I Cor., VII. ;U. n. 4S
te mihi in fide ^ : Je vous rendrai mon épouse par une inviolable fidélité, par une fidélité réciproque, fide pudicîtiœ conjugalis'. »
Mais ce que je trouve très remarquable, c'est qu'Elisabeth vivant avec son mari, l'Écriture la nomme stérile. Marie, au contraire, fait profession d'une perpétuelle virginité, et la même Écriture, qui ne ment jamais, la fait voir féconde. Voyez la stérilité de la S^y-nagogue, qui d'elle-même ne peut ejigendrer des enfants au ciel; et la divine fécondité de l'Église, de laquelle il est écrit : « Lœtare, sterilis, qux non paris^ : Réjouissez-vous, stérile, qui n'enfantiez point. « Toutefois, Messieurs, la stérile enfante ; Elisabeth a un fils aussi bien que la sainte Vierge : aussi la Synagogue a-t-elle enfanté, mais des figures et des prophéties. Elisabeth a conçu, mais un précurseur à Jésus, une voix qui prépare les chemins ; Marie enfante la Vérité même.
Et admirez ici. Chrétiens, la dignité de la Vierge aussi bien que celle de la sainte Église, par le rapport qu'elles ont ensemble. Dieu engendre son Fils " dans l'éternité par une génération ineffable, autant éloignée de la chair et du sang que la vie de Dieu est éloignée de la vie mortelle. Ce Fils unique, engendré dans l'éternité, doit être engendré dans le temps. Sera-ce d'une manière charnelle ? Loin de nous cette pensée sacrilège ! Il faut que sa génération dans le temps soit une image très pure de sa chaste génération dans l'éternité. Il n'appartenait qu'au Père éternel de rendre Marie féconde de son propre Fils ; puisque ce Fils lui devait être commun avec Dieu, il fallait que Dieu fît passer en elle sa propre fécondité : engendrer le Fils de Dieu ne devait pas être un effet d'une fécondité naturelle ; il fallait une fécondité divine. O incroyable dignité de Marie !
Mais l'Église, le croiriez-vous? entre en partage de cette gloire. Il y a une double fécondité en Dieu, celle de la nature, et celle de la charité c^ui fait des enfants adoptif s : la première est communiquée à Marie ; la seconde est communiquée à l'Église : et c'est, Messieurs, l'honneur de notre ordre, parce que nous sommes établis