‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 183 sur 397 · Uhi supra. aurait pu nous sauver, il a voulu · texte numérisé non relu

Uhi supra. aurait pu nous sauver, il a voulu

3. Var. : Et celui que... choisir celui qui nous assure le plus

4. Passage remanié à plusieurs sa miséricorde, qui appuie le mieux reprises. La vraie leçon est au bas notre espérance, qui enflamme le de la feuille, sauf une correction sur plus fortement notre amour.

la rédaction primitive. (>. De Carn. Cfiristi, n. 5.

ô. Première rédaction : de ce que. 7. Adv. Marcinn.. lib. II, n. 27.

il nous enrichit ; quand il se fait homme, il ne perd pas ce qu'il est, et il nous le communique ; par là il témoigne son amour, et il conserve sa dignité. Est-il rien ^ plus digne de Dieu qu'un si grand ouvrage? Mais je n'ai pas entrepris, Messieurs, de combattre les libertins ; il faut édifier les fidèles : revenons à notre dessein ; el après que nous [avons] vu la nature si glorieusement relevée, voyons encore guérir ses infirmités par celles qu'a prises le Fils de Dieu et que nous remarquons dans ses langes. C'est ma seconde partie.

[Second Point.]

[P. 10] Si je vous donne les langes du Fils de Dieu comme un signe pour reconnaître les infirmités qu'il a prises avec la nature, je ne le fais pas de moi-même ; mais je l'ai appris de Tertullien, qui nous l'explique très éloquemment par une pensée qui mérite bien nos attentions. Il dit que « les langes du Fils de Dieu sont le commencement de sa sépulture : Pannis jam fiepiilturae involucrum initiaiiis ^ . » En effet ne paraît-il pas un certain rapport entre les langes et les draps de la sépulture? On enveloppe presque de même façon ceux qui naissent et ceux qui sont morts, le berceau a quelque idée d'un sépulcre, et c'est la marque de notre mortalité qu'on nous ensevelisse en naissant. C'est pourquoi Tertullien voyant le Sauveur couvert de ses langes, il se le représente comme enseveli ; il reconnaît en sa naissance le commencement de sa mort : Pannis jam sepiilturae involucrum initiatus. Suivons l'exemple de ce grand homme ; et, après avoir vu en notre Sauveur la nature hmnaine par le mot d'enfant, considérons la mortalité dans ses langes, et avec la mortalité toutes les infirmités qui la suivent. C'est la seconde partie de mon texte, qui est enchaînée avec la première par une liaison nécessaire. Car, après que le Fils de Dieu s'était revêtu de notre nature, c'était une suite infaillible qu'il en prendrait aussi les infirmités. Ce ne sera pas moi. Chrétiens,

1. Addition interlinéaire inache- Tout ce passage est altéré dans les vée : (.( Voyez donc que si Dieu prend éditions, notre nature pour la relever,.. ï> — 2. Adv. Marcion.^ lib. lY. n. '21.

qui VOUS expliquerai un si grand mystère ; il faut que je vous fasse entendre en ce lieu le plus grand théologien de l'Église : c'est l'incomparable saint Augustin. J'ai choisi ce qu'il en a dit dans cette épître admirable à \ olusien \ parce que, dans mon sentiment, l'antiquité n'a rien de si beau ni de si pieux tout ensemble sur cette matière ".

Puisque Dieu avait bien voulu se faire homme, il était juste qu'il n'oubliât rien pour nous faire sentir cette grâce; et pour cela, dit saint Augustin, il fallait qu'il prît les infirmités par lesquelles la vérité de sa chair est si clairement confirmée ; et il vous va éclaircir ce qu'il vient de dire ^ par cette belle réflexion. Toutes les Écritures nous prêchent, dit-il, que le Fils de Dieu n'a pas dédaigné la faim, ni la soif, ni les fatigues, ni les sueurs, ni toutes les autres incommodités d'une chair mortelle. Et néanmoins, remarquez ceci, [p. 11] un nombre infini d'hérétiques qui faisaient profession de l'adorer, mais qui rougissaient en leurs ca^urs de son Évangile, n'ont pas voulu reconnaître en lui la nature humaine. Les uns disaient que son corps était un fantôme ; d'autres, qu'il était composé d'une matière céleste ; et tous s'accordaient à nier qu'il n'avait pas pris la nature [humaine]. D'où vient cela. Chrétiens? C'est qu'il paraît incroyable qu'un Dieu se fasse homme; et plutôt que de croire une chose si difficile, ils trouvaient le chemin plus court de dire qu'en effet il ne l'était pas, et qu'il n'en avait que les apparence[s]. Suivez, s'il vous plaît, avec attention : ceci mérite d'être écouté. Que serait-ce donc, dit saint Augustin, s'il fût tout à coup descendu des cieux, s'il n'eût pas suivi les progrès de l'âge, s'il eût rejeté le sommeil et la nourriture? N'aurait-il pas lui-même confirmé l'erreur? N'aurait-il pas semblé qu'il eût en quelque sorte rougi de s'être fait homme, puisqu'il ne le paraissait qu'à demi? N'aurait-il pas effacé dans tous les esprits la créance de sa bienheureuse Incarnation, qui fait toute notre espérance? Et ainsi, dit saint Augustin (que c^s paroles

Page 1