Var. : grandes. — belles
qui paraît dans ses écrits admirables, et tant d'autres sujets illustres qui rempliraient d'abord vos esprits de nobles et magnifiques idées, je me réduis à vous faire voir les infirmités de ce grand Apôtre, et si c'est sur ce seul objet que je vous prie d'arrêter vos yeux. Ce qui m'a porté à ce choix, c'est que, devant vous prêcher saint Paul, je me suis senti obligé d'entrer dans l'esprit de saint Paul lui-même et de prendre ses sentiments. C'est pourquoi l'ayant entendu nous prêcher avec tant de zèle qu'il ne se glorifie que dans ses faiblesses, et que ses infirmités font sa force : Cuin cnim infirmor, tune potcns .Si//??, je suis les mouvements qu'il m'inspire, et je médite son panégyrique, en tâchant de vous faire voir ces faiblesses toutes-puissantes par lesquelles il a établi l'Église, renversé la sagesse humaine et captivé tout entendement sous l'obéissance de Jésus-Christ.
Entrons donc, avant toutes choses, dans le sens de cette parole, et examinons les raisons pour lesquelles le divin Paul ne se croit fort que dans sa faiblesse. C'est ce qu'il m'est aisé de vous faire entendre. Il se souvenait. Chrétiens, de son Dieu anéanti pour l'amour des hommes ; il savait que si ce grand monde et ce qu'il enferme en son vaste sein est l'ouvrage de sa puissance, il avait fait un monde nouveau, un monde racheté par son sang et régénéré par sa mort, c'est-à-dire sa sainte Église, qui est l'œuvre de sa faiblesse. C'est ce C|ue regarde saint Paul ; et, après ces grandes pensées, il jette aussitôt les yeux sur lui-même. C'est là qu'il admire sa vocation : il se voit choisi dès l'éternité pour être le prédicateur des Gentils ; et comme l'Église doit être formée de ces nations infidèles dont il est ordonné l'apôtre, il s'ensuit manifestement qu'il est le principal coopérateur de la grâce de Jésus-Christ dans l'établissement de l'Église.
Quels seront ses sentiments, Chrétiens, dans une entreprise si haute, où la Providence l'appelle? L'exécutera-t-il par la force? Mais, outre que la sienne n'y peut pas suffire, le Saint-Esprit lui a fait connaître que la volonté du Père céleste, c'est que cet ouvrage divin soit soutenu par l'infirmité: Dieu, dit-iP, a choisi ce