Var. : toutefois. 7. Bossuet veut parler des cnia
4. Var. : Accordons par une doc- morpJioses, qu'on regarde par rétrine solide ces contrariétés appa- flexion dans un miroir courbe, cylinrentes, [et montrons à l'homme de] drique ou conique.
confusion se démêle, et vous produit une image bien proportionnée. Il en est ainsi de ce monde : quand je le contemple dans sa propre vue, je n'y aperçois que désordre ; si la foi me le fait regarder par rapport au jugement dernier et universel, en même temps j'y vois reluire un ordre admirable. Mais entrons profondément en cette matière, et éclaircissons par les Écritures la difficulté proposée. Suivez, s'il vous plaît, mon raisonnement.
Remarquons avant toutes choses que le jugement dernier et uni^ersel est toujours représenté dans les saintes I-ettres par un acte de séparation. On mettra, dit-on, hft mauvais à part; on les tirera du milieu des justes ^ ; et enfin tout l'Évangile parle de la sorte. Et la raison en est évidente, en ce que le discernement est la principale fonction du juge et la qualité nécessaire du jugement ; de sorte que cette grande journée en laquelle le Fils de Dieu descendra du ciel, c'est la journée du discernement général : que si c'est la journée du discernement, où les bons seront séparés d'avec les impies, donc, en attendant ce grand jour, il faut qu'ils demeurent mêlés.
Approche ici, ô toi (jui murmure en voyant la prospérité des pécheurs : Ha ! la terre les devrait engloutir ; ha! le ciel se devrait éclater en foudre! Tu ne songes pas au secret de Dieu. S'il punissait ici tous les réprouvés, la peine les discernerait d'avec les bons : or l'heure du discernement n'est pas arrivée, cela est réservé pour le jugement ; ce n'est donc pas encore le temps de punir généralement tous les criminels, parce que ce n'est pas encore celui de les séparer d'avec tous les justes. Ne vois-tu pas, dit saint Augustin', que, pendant l'hiver, Varbre mort et Varhre vivant paraissent égaux? ils sont tous deux sans fruits et sans feuille[s]. Quand est-ce qu'on les pourra discerner? Ce sera lorsque le printemps viendra renouveler la nature, et que cette verdure agréable fera paraître dans toutes les branches la lie que la racine tenait enfermée. Ainsi ne t'impatiente pas, ô homme de bien ; laisse passer l'hiver de ce siècle,