‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 184 sur 397 · Epifl. cxxxvii. n. 8 et 9. que nou? traitons · texte numérisé non relu

Epifl. cxxxvii. n. 8 et 9. que nou? traitons

1. Var. : sur la matière que nous 3. Var. : C'est ce que saint Augus-

traitons. — Edit. : sur cette matière tin éclaircit ensuite...

sont belles!), « en faisant toutes choses miraculeusement, il aurait lui-même détruit ce qu'il a fait miséricordieusement : Et dum omnia mirahiliter facit, auferret quod misericorditer fecit^. »

En effet, puisque mon Sauveur était Dieu, il fallait certainement qu'il fît des miracles; mais, puisque mon Sauveur était homme, il ne devait pas avoir honte de montrer de l'infirmité, et l'ouvrage de la puissance ne devait pas renverser le témoignage de la miséricorde. C'est pourquoi, dit saint Augustin, il fait de grandes choses, il en fait de basses ; mais il modère tellement toute sa conduite, « qu'il relève les choses basses par les extraordinaires, et tempère les extraordinaires par les communes : Ut solita suhlimaret insolitis, et insolita solitis temperaret ~. « Confessez que tout cela est bien soutenu. Je ne sais si je le fais bien entendre. Il naît, mais il naît d'une vierge ; il mange, mais, quand il lui plaît, il commande aux anges de servir sa table ; il dort, mais pendant son sommeil il empêche la barque de couler à fond ^ ; il marche, mais, quand il l'ordonne, l'eau devient ferme sous ses pieds ; il meurt, mais en mourant il met en crainte toute la nature. Voyez qu'il tient partout un milieu si juste, qu'où il paraît en homme, il nous sait bien montrer qu'il est Dieu ; où il se déclare Dieu, il fait voir aussi qu'il est homme, [p. 12] et l'économie est si sage, la dispensation si prudente, c'està-dire toutes choses sont tellement ménagées, que la divinité paraît tout entière, et l'infirmité tout entière. Cela est admirable.

Mais il me semble que vous m'arrêtez pour me dire : Il est vrai, nous le voyons bien ; Jésus a ressenti nos infirmités, mais nous attendons autre chose : vous nous avez promis de nous faire voir que ses faiblesses guérissent les nôtres, c'est ce qu'il faut que vous expliquiez. — Eh ! ^ n'en êtes-vous pas encore convaincus? Ne suffitil pas. Chrétiens, d'avoir remarqué nos infirmités en la personne du Fils de Dieu, pour en espérer de lui le remède? « Et hoc vobis sîgnum: Voilà le signe que l'on

1. Epist. cxxxvii, n. 9. — Ms. : 3. Yav. : d'être renversée. — sub- Ac diuti... - Biergée.

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