Joan., XIX, '20. le.s anciens éditeiu's. — Remarquons
2. Ici encore. Lâchât i donne une en outre que tout ce paragraphe est prétendue note marginale, qui n'a une réminiscence de l'ancien sermon pas moins de dix-sept lignes. Rap- de 'i^avarre (U'iôl) pour le lîosaire pelons qu"il n'y a pas de marge au (t. I, p. 02).
manuscrit. En réalité, c'était un 3. Yar. : donr vous êtes touchée
emprunt au sermon du Scapulairc. si vivement pour moi... ainsi employé en interpolations par
cace sur le cœur de la sainte Vierge que les paroles de Jésus mourant?
.11 ^ me souvient ici de ces mères à qui on déchire les entrailles par le fer pour en arracher leurs enfants et les mettre au monde par violence. Il vous est arrivé quelque chose de semblable, ô bienheureuse" Marie! C'est par le cœur que vous nous avez enfantés, puisque c'est par la charité, cooperata est cantate. Et j'ose dire que ces paroles de votre Fils, qui étaient son dernier adieu, entrèrent en votre cœur ainsi qu'un glaive tranchant et y portèrent jusques au fond, avec une douleur excessive, un amour de mère pour tous les fidèles. Ainsi vous nous avez pour ainsi dire enfantés d'un cœur déchiré par la violence d'une affliction sans mesure, et toutes les fois que les chrétiens paraissent devant vos jeux, vous vous souvenez de cette dernière parole, et vos entrailles s'émeuvent sur nous comme sur les enfants de votre douleur.
Doutez-vous après cela. Chrétiens, quels sont les enfants de la sainte Vierge? qui ne voit que ses véritables enfants, ce sont ceux qu'elle trouve au pied de la croix avec Jésus-Christ crucifié ? Et qui sont ceux-là ? Ce sont ceux qui mortifient en eux le vieil homme, qui crucifient le péché et ses convoitises par l'exercice de la pénitence. Voulez- vous être enfants de Marie? Prenez sur vous la croix de Jésus. C'est ce que vous avez déjà commencé lorsque vous avez renoncé au monde ; mais persévérez dans votre vocation, retranchez tous les jours les mauvais désirs ; et puisque vous avez méprisé le monde, qu'aucune partie de sa pompe ne soit capable de vous attirer ; que le souvenir de ses vanités n'excite (^ue du mépris en vos cœurs. Ainsi, mes Sœurs, vous vous rendrez dignes du glorieux et divin emploi, que la charité vous impose, de travailler au salut des âmes. Il les faut gagner par les mêmes voies que Jésus-Christ se les est acquises : par l'humiliation et par la bassesse, par la pauvreté et par les souffrances, par toute sorte de contradictions. Voyez la bienheureuse Marie : elle engendre les fidèles parmi ses douleurs ; de sorte qu'en méditant
1. Dans le ms., cet alinéa est noté parait pas être de Bossuet. d'une marque au crayon, qui ne 2. Cf. page 234. note 1.
Sermons de Bossuet. — II. IC
aujourd'hui la nativité de la sainte Vierge, songez que, si elle doit être mère des fidèles, c'est par les afflictions et par les douleurs qu'elle les doit engendrer à Dieu ; et croyez que, travaillant au salut des âmes, c'est la mortification et la pénitence qui rendront vos soins fructueux.
Et vous, ô pécheurs, mes semblables, venez au berceau de Marie implorer le secours de cette princesse, invoquer d'un cœur contrit et humilié une mère si charitable ! Mais si vous avez dessein de lui plaire, prenez sur vous la croix de Jésus ; n'écoutez plus le monde qui vous avait précipités dans l'abîme, ni ses charmes qui vous avaient abusés. Déplorez vos erreurs passées ; et qu'une douleur chrétienne efface les fautes que vous ont fait faire tant de complaisances mondaines. Si l'innocence a sa couronne, la pénitence aussi a la sienne. Jésus est venu chercher les pécheurs ; et Marie, tout innocente qu'elle est, leur doit la plus grande partie de sa gloire, puisqu'elle n'aurait pas été la mère d'un Dieu, si le désir de délivrer les pécheurs n'avait invité sa miséricorde à se revêtir d'une chair mortelle.
S'il ^ reste encore quelque dureté, que les larmes de cet enfant l'amollisse [nt].
1. Cette dernière phrase estime ajouté en chaire. — Au dos, on ht: addition : elle semble appeler quel- Varia de la saiiiic Vierge. Xatir. que complément, que l'orateur aura