Ibid.,2. abscinde
Fidèles, ce que nous faisons, lorsque nos cœurs sont de glace pour les vains plaisirs, nos mains immobiles pour les rapines, nos yeux fermés pour les vanités, et nos bouches pour les blasphèmes et les médisances. C'est alors que nous sommes morts avec Jésus-Christ ; et comme il n'y a sur son corps aucune partie qui n'ait éprouvé la rigueur de quelque supplice ^, nous devons crucifier en nous le vieil homme dans tout ce qu'il a de mauvais désirs, et pour cela les rechercher jusqu'à la racine. La pénitence nous dévoue à Timitation de la mort de Jésus-Christ : c'est à quoi îious nous obligeons par la pénitence.
Telle est la vertu de ce sacrement. Tu te trompes donc. Chrétien, si tu crois qu'il soit temps de te reposer après avoir reçu l'absolution ; ce n'est que le commencement du travail. Ce remède sacré de la pénitence n'a fait que la moitié de son opération ; n'empêche pas l'autre par ta négligence. Autrement nous sommes coupables de la profanation de ce sacrement, le violaijt dans sa partie la plus nécessaire, c'est-à-dire dans le secours qu'il nous donne pour nous corriger. Quand ce ne serait qu'un simple remède, ce serait toujours beaucoup de le rejeter de la main de ce médecin charitable ; mais c'est un remède sacré ; il y a de la profanation et du sacrilège ; et comme Dieu ne venge rien tant que la profanation de ses saints mystères, sa colère s'élèvera enfin contre nous, et il ne nous permettra pas de nous jouer ainsi de ses dons.
C'est une parole bien remarquable du sacré concile d'Elvire : « Ceux, dit-il^, qui retomberont dans leurs premiers crimes après le remède de la pénitence, il nous a plu qu'on ne leur permît pas de se jouer encore une fois de la communion : Placuit eos non ludere ulterius de dominica commiinione^. » Voilà une terrible parole! Vous voyez que cette assemblée vénérable estime qu'on se joue des sacrés mystères, lorsque, après les avoir reçus, on retourne à ses premières ordures ; et cela quand ce