Ps. Tiii, 6. 3. Correction de date postérieure
2. Tout ce passage était d'abord (vers 1668) : * « en l'état malheusous forme d'apostrophe : « Ha ! reux où le péché l'a réduite. » Seigneiu-. descendez encore... ))
déjà expliqué, courez à cet enfant nouvellement né, vous y trouverez... — Qu'y trouverons-nous r — Une nature semblable à la vôtre, des infirmités telles que les vôtres, des misères au-dessous ^ des vôtres. Et hoc vobis signiim : reconnaissez à ces belles marques qu'il est le Sauveur qui vous est promis. — Est-il bien vrai ? le pourrons-nous ~ croire ? Quoi ! les bassesses du Dieu incarné, sont-ce des marques certaines qu'il est mon Sauveur? — Oui, Fidèle, n'en doute pas; et en voici les raisons solides, qui feront le sujet de cet entretien. Ta nature était tombée par ton crime, ton Dieu l'a prise pour la relever ; tu languis au milieu des infirmités, il s'y est assujetti pour les guérir ; les misères du monde t'effraient, il s'y est soumis pour les surmonter et rendre toutes ses terreurs inutiles. Divines marques, sacrés caractères par lesquels je reconnais mon Sauveur, que ne puis-je vous expliquer à ce peuple ^ avec les sentiments que vous méritez ! Du moins efforçons-nous de le faire, et commençons à montrer dans ce premier point que Dieu prend notre nature pour la relever.
[Premier Point]
Pour comprendre solidement de quelle sorte "* le Fils de Dieu nous a relevés, je vous prie de considérer cette proposition que j'avance, qu'en prenant la nature humaine, il nous rend la liberté d'approcher de Dieu, que le péché nous avait ôtée. C'est là le fondement du christianisme, qu'il est nécessaire que vous entendiez, et que je me propose aussi de vous expliquer. Pour cela, remarquez, Fidèles, une suite étrange de notre ruine ^ : c'est que, depuis cette malédiction qui fut prononcée contre nous après le péché, il est demeuré dans l'esprit des hommes une certaine frayeur des choses divines, qui [p. 4] non seulement ne leur permet pas d'approcher
1. Souligné au manuscrit; peut- 4. Édit. : de quelle chute. — Bosêtre qu'en se relisant, l'auteur vou- suet abandonne avec raison ce mot lait trouver ici encore un adjectif. pour revenir à de quelle foiie. car le
2. E lit. : le pouvons-nous croire ? sujet du discours n'est pas de mon-
3. Correction, pour un auditoire trer notre chute, mais notre relèvede Paris : * « à cette audience. » ment.
(Cf. p. 277.) h. Var. : chute.
de Dieu avec confiance % mais encore qui les épouvante devant tout ce qui paraît de surnaturel. Les exemples en sont communs dans les saintes Lettres'. Le peuple, dans le désert, appréhende d'approcher de Dieu, de peur qu'il ne meure '. Les parents de Samson disent: Nom mourrons de mort, car )ious avons vu le Seigneur'''. Jacob, après cette vision admirable, crie tout effrayé : Que ce lieu est terrible, vraiment c'est ici la maison de Dieu ! ^ Malheur à moi ! dit le prophète Isaïe, car j'ai vu le Seigneur des armées'^. Tout est plein de pareils exemples. Quel est, Fidèles, ce nouveau malheur qui fait trembler un si grand prophète? Quel malheur d'avoir vu Dieu? Et que veulent dire tous ces témoignages, et tant d'autres que nous lisons dans les Écritures? C'est qu'elles veulent nous exprimer la terreur qui saisit naturellement tous les hommes en la présence de Dieu, depuis que le péché est entré au monde.
Quand je recherche les causes d'un effet si extraordinaire, et que je me demande à moi-même d'où vient que les hommes s'eff'ra3'ent de Dieu, il s'en présente à mon esprit deux raisons qui vont apporter de grandes lumières au mystère de cette journée. La première cause, c'est l'éloignement ; la seconde, c'est la colère. Expliquons ceci. Dieu est infiiiiment éloigné de nous ; Dieu est irrité contre nous. Il est infiniment éloigné de nous par la grandeur de sa nature ; il est irrité contre nous par la rigueur de sa justice, parce que nous sommes pécheurs. Cela produit deux sortes de craintes : la première vient de l'étonnement, elle naît de l'éclat de la majesté; l'autre, des menaces. Ha! je vois trop de grandeur, trop de majesté : une crainte d'étonnement me saisit, il est impossible que j'en approche. Ha! je vois cette colère qui me poursuit ; ses menaces me font trembler, je ne puis supporter l'aspect de cette majesté irritée: si j'approche, je suis perdu. Voilà les deux craintes ; la première causée par l'étonnement de la majesté, la seconde par les menaces de la justice et de la
L Var. : d'approcher avec cou- 3. Kxod., xx, 19.
fiance de cette majesté souveraine. 4. Judic, xiii. 22.