Tit., II. IL tombent, et toute la nature est émue
2.'Ibid.^ III, 4. — Ms. : Apparuit 4. Acîv. Jlardon., lib. IL n. 27.
ffratia et henignitas... 5. Is., IX, tî. 3. Var. : devant laquelle les anges
ces; hé Dieu! qu'ont de commun [p. 9] avec toi ces passions brutales qui régnent dans les animaux? Qu'ont de commun avec toi les choses mortelles depuis que tu es si cher à ton Dieu, qu'en prenant miséricordieusement ce que tu es, il te donne si abondamment ^ ce qu'il est lui-même? Dieu veut agir en homme, dit Tertullien, « afin que [l'homme] apprenne à agir en Dieu : Ut hoinq divine agere doceretur^ . » Et cet honnne, que^ Jésus enseigne à prendre des sentiments tout divins, attache tous ses désirs à la terre, comme s'il devait mourir ainsi que les bêtes ! Ha ! portons plus haut nos pensées ; considérons la gloire de notre nature si heureusement rétablie. Si la nature est relevée, il faut que les actions soient plus nobles. Rendons grâces au Père éternel par Notre-Seigneur Jésus-Christ de ce que, voulant* nous sauver, il n'a pas choisi les moyens qui étaient les plus plausibles selon le monde, mais les plus propres à toucher les cœurs ; ni ce qui semblait plus digne de lui, mais ce qui était le plus utile pour nous ^ . Quand j'entends les libertins qui nous disent que tout ce qu'on raconte du Verbe incarné, c'est une histoire indigne d'un Dieu, que je déplore leur ignorance ! Toutefois, que cela soit indigne de Dieu, je ne le veux pas contredire ; mais que Tertullien répond à propos : « Tout ce qui est indigne de Dieu est utile pour mon salut ! Quodcumque Deo indignum est, mihi expedit '^. » Et dès là qu'il est utile pour mon salut, il devient digne même de Dieu ; parce qu'il n'est rien plus digne de Dieu que d'être libéral à sa créature, « il n'est rien plus digne de Dieu que de sauver l'homme : Nihil enim tam dignum Deo quam scdus homims\ » Et que l'on peut facilement renverser toutes leurs vaines oppositions! Car enfin, quelque indignité que l'on s'imagine dans le mystère du Verbe fait chair. Dieu n'en est pas moins grand, et il nous relève ; Dieu ne s'épuise pas, et
1. Var. : si libéralement. [de tous] les moj'ens par lesquels il