‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 124 sur 397 · FRAGMENTS D'UN SERMON DE \ ETURE · texte numérisé non relu

FRAGMENTS D'UN SERMON DE \ ETURE

pour une Postulante Ikrnardine, 1G56.

Les quatre pages qui subsistent de cet important discours ^ présentent une ressemblance absolue avec les deux sermons pour le Jubilé, qu'on vient de lire. Cette ressemblance, au double point de vue de l'écriture et de l'orthographe, est assez exceptionnelle pour qu'on ne puisse douter de la date. Reste à trouver une famille dans laquelle se rencontrent les particularités remarquables, auxquelles l'orateur fait allusion dans son allocution à la Postulante. Apparemment, c'est encore à Dijon qu'il convient de la c-liercher. Les Brulart de Sillery et de La Borde remplissent cet ensemble de conditions, assez difficiles à réunir : ime dynastie de Premiers présidents, où « la pourpre brille de toutes parts », « les croix de Malte », « la majesté des sceaux de France. » D'autre part, l'âge de plusieurs des quatorze enfants de Denis Brulart, marquis de La Borde, rend plausible notre hypothèse. Une seule difficulté subsiste : des sept filles du marquis, Moréri en nomme trois qui se firent religieuses, et il prétend que deux furent Visitandines, et l'autre Carmélite. C'est d'une Bernardine qu'il s'agit ici. Mais on sait combien d'erreurs de détail se sont glissées dans ces immenses répertoires biographiques. Nous proposons donc, non sans quelque réserve, de placer ce discours chez les Bernardines qui, de Tart, une des plus célèbres et des plus anciennes fondations de Cisterciens, à quatre lieues de Dijon, avaient été transférées, en 1623, à Dijon même. (Cl. Courtépée, Descript. htstor. et topogr. du chiche de Bourçfognc, Dijon, 1777, in-8o, t. IL p. 359.)

Si- vos FU'nia llberarerit, vere liberi eritis.

Vous serez vraiment libres, lorsque le Fils vous aura déli- Hvrés. (Joan., viii, 36.)

Encore qu'il n'y ait rien dans le monde que les hommes estiment tant que la liberté, j'ose dire qu'il n'y a rien qu'ils conçoivent moins, et ils se rendent eux-mêmes tous les jours esclaves par l'affectation de l'indépen-

1. Au Grand séminaire de Meaux, évidemment le même texte que la après le discours de 1659. reprise qui en fut faite par Bossuet

2. Il n'y a pas de texte sur ces le 28 août 1G59. 4 pages du ms.: mais ce sermon avait

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dance. Car la liberté qui nous i:)laît, c'est sans cloute celle que nous nous donnons en suivant nos volontés propres. Et, au contraire, nous lisons dans notre évangile que jamais nous ne serons libres jusqu'à ce que le Fils de Dieu nous ait délivrés ; tellement que nous sommes toujours esclaves, tant que nous ne sommes libres que par nous-mêmes. C'est ce que le monde a peine à comprendre; et c'est ce que votre exemple nous montre aujourd'hui, ma très chère Sœur en Jésus-Christ, puisque, renonçant volontairement à la liberté de ce monde, vous venez vous présenter au Sauveur afin d'être son affranchie, et tenir de lui seul votre liberté. Et vous ne refusez pour cela ni la dureté ni la contrainte de cette clôture, vous ressouvenant que Jésus, cet aimable libérateur de nos âmes, afin de nous retirer de la servitude dans laquelle nous gémissions, n'a pas craint de se renfermer ^ lui-même jusques dans les entrailles de la Sainte Vierge, après que l'ange l'eut saluée par ces mots, que nous allons encore lui adresser pour implorer le Saint-Es{)rit par son assistance. [.Ire...] ".

Troisième Point.

. . . Qui ^ pourrait rapporter les lois importunes C[ue le monde s'est imposées? Premièrement il nous accable d'affaires qui consument tout notre loisir, comme si nous n'avions pas nous-mêmes une affaire assez importante, à régler les mouvements de nos âmes. Combien dérobet-il tous les jours aux personnes de votre sexe du temps qu'elles emploieraient à orner leur esprit, par le soiii inutile de parer le corps! Combien de sortes d'occupations a-t-il enchaînées les unes aux autres ! Quel commerce de visites, quels détours de cérémonies a-t-il inventés pour nous tenir dans un mouvement éternel, qui

l.Yar. : a bien voulu se renfer- comprise dans ce fragment, nous

mer; — n'a pas eu horreur de se montrera dans un résumé la division

renfermer. du discours. C'était celle à laquelle

2. Cet avant-propos, cet .Ire, com- l'autem- reviendra dans les deux me disait Bossuet, était écrit à la fin sermons de Vétm'e pour des Postudu discours. Repris avec quelques lantes Bernardines : la vie religieuse modifications en 165!', il s'est trouvé délivre 1° de la servitude du })éché : ainsi conservé, et avec lui la fin du 2" de celle des passions ; ;>" de celle troisième point. du monde.

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