Edit. : Tu es à chargre à la mi
186 SERMON SUR LA rÉMTENCE.
que jamais que nous commencions à faire des fruits dignes de la pénitence. Après cette réunion solennelle de Dieu avec nous, et ce grand renouvellement que le jubilé a fait en nos âmes, commençons à vivre ^, Fidèles, avec notre Dieu comme des pécheurs réconciliés, comme des rebelles reçus en grâce ; respectons la miséricorde qui nous a sauvés, et la foi que nous lui avons engagée : car si nous continuons à lui être à charge, à la fin elle se défera tout à fait de nous ; et, retirant les remèdes dont nous abusons, elle nous lais£X?ra languir dans nos maladies. C'est la seconde considération que je vous propose, pour vous obliger. Chrétiens, à être fidèles à la pénitence, parce que ce remède est si nécessaire, qu'on se jette dans un grand péril, quand on se le rend inutile.
Second Point.
Une des qualités de l'Église qui est autant " célébi'ée dans les Écritures, c'est sa perpétuelle jeunesse et sa nouveauté qui dure toujours. Et si peut-être vous vous étonnez qu'au lieu que la nouveauté passe en un moment, je vous parle d'une nouveauté qui ne finit point, il m'est aisé. Fidèles, de vous satisfaire. L'Église chrétienne est toujours nouvelle, parce que l'esprit qui l'anime est toujours nouveau, selon ce que dit l'apôtre saint Paul : Ne vivons plus en rantîquité de la lettre, mais en la nouveauté de V esprit ^ ; et parce que cet esprit est toujours nouveau, il renouvelle de jour en jour les fidèles. Et pour pénétrer encore plus loin, comme dit le même saint Paul, Renovatur de die in diem "* : d'où résulte cet efi'et merveilleux, qu'au lieu que, selon la vie animale, plus nous avançons dans l'âge, plus nous vieillissons, l'homme spirituel, avi contraire, plus il s'avance, plus il rajeunit.
Pour comprendre cette vérité, considérons trois états divers par lesquels doivent passer les enfants de Dieu : il y a celui de la vie présente ; après, la félicité dans le ciel ; et enfin la résurrection générale ; et ces trois états