I Cor.. II
veilleuse faiblesse qui accompagne la prédication, est une suite de l'abaissement par lequel mon Sauveur s'est anéanti ; et comme il a été humble ' en sa persomie, il veut l'être encore dans son Évangile.
Admirable pensée de l'Apôtre, et digne certainement trêtre méditée ! Mettons-la donc dans un plus grand jour, et supposons' avant toutes choses que le Fils éternel de Dieu avait résolu de paraître aux hommes en deux différentes manières. Premièrement il devait paraître dans la vérité de sa chair ; secondement il devait paraître dans la vérité de sa parole. Car, comme il était le sauveur de tous, il devait se montrer à tous. Par conséquent, il ne suffit jias qu'il paraisse en un coin du monde, il faut qu'il se montre par tous les endroits où la volonté de son Pèi'e lui a ]iréparé des fidèles ; si bien cjue ce nîême Jésus, qui n'a paru que dans la Judée par la vérité de sa chair, sera porté par toute la terre par la vérité de sa parole.
C'est pourquoi le grand Origène n'a pas craint de nous assurer que la parole de l'Évangile est une espèce de second corps que le Sauveur a pris pour notre salut : Pfinis quel)} Donriniis corpus suum esse dîcit, verhum est iiutritorium an'nuarum'\ Qu'est-ce à dire, ceci. Chrétiens? et quelle ressemblance a-t-il pu trouver entre le corps de notte Sauvevn- et la parole de son Évangile? Voici le fond de cette pensée : c'est que la Sagesse éternelle, qui est engendrée dans le sein du Père, s'est rendue sensible en deux sortes. Elle s'est rendue sensible en la chair qu'elle a prise au sein de Marie, et elle se rend encoi-e sensible par les Ecritures divines et par la parole de l'Évangile: tellement que nous pouvons dire que cette parole et ces Écritures sont comme un second corps qu'elle prend pour paraître encore à nos yeux. C'est là, en effet, que nous la voyons : ce Jésus qui a conversé avec les apôtres, vit encore pour nous dans son Évangile, et il y répand encore poui- notre salut la parole de vie éternelle^.