POFE LA FÊTE DE LA
COXCEPTIOX DE LA SAINTE \ Il^RGE,
s décembre 165fi, à Paris.
Ce sermon ^ est un de ceux qui avaient le plus grand besoin d'être revisés. Deforis avait fait de l'avant-propos une interpola tion pour la fin du premier point. Il avait fondu en une seule deux rédactions successives en plusieurs endroits des deux autres parties ; et la soudure, ici, était opérée si malheureusement qu'on faisait débiter à Bossuet un vrai galimatias entre la seconde et la troisième. Le discours a gardé tous ces défauts dans toutes les éditions. M. Lâchât, au lieu de suivre le m.anuscrit, s"est borné à reproduire les imprimés. Il a seulement ajouté le sommaire de l'auteur, que, cette fois, il transcrit presque sans erreur.
Sommaire- : l^"" point. Des lois et des dispenses (p. 4, ô). Trois choses pour établir une dispense (p. 5, 6) . — Après avoir trouvé Dieu favoralDle dans les dispenses, respectons-le dans les lois
2^ point. La sagesse discerne (p. 10, 11). — Marie discernée (S. Euchcr). Jésus-Christ à elle d'une façon particulière (p. 11). — Jésus-Christ est un bien commim (p. 11).
3^ point. Dieu ne nous prévient qu'afin que nous le prévenions. On ne peut prévenir sa miséricorde, on peut prévenir sa justice, (p. 19.) — Descendre au fond de sa conscience avec un flambeau pour tout éclairer, et un glaive pour couper jusqu'au vif (p. 20).
Fecit mihi niajna qui potcns est.
Le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses. (Luc, i, 49.)
Un ^ célèbre auteur ecclésiastique dit que la majesté de Dieu est si grande qu'il y a non seulement de la
1. Ms. fr. 1282.5. f. 14-27 vo. raison, selon l'nsagede l'auteur. On
2. Ce sommaire (f. 4j, comme la remarquera combien cet avant-proplupart de ceux que Bossuet a rédi- pos préparait adroitement les esprits gés avant de fournir son premier à accepter une vérité <\m n'était pas Carême royal,indique plutôt les pen- encore définie, et on s'étonnera que sées à retenir (pie la suite complète les éditeurs l'aieut relégué dans un du discours. recoin du premier point, où il a été
3. F. 27 yo. au bas. après la péro- maintenu jusqu'à ce jour.
gloire à lui consacrer ses services, mais qu'il y a même de la bienséance à . descendre pour l'amour de lui jusqu'à la soumission de la flatterie : Non tantiun obseqni ei debeo, sed et adulari^. Il veut dire que nous devons tenir tous nos mouvements tellement dans la dépendance des ordres de Dieu que non seulement nous cédions aux commandements qu'il nous fait, mais encore qu'étudiant ■avec soin jusqu'aux moindres signes de sa volonté, nous la prévenions, s'il se peut, par la promptitude de notre ponctuelle obéissance.
Ce que Tertullien dit de Dieu, qui est le Père commun de tous les fidèles, j'ose le dire aussi de l'Église, qui en est la mère. Elle n'emploie ni ses foudres ni ses anathèmes pour obliger ses enfants à confesser que la conception de la sainte Vierge est toute pure et toute innocente ; elle ne met pas cette créance entre les articles qui composent la foi chrétienne : toutefois elle nous invite à la suivre " par la solennité de cette journée. Que ferons-nous ici. Chrétiens? Non tantum obseqid, sed et adidari: n'est-il pas juste, non seulement que nous obéissions aux commandements d'une mère si bonne et si sainte, mais encore que nous fléchissions au moindre témoignage de sa volonté? Disons donc avec confiance que cette conception est sans tache : honorons Jésus- Christ en sa sainte mère ; et croj-ons que le Fils de Dieu a fait quelque chose de particulier en la conception de Marie, puisque cette vierge est choisie pour coopérer ^ par une action particulière à la conception de Jésus... [A te. Maria. ^
[P. 1] Ce que l'Église célèbre aujourd'hui, ce que les prédicateurs enseignent aux peuples, ce que j'espère aussi de vous faire entendre avec le secours de la grâce, touchant la pureté de la sainte Vierge dans sa conception bienheureuse, exerce depuis longtemps les plus grands esprits ; et je ne craindrai pas de vous avouer que, de tous les sujets divers qui se traitent dans les assemblées des fidèles, celui-ci me paraît le plus difficile. Et ce qui m'oblige de parler ainsi, ce n'est pas que je