Yar. : étranges. l'nmus
S. II Cor., XI, 2S. ti. Matth., xx, 28.
PANÉ(iYIUQ[iK DE SAINT PAIL. 321
c'eut pourquoi il ne gouverne pas les fidèles en leur faisant supporter le joug d'une autorité superbe et impérieuse, mais il les gouverne pai* la charité, en se faisant infirme avec eux : Foetus suui infînnis infinmis, et se rendant serviteur de tous : Omnium me sei'cum feei\ Il est donc infirme partout, soit ([u'il prêche, soit qu'il combatte, soit qu'il gouverne le peuple de Dieu par l'autorité de l'apostolat; et ce qui est de plus a(hnirable, c'est qu'au milieu de tant de faiblesse, il nous dit d'un ton" fie victoj'ieux qu'il est fort, c[u'il est puissant, (|u'il est invinci!)le : Cum cnim infinnor, t}(ue pot eus su m.
Ha! mes Frèi'es, ne voyez-vous {)as la raison ({ui lui donne cette hardiesse? ("est qu'il sent qu'il est le ministre de ce Dieu (jui, se faisant faible, n'a jias perdu sa toute-puissance. Plein de cette haute pensée, il voit sa faiblesse au-dessus de tout '. Il croit que ses })rédications persuaderont, parce qu'elles n'ont point de force pour persuader ; il croit qu'il surmontera dans tous les combats, parce fju'il n'a point d'armes [)our se défendre ; il croit ([u'il pourra tout sur ses frères dans l'ordre du gouvernement ecclésiastique, parce qu'il s'abaissera à leiu's pieds et se iviuha l'esclave de tous par la servitude de la charité. Tant il est vrai (jue dans toutes choses il est puissant en ce ([u'il est faible, puisqu'il met la force de persuader dans la simplicité du discours, puisqu'il n'espère vaincre qu'en souffrant, imisqu'il fonde sur sa servitude toute l'autorité de son ministère ! \ oilà. Messieurs, trois infirmités, dans lesquelles je prétends nionti-er la })uissance du divin Apôtre : soyez, s'il vous plaît, attentifs, et considérez dans ce premier point la faiblesse victorieuse de ses ])rédications toutes simples.
Premier Point.
Je ne puis assez exprimer combien grand, combien admirable est le sj)ectacle ([ue je vous ])répare dans cette ))remière partie. Car ce que les plus grands hommes de l'antifpiité ont souvent désiré ' de voir, c'est ce que je