‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 142 sur 397 · De Correpf. et Grat., cap. XII. n. .'i · texte numérisé non relu

De Correpf. et Grat., cap. XII. n. .'i

222 POUR LA VÊTIIRE

tes, par tant de salutaires précautions, on tâche de s'imposer une loi de ne pouvoir plus servir au péché.

[Second Point.]

Voilà la servitude du péché exclue de la vie retirée et religieuse par les observances de la discipline : voyons si elle n'est pas aussi délivrée de celle des passions et des convoitises, par l'exercice de la pénitence. Pour cela, considérons une belle doctrine de saint Augustin, (au V^ livre contre Julien) : AUa quœ per patientiam siistincmit!^, aJia quiv pcr contincntiam rcfrcnomus \ Il y a, dit-il, deux sortes de maux : il y a des maux qui nous blessent, il y a des maux qui nous flattent : les maladies, les passions. Elles nous flattent, et, en nous flattant, elles nous captivent. Ceux-là, nous les devons supporter ; ceux-ci, nous les devons modérer : les premiers, par la patience et par le courage; le [s] second [s], par la retenue et la tempérance. Or, Dieu, c^ui dispose toutes choses par une providence très sage, et qui ne veut pas tourmenter les siens par des afflictions inutiles, a voulu que ces derniers maux servissent de remède pour guérir les autres : je veux dire que les maux qui nous affligent doivent corriger en nous ceux qui flattent. Ils étaient donnés en punition de notre péché ; mais, par la miséricorde divine, ce qui était une peine devient un remède, et « le châtiment du péché est tourné à l'usage de la justice : In usas justitîse peccati pœna conversa est'. )) I^a raison est, que la force de ceux-ci consiste dans le plaisir, et que toute la pointe du plaisir s'émousse par la souft'rance.

C'est pourquoi la mortification dans les cloîtres, où ^ si la chair est contrainte, c'est pour rendre l'esprit plus libre. C'est le rendre plus libre, ciue de brider [p. 8] son ennemi et le tenir en prison tout chargé de chaînes. C'est ce qui fait dire à l'Apôtre'* : Je ne travaille pas en vain, mais je châtie mon corps et je rédim en ser-

1. M,s. : /'er/wii.i... coi'iroincs. — îi. Les éditeurs ont corrigé ainsi Les éditeurs renvoient quelques ce latinisme : <( Et si la chair y est lignes plus bas cette citation. contrainte. ))

2. S. Aug., De Ciril. Dii, lib. XIII, 4. 1 Cor., 1 x . H), 27. cap. IV.

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