‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 122 sur 397 · Bossuet ne dit plus mainte- réminiscences · texte numérisé non relu

Bossuet ne dit plus mainte- réminiscences

nant, comme en 1652 : « quelque 2. Ms. : disent-ils.

supplice exquis », bien qu'il rédige 3. Cap. XLVIII. ce sermon en toute hâte avec des

ne serait qu'une fois. Si nous avions à rendre compte de nos actions en présence de ces saints évêques, quelles exclamations feraient-ils ? Nous prendraient-ils pour des chrétiens, nous qui faisons comme un jeu d'enfant de la grâce de la pénitence? Cent fois la quitter, cent fois la reprendre ; cent fois promettre, cent fois manquer ! N'est-ce pas se jouer des saints sacrements? Mais, ô jeu funeste pour nous ! qu'une créature impuissante ose ainsi se jouer à Dieu, et, ce qui est bien plus horrible, se jouer de Dieu ! C'est se jouer de Dieu que de se jouer de ses dons. Ha ! il est temps enfin que ce jeu finisse ; il y a déjà trop longtemps qu'il dure, il y a déjà trop longtemps que nous abusons de la pénitence.

Et ne me dites que sa miséricorde est infinie. Il est vrai qu'elle est infinie; mais ses effets ont leurs limites que sa sagesse leur a marquées. Elle qui a compté les étoiles, qui a borné l'étendue du ciel dans une rondeur finie, qui a prescrit des bornes aux flots de la mer, a marqué aussi la hauteur jusqu'où elle a résolu de laisser croître nos iniquités. Dieu a dit que ses miséricordes n'ont point de mesure ; mais il a dit aussi dans son Évangile : Remplissez la mesure de vos pères^. Il a dit qu'il recevrait tous les pénitents ; mais il a dit aussi à certains pécheurs : Vous mourrez dans votre péché ^. Il a pardonné à l'un des larrons ; mais l'autre a été condamné dans le trône même de miséricorde, à la croix. Il a reçu Madeleine et Pierre ; mais il a fermé ses oreilles aux prières d'Antiochus, il a endurci Pharaon, il a puni d'une mort soudaine le premier péché d'Ananias et de Saphira. Ne croyez pas qu'il nous laisse pécher des siècles entiers. Il faut mettre fin à tous ces désordres ; et il n'y a que ces deux moyens d'arrêter le cours de nos crimes : ou le supplice, ou la pénitence. Si nous ne l'arrêtons une fois par une pénitence fidèle, Dieu sera contraint de l'arrêter par une vengeance implacable. Tu disputes contre Dieu depuis si longtemps à qui emportera le dessus, toi à pécher, lui à pardonner ; ta malice conteste contre sa bonté ; enfin elle te laissera la victoire. Ha ! victoire funeste et terrible, par laquelle

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