The>>.. 11. 1. a Mjiitfeites lui assurent uu succès
•J. Ihirl.. 2. lieureux. C'est pourquoi il dit ces
:>. Var. : Et. Messieurs, n'en soyez. tpeau.x mots : « Nous avons prêché
l)as étonnés. Comme il met sa force avec conliance.parce que nous avons
en la croix, et sa puissance dans lieancoup enduré, n
rintirniité, ses coups lui tiennent t. Var. : excitait,
lieu de victoire, et les jjeines qu'il ••>. Var. : parler.
trine et qu'il attire ' par ses souffrances. Il court ainsi par toute la terre, portant partout la croix de Jésus', toujo»rs menacé, toujours poursuivi avec une fureur implacable ; sans repos durant trente années, il passe d'un travail à un autre, et trouve partout de nouveaux périls ; des naufraj2,'es dans ses voyages de mer, des embûches dans ceux de terre ; de la haine parmi les Gentils, de la rage parmi les Juifs ; des calomniateurs dans tous les tribunaux ; des supplices dans toutes les villes ; dans rFjolise même et dans sa maison, des faux frères qui le trahissent : tantôt lapidé et laissé pour mort, tantôt battu outraoeusement et ]H'esque déchiré par le peuple : il meurt tous les jours pour le Fils de Dieu, quotidtc morior'\ et il marque l'ordre de ses voyages par les traces du sang qu'il répand et par les peuples qu'il convertit ; car il joint toujours l'un et l'autre, si bien que nous lui pouvons appliquer ces beaux mots de Tertullien ' : « Ses blessures font ses conquêtes ; il ne reçoit pas plus tôt une plaie, qu'il la couvre par une couronne ; aussitôt qu'il verse du sang, il acquiert "* tie nouvelles jialmes ; il remporte plus de victoires qu'il ne souffre de violences : Cornnn prcmit viilnera, palma s(tnguinciii ohscurat, plus vktonarum est quain injuriarun}'' . »
C'est pourquoi le Sauveur Jésus voulant encore abattre à ses pieds l'impérieuse majesté de Rome, il } conduit enfin le divin Apôtre, comme le plus illustre de ses capitaines. Mais, mes Frères, il faut plus de sang pour fonder cette illustre Église, qui doit être la mère des autres : saint Paul y donnera tout le sien ; aussi y trouvera-t-il un persécuteur qui ne le sait pas répandre à demi, je veux dire le cruel Néron, r[ui ajoutera le com])le à ses crimes en faisant mourir cet apôtre.
1. Var. : (|iril gagne. Il peut leur diniuer ses instructions
2. Var. : Il étend partout ses enn- par la seule force de sa charité: quêtes et son empire. mais il ne peut leur donnerdu .sang.
i). I Coi'., XV, 31. si on ne le tire par(|uelque snpjilice : i. Var. : Que vous sert donc, ô si bien que votre fureur lui est népersécuteurs, de le poursuivre avec cessaire. Vous lui donnez le moyen tant de haine ? Vous avancez l'on- de vaincre en lui dminant celui de vrage de Paul, lorsque vous pensez souffrir. Ses blessures font ses coule détruire. Car deux choses lui sont quêtes, et nous ])()uv()ns dire de lui nécessaires pour gagner les uatious ces beaux mots de Tertullien... infidèles : des jjaroles pour les ins- 5. Var. : il fait nnitre. truire, et du sang pour les émouvoir. li. Scor/i.. n. n.
Vous raconterai-je, Messieurs, combien son sang se multipliera, quelle suite de chrétiens sa fécondité fera naître, combien il animei-a de martyrs, et avec quelle force il affermira cet empire spirituel qui se doit établir à Rome, plus illustre que celui des Césars ? Mais C[uand est-ce que j'achèverai, si j'entreprends de vous rapporter toutes les i>randeurs de l'Aj^ôtre? J'en ai dit assez, Chrétiens, pour nous inspirer l'amour de la croix, si notre extrême délicatesse ne nous la rendait odieuse. O croix, qui donnez la victoire à Paul, et dont la faiblesse le rend tout-i)uissant, notre siècle délicieux^ ne peut souffrir votie dureté ! Personne ne veut dire avec l'Apôtre : Je ne me plais que dans mes souffrances, et je ne suis fort que dans //jcn faiblesses. Nous voulons être jiuissants dans le monde, c'est ])ourquoi nous sommes faibles selon Jésus-Christ ; et l'amour de la croix de. Jésus étant éteint parmi les fidèles, toute la force chrétienne s'est évanouie. Mais, mes Frères, je ne puis vous dire ce que je pense sur ce beau sujet. I.e grand Paul me rapi)elle encore : après avoir vu les faiblesses que la croix lui a fait sentir, il faut achever ce discours, en consiflérant les infirmités ([ue la charité lui inspire dans le gouvernement ecclésiastique'.
Troisième Point.
Le pourrez-vous croire, Messieurs, que l'Eglise de Jésus-Christ se gouverne par la faiblesse ; que l'autorité des pa,steurs soit appuyée sur l'infirmité ; que le grand apôtre saint Paul, qui commande avec tant d'empire, qui menace si hautement les opiniâtres, qui juge souverainement les pécheurs, enfin qui fait valoir avec tant de force la dignité de son ministère, soit infirme parmi les fidèles, et que ce soit une divine faiblesse qui le rende
I. Délicieux, qui aime les délices. me avec les infinnes. )) Imprimons •2. Var. : Mais si nous ne pouvons en nos cœurs ces infirmités bieuiiuiter cette fermeté de l'Apôtre. lieureuses que la chanté lui inspire, imitons di\ moins sa tendresse : si C'est ma dernière partie, que je nous ne pouvons pa.s dire avec saint donne toute à rinstruction. (Xous Paul: Jr ne me plais que dans me:^ avons supprimé ici une traduction foiiff'ranees, tâchons, mes Frères, de de Deforis, qui faisait manifestedire avec lui: « Quis injinnatur et ment double emploi.) fij6 non infirmor ;' .Je me rend? intir-
puissant dans l'Église? Cela vous paraît peut-être incroyable ; cependant c'est une doctrine que lui-même nous a enseignée, et qu'il faut vous expliquer en peu de paroles.
Pour cela, vous devez entendre ([ue l'empire spirituel (|ue le Fils de Dieu donne à son Église, n'est pas semblable à celui des rois. Il n'a pas cette majesté terrible ; il n'a pas ce faste dédaigneux, ni ce superbe esprit de grandeur dont sont enflés les princes du monde. Les rois des nations les dominent, dit le Fils de Dieu dans son Évangile' ; nmis il n''en est pus ainsi parmi vous, où le plus grand doit ctre le moindre, el oit le premier est le sennteur.
Le fondement de cette doctrine, c'est que cet empire divin est fondé ' sur la charité. Car, mes Frères, cette charité peut prendre toute sorte de formes. C'est elle qui commande dans les pasteurs, c'est elle qui obéit dans les peuples ; mais soit qu'elle commande, soit qu'elle obéisse, elle retient toujours ses qualités propres, elle demeure toujours charité, toujours douce, toujours patiente, toujours tendre et compatissante, jamais fière ni ambitieuse ".
Le gouvernement ecclésiastique, (jui est appuyé sur lii charité, n'a donc rien d'altier ni de violent ' : son commandement est modeste, son autorité est douce et paisible. Ce n'est pas une domination qu'elle exerce : I)ov)inantur, vos autein non sie ; c'est' un ministère dont elle s'acquitte, c'est une économie qu'elle ménage par la sage dispensation de la charité fraternelle.
Mais cette charité ecclésiastique, qui conduit le peuple de Dieu, passe encore beaucoup plus loin. Au lieu de s'élever orgueilleusement pour faire valoir son autorité,
l.Lnc, XXII, 25, 21). qu'à eux pour les gouveruer, elle