Rom., VI. 6. 2. Edit. : en emijêchant
moindre de rempêcher dans celle qu'elle a de les prévenir ?
C'est là tout le fruit du remède. Si c'était tout l'effet de la pénitence d'obtenir seulement pardon aux pécheurs et qu'elle ne les aidât pas à se corriger, vous voyez qu'elle ne ferait que flatter le vice ; au lieu que Dieu J'a établie pour en arracher jusqu'aux plus profondes racines \ Mais, pour mettre ce raisonnement dans sa force, joignons à la qualité de remède celle que nous avons réservée pour le dernier point, je veux dire la qualité de sacrement ; et considérons. Chrétiens, quel sacrement c'est que la pénitence.
Troisième Point.
Toute l'antiquité chrétienne nous répond que c'est un second baptême. Apprenons donc du divin Apôtre quel doit être l'effet du baptême : C^est, dit-il, de nous faire mourir au péehé, et de nous ensevelir avec Jésus-Christ ". Il en est de même de la pénitence, d'autant plus que c'est un baptême de larmes, un baptême pénible et laborieux : et si nous sommes morts au péché, comment pourrons-nous désormais y vivre ^ ? Mais si la pénitence doit être une mort, comprenons qu'on ne demande pas de nous un changement médiocre ni une réformation extérieure et superficielle : c'est à dire* qu'il faut couper jusqu'au vif ; c'est à dire qu'il faut porter le couteau jusqu'aux inclinations les plus chères ; c'est à dire qu'il faut arracher du fond de nos cœurs tous ces objets qui leur plaisent trop ; quand ils nous seraient plus doux que nos yeux, plus nécessaires que notre main droite, plus aimables même que notre vie, coupons, tranchons : Ahscide eum^. Ce n'est pas sans raison que l'Apôtre ne nous prêche que mort : entrons en cette pieuse méditation, mais considérons encore quelle est cette mort. C'est une mort spirituelle et mystérieuse, par laquelle nous appliquons sur nous-mêmes la mort effective du Sauveur des âmes par une sainte imitation ; et c'est,
1. Belle pensée, bien digne de 4. Voir ftemarifues sur la i/rrwi- Bossuet. maire et le vocabulaire, au tome VII.