‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 115 sur 397 · Var. : nous nous lassons de son fi. Gai., vi · texte numérisé non relu

Var. : nous nous lassons de son fi. Gai., vi

le temps approche qu'il ^ nous rejettera de devant sa face, et que le ciel deviendra de fer sur nos têtes? Malheureux, ne sentons-nous pas que la miséricorde se lasse, et que nous commençons à lui être à charge? Ha! nous la méprisons trop souvent. C'est un beau mot de Tertulîien dans le livre de la Pénitence", que les pécheurs réconciliés f[ui retournent à leurs premiers crimes, sont à charge à la miséricorde divine ; et il importe que vous entendiez sa pensée. Un pauvre homme accablé de misères vous demande votre assistance ; vous soulagez sa nécessité, mais vous ne pouvez pas l'en tirer. Il revient à vous avec crainte, à peine ose-t-il vous parler ; mais sa pauvreté, sa misère, et plus encore sa l'etenue parle assez pour lui ; il ne vous est pas à charge. Mais un autre vient à vous, qui vous presse, qui vous importune ; vous vous excusez : il ne vous prie pas, il semble exiger, comme si votre libéralité était une dette ; c'est celui-là qui vous est à charge, vous cherchez tous les movens de vous en défaire. Un chrétien a succombé à quelque tentation violente ; quelque temps après il revient : Qu'ai-je fait, et où me suis-je engagé ? La larme à l'œil, le regret dans l'âme, la confusion sur la face, il demande qu'on lui pardonne ; et ensuite il en devient plus soigneux. Je l'ose dire, il n'est point à charge à la miséricorde divine; mais c'est toi, pécheur endurci, tant de fois réconcilié et aussi souvent infidèle, qui prétends faire un circuit éternel de la grâce au crime, fiu crime à la grâce, et qui crois la pouvoir toujours perdre et recevoir quand tu le voudras, comme si c'était un bien qui te fût acquis : tu lui es h charge, elle ^ ne te fait du })ien qu'à regret, et bientôt elle cessera de t'en faire. Tu es de ceux * dont il est écrit que Dieu a les oblations en horreur : « Lahoravi sustinens ^ : Ils me sont à charge. )i II déteste tes pénitences stériles et tes réconciliations si souvent trompeuses. Et connnent pourraitil aimer un arbre qui ne lui produit jamais aucun fruit? Ha ! réveillons-nous, il est temps ; il est temps plus

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