmes et tas trompariés nou m'en benguesson malhurousomen fayre sourt^ ! yeu nou serio pas
J'ignore, Ifonaienr, si c'est toos dont on m'A dit qu'il Tonlait épouser la fille ; mtA» je tous déclare que je snlii sa femme , et qu'il y a sept ans qu'en puwnt à Pézénas , il eut l'adreue par mb mignardisee qu'il sait si bien faire ^ me gagner le coeur, et m'obligea , par ce moyen , à lui donner la main pour l'épouser. (L. B.) (1) LUCKTTK.
Le tnitre me quitta trois ans après , sous prétexte de quelque affaire qui l'appelait dans son pays , et depuis je n'en al point eu de nourelles ; mais , dans le tempe que j'y songeais le moins, on m'a donné aris qu'il Tenait dans cette rille pour se remarier ayeo une autre jeune fille que ses parents loi ont promise , sans ttToir rien de son premier mariage. J'ai tout quitté aussitôt , et je me suis rendue <Uns ce lieu le plus promptement que j'ai pu , pour m'opposer à ce criminel '>>M^ge, et pour confondre, aux yeux de tout le monde, le plus méchniit dcR hommes (L. B.)
(») LUCBTTB.
Impudent ! n'as-tu pas de honte de m'injnrier, au lieu d'être confos dos reproches secrets que ta conscience doit te fnire I (L. B.)
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S18 M. DE POURCBAUGNAa
réduito à fayré lou triste pereonnatge que yeu fave présentomen ; à beyre un marit cruel mespressa touto l'ardou que yeu ay per el, et me laissa sensse cap de piétat abandounado k les mourtéles doulous que yeu ressenti de sas perfidos acciûs (1).
ORONTE
Je ne saurais m'empécher de pleurer. ( a M. de Pourceangnac.) Allez, TOUS êtes un méchant homme.
Je ne connais rien à tout ceci.