‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 156 sur 397 · Tertull., Li' jejunih. ii. 13. — 2. Var. : croire · texte numérisé non relu

Tertull., Li' jejunih. ii. 13. — 2. Var. : croire

Ms. : .Xn» tniilum f>hf/-ip(l Dendehea... i>. Var.: contribuer.

prétende imiter l'artifice des orateurs, qui se plaisent d'exagérer, en termes pompeux, la stérilité des matières sur lesquelles leur éloquence travaille, afin d'étaler avec plus d'éclat les richesses de leurs inventions et les adresses de leur rhétorique. Chrétiens, ce n'est pas là ma pensée. Je sais combien il serait indigne de commencer un discours sacré par un sentiment si profane. Mais, ayant dessein de vous faire voir combien pure, combien innocente, combien glorieuse est la conception de Marie, je considère premièrement les difficultés qui s'opposent à cette créance, afin que, les doutes étant éclaircis, la vérité que nous recherchons demeure solidement établie.

Quand je considère, Messieurs \ cette sentence" terrible du divin Apôtre, prononcée généralement contre tous les hommes : Tous sont morts^, tous sont criminels, tous sont condamnes en Adcnn'^, je ne sais quelle exception on peut apporter à des paroles si peu limitées. Mais ce qui me fait connaître plus évidemment combien cette malédiction est universelle, ce sont trois expressions ' différentes, par lesquelles le malheur de notre naissance nous est représenté dans les saintes Lettres. Elles nous disent premièrement qu'il y a une loi suprême, qu'elles nomment la loi de mort ; qu'il y a un arrêt de condamnation donné indifféremment contre tous, et que, pour y être soumis, [p. 2] il suffit de naître ; qui s'en pourra exempter? Secondement elles nous apprennent qu'il y a un venin caché *^ et imperceptible, qui, prenant sa source en Adam, se communique ensuite à toute sa race, par une contagion également funeste et inévitable, qui est appelée par saint Augustin, « contogium mortis antiquse: la contagion de la mort' ;» et c'est ce qui fait dire à ce même saint que toute la masse du genre humain est entièrement infectée : qui

1. Remarquons le mot Messieur.--, .'i. II Coi'., v. 14. «nie Bossnet n'employait pas en pro- 4. Rom., v. 12, 16.

vince. Ici. c'est même une correc- ô. Var. : Mais afin de connaître

tion. à laplace de FiA'fo. queThabi- mieux combien cette malédiction

tude ramenait sous sa plume, et qui est universelle, remarquons trois

lui échappera encore une fois ou expressions,

deux dans son discours. 6. Var. : secret.

2. Var. : Ecoutons donc avant 7. L'expression est de saint Jérôtoutes choses cette .sentence... me, AJv. Pelag., III, 18.

pourra trouver un préservatif contre un poison si subtil et si pénétrant ? Mais disons, en troisième lieu, que tous ceux qui respirent cet air malin contractent nécessairement en eux-mêmes une tache qui les déshonore ^, qui efface en eux l'image de Dieu, qui les rend, comme dit saint Paul ", naturellement enfants de colère. Naturellement ! écoutez ! Comment peut-on prévenir un mal qui, selon le sentiment de l'Apôtre, nous est depuis si longtemps passé en nature ?

Voilà quelles sont les difficultés qui s'opposent au dessein que j'ai médité, de vous faire voir aujourd'hui que la conception de la sainte Vierge est toute piu^e et toute innocente. Je sais qu'il est malaisé de les surmonter, et qu'elles ont ému ^ plusieurs grands esprits, dont l'Église ne condamne pas les opinions. Mais enfin, quelque doute que l'on me propose, je ne puis abandonner au péché la conception de cette princesse, qui doit être en toute façon si privilégiée. Voyons si nous les pourrons ^ éclaircir.

Il est vrai qu'il y a une loi de mort qui condamne tous ceux qui naissent ; mais on dispense des lois les plus générales en faveur des personnes extraordinaires. Il y a une vapeur maligne et contagieuse qui a infecté tout le genre humain ; mais on trouve quelquefois moyen de s'exempter de la contagion, en se séparant. Il y a une tache héréditaire qui nous rend naturellement ennemis de Dieu ; mais la grâce peut prévenir la nature. Suivez, s'il vous plaît, ma pensée. Contre la loi, il faut dispenser ; contre la contagion, il faut séparer ; contre un mal naturel, il faut prévenir. De sorte que je me propose de vous faire voir Marie dispensée, Marie séparée, Marie prévenue : dispensée de la loi commune, séparée de la contagion universelle ^, prévenue par la grâce contre la colère qui nous poursuit dès notre origine. Pour la dispenser de la loi, j'ai recours [p. 3] à l'autorité souveraine qui s'est tant de fois déclarée pour elle; pour la séparer de la masse, j'appelle au secours

1. Var. : que tous ceux qui sont ii. Yar. : éliranlé. — Edit. : ont frappés de cet air malin attirent né- ébranlé, ému.

cessairemeut en eux-mêmes une 4. Edit. : si nous les pouvon.«

tache qui les défigure. éclaircir. (Faute de lecture.)

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