Hebr.. vi. li». 7. Var. : fidèles
i). Bossuet, pour la seconde fois à 8. Var. : se confondrait,
notre connaissance, fait navire du H. II Tim.. II. lii.
féminin. (Voy. ci-dessus un premier 10. l's. xxxiir. Itî.
cette confusion générale. Le même feu fait reluire l'or et fumer la paille ; Je même mouvement, dit saint Augustin \ fait exhaler la puanteur de la houe et la bonne senteur des parfums ; et le vin n'est pas confondu avec le marc, quoiqu'ils portent tous deux le poids du même pressoir : ainsi les mêmes afflictions qui consument les méchants purifient les justes. Que si quelquefois les pécheurs prospèrent, s'ils tâchent quelquefois de faire rougir l'espérance de l'homme de bien par l'ostentation d'un éclat présent, disons-leur avec le grand Augustin^ : O herhe rampante, oserais-tu te comparer à [l'arbre '^^ fruitier pendant la rigueur de l'hiver, sous le prétexte qu'il perd sa verdure durant eette froide saison, et que tu conserves la tienne? Viendra Vardeur du grand jugement qui te desséchera jusqu'à la racine et fera germer les fruits immortels des arbres que la patience aura cultivés.
Méditons, méditons. Fidèles, cette grande et terrible vicissitude; le monde se réjouira, et vous serez tristes, mais votre tristesse tournera en joie, et la joie du monde sera changée en un grincement de dents éternel ! Ha ! si ce changement est inévitable, loin de nous l'amour des plaisirs du monde ! Quand les enfants du siècle nous inviteront à leurs délices, à leurs débauches, à leurs autres joies dissolues, craignons de nous joindre ii leur compagnie : l'heure de notre réjouissance n'est pas arrivée. Pourcjuoi m' invitent -ils ? dit Tertullien : je ne veux point de part à leurs joies, parce qu'ils seront exclus de la mienne^, [p. 14] Il y a une vicissitude de biens et de maux ; on y va par tour : il y a une loi établie, que nous expérimenterons tour à tour les biens et les maux. J'appréhende de me réjouir avec eux, de peur de pleurer un jour avec eux. C'est être trop délicat de vouloir trouver du plaisir partout. Il sied mal à un chrétien de se réjouir, pendant qu'il n'est pas avec Jésus-Christ. Si j'ai quelque affection pour ce divin
1. De Cic'it. Bei, lib. I, cap. viii. croirait aisément plus ancieuue de
2. In Ps. XLVIII. Serm., II, n. quelques armées qu'elle n'est en ti. 4. réalité. Mais l'orthographe est bien
3. Ms. : à l'herbe. — Distraction. différente de ce qu'elle était au dé- L'écriture est ici serrée, rapide et but de l'époque de Metz.
assez confuse. En pareil cas, on la 4. De Spect.. n. 28.
Maître, il faut que je le suive en tous lieux ; et avant que me joindre à lui dans l'éternité de sa gloire, il faut que je l'accompagne du moins un moment dans la dureté de sa croix. Ce sont. Fidèles, les sentiments avec lesquels vous devez gagner ce jubilé que je vous annonce. C'est ainsi que vous pourrez obtenir cette paix si ardemment désirée, et qui en est le véritable sujet : car il n'est point d'oraison plus forte que celle C[ui part d'une chair mortifiée par la pénitence et d'une âme dégoûtée des plaisirs du siècle.
Prêché à Dijon, le mardi de la Pentecôte, 6 juin 165G.
Les éditeurs ont placé ce sermon ^ à l'entrée du carême. Mais le texte même indique une tout autre pensée chez l'orateur. Le jubilé, dont le sermon qui précède annonçait l'ouverture, a été pieusement célébré, du moins par la majorité des fidèles. « Je veux croire, dit Bossuet, parlant encore à ses compatriotes, qu'il n'y a personne en cette assemblée que la grâce du jubilé, que l'exemple de la dévotion publique et la sainteté de ces derniers jours n'ait invité à la pénitence. » Ces « derniers jours » étaient les fêtes de la Pentecôte ; d'où ces autres paroles : k Je vous considère aujourd'hui comme des honmies renouvelés par le Saint-Esprit. »
Nous avons fait disparaître de l'avant-propos deux interpolations, empruntées à une autre rédaction, que nous avons précédemment restituée au discours dont elle fait partie. (Voy. p. 66.)
Qui enim mortui sumvs pcccato, quomodo adhuc vivemus in ïllo f
Nous, qui sommes morts au péché, comment pourrons-nous désormais y vivre ?
(Rom., VI, 2.)
Je ne puis vous exprimer, Chrétiens, combien est grande aujourd'hui la joie de rÉghse. Cette grâce du jubilé, que vous avez si ardemment embrassée, cette piété exemplaire, ce zèle que vous avez témoigné dans la fréquentation des saints sacrements satisfait Infiniment cette bonne mère; et si le père de ce prodigue voulut que toute sa maison fût en joie pour le retour d'un de ses enfants, quels sont les sentiments de l'Église, voyant un si grand nombre des siens ressuscites par la pénitence? Mais cette joie divine et spirituelle ne s'arrête pas sur la terre, elle passe jusqu'au ciel ; et nous apprenons du Sauveur des âmes, que la conversion des hommes pécheurs fait la solennité des saints anges".