‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 159 sur 397 · Var. : montrer. 2. Var. : paraît · texte numérisé non relu

Var. : montrer. 2. Var. : paraît

considérer dans la loi le commandement ^ [p. 5] général et l'application particulière. Par exemple, dans cette ordonnance d'Assuérus, tous les Juifs sont condamnés à mort : voilà le commandement général. L'application particulière : Esther y sera-t-elle comprise ? Ce commandement général fait l'autorité de la loi, et c'est sur l'application particulière que peut intervenir la dispense. Comme donc il appartient au même pouvoir qui établit les règlements généraux, de diriger l'application qui s'en fait sur tous les sujets particuliers, il s'ensuit que faire les lois, donner les dispenses sont des appartenances également nobles de l'autorité souveraine, et qu'elles ne peuvent être séparées.

Ces maximes étant établies", venons maintenant à notre sujet. Vous m'opposez une loi de mort prononcée contre tous les hommes. Vous me dites que d'y apporter quelque exception, quand ce serait en faveur de la sainte Vierge, c'est violer l'autorité de la loi. Et moi, je vous réponds au contraire, selon les principes que j'ai posés ^, que, la puissance du législateur ayant deux parties, ce n'est pas moins violer son autorité de dire qu'il ne puisse pas dispenser dans l'application particulière, que de dire qu'il ne peut pas ordonner par un commandement général. Parlons encore plus clairement. Saint Paul assure en termes formels que tous les hommes sont condamnés^. Je ne m'en étonne pas. Chrétiens. Il regarde l'autorité de la loi, qui, d'elle-même, s'étend sur tous ; mais il n'exclut pas les réserves que peut faire le souverain, ni les coups d'une puissance absolue. En vertu de l'autorité de la loi, j'avoue que Marie était condamnée, ainsi que le reste des hommes ; et c'est par les grâces, c'est par les réserves, c'est par la puissance du souverain, que je dis qu'elle a été dispensée.

Mais, direz-vous, abandonner aux dispenses la sacrée majesté des lois, c'est énerver toute leur vigueur. Il est vrai, si cette dispense n'est accompagnée de trois choses, que je vous prie de remarquer : qu'elle se [p. 6] donne pour une personne éminente, que l'on soit fondé

1. Edit. : deux choses, le com- ;>. Var. : établis, mandement... 4. Rom., v, 18.

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