‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 193 sur 397 · Var. : une. 4. Joan., xx · texte numérisé non relu

Var. : une. 4. Joan., xx

tection de Marie ; et vous êtes persuadés que les véritables enfants de Dieu se reconnaissent aussi les enfants de la Vierge. Si bien que je me sens obligé, afin d'échauffer en vos cœurs la dévotion de Marie, de rechercher par les saintes Lettres de quelle sorte elle est unie au Père éternel, pour être mère de tous les fidèles. Toutefois, je n'ose pas entreprendre de résoudre cette question de moi-même ; mais il me semble que saint Augustin nous donne une admirable ouverture pour connaître parfaitement cette vérité \ Écoutez les paroles de ce grand évêque, dans le livre qu'il a composé de la sainte Mrginité : c'est là que, parlant admirablement de la très heureuse Marie, il nous enseigne que, « selon la chair, elle est la mère de Jésus-Christ ; et aussi, que, selon l'esprit, elle est la mère de [p. 6] tous ses membres : Carne mater [capitîs^ ~ nostri, spiritu mater memhrorum ejus » ; parce que, poursuit ce grand homme, « elle a coopéré, par sa charité, à faire naître en l'Église les enfants de Dieu ; quui cooperata est charitate, ut fiJii Dei nascerentiir in Ecclesia^. » Vous voyez la question décidée ; et saint Augustin nous dit clairement que Marie est mère de tous les fidèles, parce qu'elle les engendre par la charité. Suivons donc les traces que nous a marquées cet incomparable docteur, et expliquons, par les Écritures, cette fécondité bienheureuse, par laquelle nous sommes nés de la charité de Marie.

Pour cela, il nous faut entendre qu'il y a deux fécondités : la première, dans la nature ; la seconde, dans la charité. Il est inutile de vous expliquer quelle est la fécondité naturelle, qui se montre assez tous les jours par cette éternelle multiplication qui perpétue toutes les espèces par la bénédiction de leur Créateur. INlais, après avoir supposé la fécondité naturelle, faisons voir par les saintes Lettres que non seulement la nature, mais encore que la charité est féconde. Et qui peut ne voir pas cette vérité, entendant le divin Apôtre lorsqu'il dit si tendrement aux Galates : « Mes petits enfants, que j'enfante

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