Matth., I, 1(). grâces
2. Les éditeurs ajoutent : la lu- .'î. Edit. : de ce béni enfant... mière du genre humain, en qui nous 4. Yar. : devions, sommes comblés de toutes sortes de
main qui répand ;*et il faut ces deux qualités pour faire une parfaite communication. Marie étant la mère de notre Sauveur, sa qualité l'élève bien haut auprès du Père éternel ; et la même JVIarie étant notre mère, son affection la rabaisse jusqu'à compatir à notre faiblesse, jusqu'à s'intéresser à notre bonheur. Par conséquent, il est véritable que la nativité de cette princesse doit combler le monde de joie, puisqu'elle le remplit d'espérance ; et l'explication que je vous propose de ces vérités importantes établira la dévotion à la sainte Vierge sur vme doctrine solide et évangélique.
Premier Point.
Encore que les idées différentes que nous nous formons à nous-mêmes pour nous représenter l'essence divine, ne soient pas une véritable peinture, mais seulement une ombre imparfaite, celle qui semble la plus auguste et la plus digne de cette majesté souveraine, c'est de comprendre la Divinité comme un abîme immense et connue un trésor infini, où toute sorte de perfections sont glorieusement rassemblées. En effet, Dieu porte en son sein tout ce qui peut jamais avoir l'être : toutes les grâces, toutes les beautés que nous voyons semées sur les créatures se ramassent toutes en son unité; et il dit à Moïse, son serviteur \ qu'il lui montrera tout le bien en lui découvrant son essence. C'est que la nature du bien, que nous voyons ici partagée, se trouve totalement renfermée en Dieu. Mais, mes Sœurs, ce n'est pas assez qu'elle j soit ainsi renfermée ; il faut que de cette source infinie il coule quelques ruisseaux sur les créatures; sans quoi il est certain qu'elles de-' meureraient éternellement enveloppées dans la confusion du néant, parce que, n'étant rien par nous-mêmes, nous ne pourrons jamais avoir d'être qu'autant que cette cause première laisse tomber sur nous, pour ainsi parler, quelque rayon ou quelque étincelle du sien. Ainsi, pour produire les créatures, il faut que ce trésor immense, il faut que ce vaste sein de Dieu où toutes choses sont renfermées s'ouvre en quelque sorte et coule
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sur nous. Kt qu'est-ce qui' l'ouvre? C'est la bonté: c'est là son office et sa fonction, d'ouvrir le trésor de Dieu pour le conmiuniquer à la créature ; et, s'il est permis à des hommes de distinguer les devoirs ^ des divers attributs de Dieu, nous pouvons dire avec raison que, comme c'est l'infinité qui renferme en Dieu tout le bien, c'est aussi la bonté qui le communique.
C'est ce qu'il m'est aisé de vous expliquer par une belle division de saint Augustin. Tous ceux qui donnent leur bien aux autres, dit cet admirable docteur, le donnent par l'une de ces trois raisons: ou par une force supérieure qui les y oblige, et ils donnent par nécessité ; ou par quelque intérêt qui leur en revient, et ils le font pour l'utilité; ou par une inclination bienfaisante, et c'est un effet de bonté. Ainsi le soleil donne sa lumière, parce que Dieu lui a posé cette loi ; c'est nécessité. Un grand seigneur répand ses trésors pour se faire des créatures ; il le fait pour l'utilité. Un père donne à son fils, à cause qu'il l'aime ; c'est un sentiment de bonté. Maintenant il est clair, mes Sœurs, que ce ne peut pas" être la nécessité qui oblige Dieu à étendre sur nous sa munificence, parce qu'il n'y a aucune puissance qui le domine ; ni l'utilité, parce qu'il est Dieu, et n'a pas besoin de ses créatures. D'où il résulte que la bonté est l'unique dispensatrice des grâces; que c'est à elle d'ouvrir le trésor de Dieu, et à tirer de son sein immense tout ce que les créatures possèdent^ de bien. C'est pourquoi nous lisons dans les saintes Lettres qu'après la création de cet univers, Dieu, considérant ses ouvrages, se réjouit en quelque sorte de ce qu'ils sont bons : Et erant valde hona^. D'où vient cela, dit saint Augustin "*, sinon qu'il se plaît de voir en ses œuvres l'image de la bonté qui les a produites ? Et de là il s'ensuit manifestement qu'il n'y a que l'amour, en Dieu, qui soit libéral : parce que, comme le propre de cette justice sévère, c'est d'agir avec rigueur, et le propre de la puissance, c'est d'agir avec efficace, ainsi le propre de la bonté, c'est d'agir par un pur amour.