Ad Martyr., n. 2. 4. Sap.. xiv
2. Yar. : de tout ce que nous 5. Var. : desquels il ne peut, voyons, — admirons... H. Var. : autant de captifs que de
'6. Gen.. i. 28. sectateurs.
tirer des fers et de l'esclavage ; et la clôture où vous vous jetez n'est pas, comme [p. 3] les hommes se le persuadent, une prison où votre liberté soit contrainte, mais un asile fortifié où votre liberté se défend contre ceux qui s'efforcent de l'opprimer : c'est ce que je me propose de vous faire entendre, avec le secours de la grâce. Mais afin que nous voyions éclater la vraie jouissance de la liberté dans les maisons des vierges sacrées, distinguons, avant toutes choses, trois sortes de captivités dans le monde.
Il y dans le siècle trois lois qui captivent : il y a, premièrement, la loi du péché : après, celle des passions et des convoitises ; et la troisième est celle que le siècle nomme la nécessité des affaires ^ et la loi de la bienséance mondaine.
Et, en i^remier lieu, le péché est la plus infâme des servitudes, où la lumière de la grâce étant toute éteinte, l'âme est jetée dans un cachot ténébreux, où elle souffre de la violence du diable tout ce que souffre une ville prise de la rage d'un ennemi implacable ^ et victorieux. Que les passions nous captivent, il paraît^ par l'exemple d'un riche avare qui ne peut retirer son âme engagée parmi ses trésors, et parce que Dieu défend aux Israélites d'épouser des femmes d'idolâtres, de peur, dit-il, qu'elles n'amollissent leurs cœurs et les entraînent après des dieux étrangers*. Et d'où vient cela, Chrétiens, si ce n'est que les passions ont certains liens invisibles, qui tiennent nos volontés asservies? Mais j'ose dire que le joug le plus empêchant que le monde impose à ceux qui le suivent^, c'est celui de l'empressement des affaires, et la bienséance du monde. C'est là ce qui nous dérobe le temps, c'est là ce qui nous dérobe à nous-mêmes ; c'est ce qui rend notre vie tellement captive, dans cette chaîne continuée de visites, de divertissements, d'occupations qui naissent perpétuellement les unes des autres, que
1 . Bossuet avait d'abord écrit : 3. Les éditeurs croient devoir cor- (( nous la nommerons la loi des af- riger : (C C'est ce qui paraît... » faires, et... ». Il ne veut point faire 4. Luc.,Xll, 20 ; Exod.,xxxiv,16. porter aux enfants de Dieu cette 5. Yar. : à ses sectateurs, — à ses responsabilité. amateurs.