‹ ŒuvresChapitre 8 sur 599 · ACTE I, SCÈNE L · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE L

Hautement d'an chacun elles blâment la vie, Non point par charité^ mais par un trait d'envie Qui ne saurait souffrir qu'une autre ait les plaisirs Dont le penchant de l'Âge a sevré leurs désirs.

MADAME J>ERNELLE, à Elmire.

Voilà les contes bleus qu'il vous faut pour vous plaire, Ma bru. L'on est chez v<9us contrainte de se taire : Car Madame, à jaser, tient le dé tout le jour, Mais enfin je prétends discourir à mon tour f Je vous dis que mon fils n'a rien fait de plus aage Qu'en recueillant chez soi ce dévot personnage ; Que le ciel au besoin l'a céans envoyé Pour redresser à tous votre esprit fourvoyé; Que, pour votre salut, vous le devez entendre; Et qu'il ne reprend rien qui ne soit à reprendre. Ces visites , ces bals, ces conversations, 8ont du malin esprit toutes inventions.

fA jamais on n'entend de pieuses paroles ; , te sont propos oisifs, chansons et fariboles : pieu souvent le prochain en a sa bonne part, Et l'on y sait médire et du tiers et du quart. Enfin les gens sensés ont leurs têtes troublées De la confusion de telles assemblées :

Mille caquets divers s'y font en moins de rien; Et, comme l'autre jour un docteur dit fort bien. C'est véritablement la tour de Babylone, Car chacun y babille, et tout du long de l'aune : Et, pour conter l'histoire où ce point l'engagea...

(Montrant Glèante.)

Voilà-t-il pas Monsieur qui ricane déjà !

Allez chercher vos fous qui vous donnent à rire.

• (a Elmire.) Et sans... Adieu, ma bru; je ne veux plus rien dire. Sachez que pour céans j'en rabats de moitié. Et qu'il fera beau temps quand j'y mettrai le pied.

(Donnant un soufflet à Flipote.)

Allons, vous, vous rêvez et b'ayez aux corneilles (1). Jour de Dieu ! je saurai vous frotter les oreilles. Marchons, gaupe, marchons.

(1) Dauer, regarder en tenant la bonche ourerte : du Tieux mot béer.

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