‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 149 sur 397 · Jonn.. V, ly. l.'V ■2.')^! le denii-setier. i · texte numérisé non relu

Jonn.. V, ly. l.'V ■2.')^! le denii-setier. i

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Vierge, considérons-le, Chrétiens, comme un accomplissement nécessaire du mystère de Flncarnation. Suivez, s'il vous plaît, mon raisonnement : il est tiré du divin Apôtre, en cette admirable Ëpître aux Hébreux. C'est une sainte et salutaire pensée de méditer continuellement en nou.s-mêmes, dans l'effusion de nos cœurs, la tendre affection de notre Sauveur pour les hommes, en ce qu'il n'a rien dédaigné de ce qui était de notre nature. Il a tout pris jusqu'aux moindres choses, tout jusqu'aux plus grandes infirmités. Il a bien voulu avoir faim et soif tout ainsi que les autres liommes ; et si vous exceptez le péché, il n'a rejeté de lui aucune de nos faiblesses^. C'est ce qu'il est venu chercher sur la terre; et au lieu de nos infirmités qu'il a prises, il nous a communi(|ué ses grandeurs. Et n'est-ce point, mes Sœurs, jjour cette raison que l'Église inspirée de Dieu appelle l'Incarnation un commerce.'' En effet, dit saint Augustin ', c'est un commerce admirable, où Jésus, ce céleste négociateur, étant venu du ciel en la terre, dans le dessein de trafiquer avec une nation étrangère, qu'at-il fait ? ha ! il nous a apporté les biens qui sont propres à cette céleste patrie, qui est son naturel héritage, la grâce, la gloire, l'immortalité ; et il a pris les choses que cette misérable terre produit, la faiblesse, la misère, la corruption. O commerce de charité ! ô riche commerce ! Ha! combien il devrait élever nos âmes à l'espérance des biens éternels ! Jésus s'est plu dans mon néant, et je ne veux point me plaire dans sa grandeur! son amour lui a fait trouver une douce satisfaction en se revêtant de ma pourriture, et je n'en veux point trouver à me revêtir de sa gloire, et mon cœur aime mieux courir après des délices qui passent et des biens que la mort enlève !

Mais revenons à notre sujet ; et demandons au divin Epoux d'où vient qu'il ne s'est pas contenté de se revêtir de notre nature, et qu'il veut prendre encore nos infirmités. La raison en est claire dans les Écritures : c'est que le dessein de notre Sauveur, dans sa bienheu-

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