Hebr., x, 2'.l 4. Edit. : aucun relâche. — Nous
'2. Var. : plur^ tendre. avons déjà vu que Bossuet faisait ce
•'5. Rom., VII, 8. On dit aujour- mot du féminin. il'hui : la concupiscence.
laisse pas de combattre. Dans un combat si long, si opiniâtre, l'ennemi nous attaquant de si près, si nous donnons des coups, nous en recevons : « Percutimus et pcrcittlmur, dit saint Augustin ^ : en blessant, nous sommes blessés » ; et encore que, dans les saints, ces blessures soient légères, et que chacune en particulier n'ait pas assez de malignité pour leur faire perdre la vie, elles les accableraient ~ par leur multitude, s'ils n'y remédiaient par la pénitence.
Ha ! quel déplaisir à une âme vraiment touchée de l'amour de Dieu, de sentir tant de répugnance à faire ce qu'elle aime le mieux ! Combien répand-elle de larmes, agitée en elle-même de tant de diverses affections qui la sépareraient de son Dieu, si elle se laissait emporter à leur violence ! C'est ce qui afflige les saints : de là, leurs plaintes et leurs pénitences ; de là, cette sainte haine qu'ils ont pour eux-mêmes ; de là, cette guerre cruelle et innocente qu'ils se déclarent. Imaginez-vous, Chrétiens, qu'un traître ou un envieux tâche de vous animer par de faux rapports contre vos amis les plus alfidés. Combien souffrez-vous de contrainte, lorsque vous êtes en sa compagnie ! Avec quels yeux le regardez-vous, ce perfide, ce déloyal, qui veut vous ravir ce que vous avez de plus cher ! Et quels sont donc les transports des amis de Dieu, sentant l'amour-propre en eux-mêmes, qui, par toutes sortes de flatteries, les sollicite de rompre avec Dieu! Cette seule pensée leur fait horreur. C'est elle qui les arme contre leur propre chair : ils deviennent inventifs à se tourmenter.
Regardez, Fidèles, regardez le grand et l'incomparable François de Paule. O Dieu éternel ! que dirai-je, et par où entrerai-je dans l'éloge de sa pénitence? qu'adrairerai-je le plus, ou qu'il l'ait si tôt commencée, ou qu'il l'ait fait durer si longtemps avec une pareille vigueur? Sa tendre enfance l'a vue naître, sa vieillesse la plus décrépite ne l'a jamais vue relâchée. Par l'une de ces entreprises, il a imité Jean-Baptiste ; et par l'autre, il a égalé les PauP, les Antoine, les Hilarion.