‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 158 sur 397 · Var. : sans lequel. 3. Cf. plus haut. p · texte numérisé non relu

Var. : sans lequel. 3. Cf. plus haut. p

•2. Luc, 1,49.

Premier Point.

On pourrait douter, Chrétiens, si la souveraineté paraît davantage, ou dans l'autorité de faire des lois auxquelles des [p. 4] peuples entiers obéissent, ou dans la puissance qu'elle se réserve d'en dispenser sagement, suivant la nécessité des affaires. Et il semble premièrement que la dispense, en s'éloignant du cours ordinaire, ait quelque chose de plus relevé, et témoigne plus d'indépendance. Car, comme il n'est point dans le monde de majesté pareille à celle des lois, et que le pouvoir de les établir est le droit le plus auguste et le plus sacré d'une monarchie absolue, ne peut-on pas dire avec raison que celui qui dispense des lois, faisant céder leur autorité à la sienne propre, s'élève par ce moyen en quelque façon au-dessus de la souveraineté même? C'est pourquoi Dieu fait des miracles, qui sont comme des dispenses des lois ordinaires, pour montrer plus sensiblement sa toute-puissance. Et par là, il semble évident que la marque la plus certaine de l'autorité, c'est de pouvoir dispenser des lois. D'autre part, les raisons ne sont pas moins fortes pour prouver^ qu'elle consiste principalement dans le droit de les établir. Pour cela, il faut remarquer que la loi s'étend sur tous les sujets, et que la dispense est restreinte à peu de personnes. Si la dispense s'étendait à tous, elle perdrait le nom de dispense, et ferait un changement de la loi. Maintenant je vous demande. Messieurs, si la puissance la moins limitée n'est pas aussi la plus absolue ; s'U ne paraît pas plus d'autorité à faire des lois sous lesquelles un million d'hommes fléchisse, qu'à en dispenser cinq ou six par des raisons particulières. Et ensuite ne doit-on pas dire que la puissance se fait mieux connaître par un établissement arrêté, tel qu'est sans doute celui de la loi, que par une action extraordinaire, comme est celle de la dispense ?

Pour accorder tout ce différend, disons que le caractère de l'autorité reluit^ également dans l'un et dans l'autre. Car, comme dit très bien saint Thomas, on peut

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