‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 214 sur 397 · Var. : impérieuse. le Fils de Dieu, qui, venant régner · texte numérisé non relu

Var. : impérieuse. le Fils de Dieu, qui, venant régner

4. Var. : dédaigneux. sur son peuple, a voulu prendre ses ô. Var. : ("est une dispensation infirmités. Il ne veut pas régner par

fharitable. une servitude honorable. la crainte, parce qu'il veut régner

Mais le caractère particulier de cette sur les cœurs, qu'il les veut gagner

charité ecclésiastique qui gouverne par la charité ; c'est pourquoi il est

dans les pasteurs, c'est qu'elle ne venu pour servir. Ainsi les pasteurs

s'élève pas orgueilleusement au-des- du peuple fidèle doivent .se revêtii-

sus des troupeaux qui lui sont com- de ses infirmités, mis : mais ]jlut6t elle descend jus-

elle croit que, pour gouverner, il faut qu'elle s'abaisse, qu'elle s'affaiblisse, qu'elle se rende infirme elle-même, afin de porter les infirmes. Car Jésus-Chiùst, son original, en venant régner sur les hommes, a voulu prendre leurs infirmités : ainsi les apôtres, ainsi les pasteurs doivent se revêtir des faiblesses des troupeaux commis à leur vigilance, afin que, de même que le Fils de Dieu est un pontife compatissant qui ressent nos infirmités, ainsi leri pasteurs du peuple fidèle sentent les faiblesses de leurs frères et portent leurs infirmités en les partageant. C'est pourquoi le divin Apôtre, i^lein de cet esprit ecclésiastique, croit établir son autorité en se faisant infirme aux infirmes et se rendant serviteur de tous ^.

Mais voulez-vous voir, Chrétiens, dans un exemple particulier, jusqu'à quel point cet homme admirable ressent les infirmités de ses frères? Représentez-vous ses fatigues, ses voyages, ses inquiétudes, ses peines pour résister à tant d'ennemis, ses soins ])our enseigner tant de peuples, ses veilles pour gouverner tant d'Églises; cependant, accablé de tous ces travaux, il s'impose encore lui-même la nécessité de gagner sa vie à la sueur de son corps, opérantes manibus nostris^.

Que l'ancienne Rome ne me vante plus ses dictateurs pris à la charrue, qui ne quittaient leur connnandement que pour retourner à leur labourage : je vois quelque ciiose de plus merveilleux en la personne de mon grand Apôtre, qui, même au milieu de ses fonctions non moins augustes que laborieuses, renonce volontairement aux droits de sa charge, et refusant de tous les fidèles la paye honorable qui était si bien due à son ministère, ne veut tirer que de ses propres mains ce qui est nécessaire pour sa subsistance.

Cela, mes Frères, venait d'un esprit infiniment audessus du monde ; mais vous l'admirerez beaucoup davantage, si vous pénétrez le motif de cette action glorieuse. Écoutez donc ces belles paroles de l'admirable saint Augustin, par lesquelles il entre si bien dans les sentiments du grand Paul : Infivinorum pericidi^, ne fahis suspicionihtis agîtoti odhsent quasi vénale Evan-

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