I Cor.. IX. 22. 2. /hi,L. iv
P<»rnioiis lie Bo=.-iuet. — II. 22
gelium, tanquam paternis luateniisque visccrihus tremefactus hoc fecit\ Qui vous oblige, ô divin Apôtre, à travailler ainsi de vos mains? Cest a cause, dit saint Augustin, qu'ayant une tendresse plus que materneUe pour les peuples qui ha sont commis, il tremble pour les périls des infirmes qui, agités par de faux soupçons, pourraient peut-être haïr l'Évangile, en s'imaginant que V Apôtre le prêchait pour son intérêt. Quelle charité de saint Paul ! Ce qu'il craint, ce n'est qu'un soupçon, et un soupçon mal fondé, et vui soupçon qu'il eût démenti par toute la suite de sa vie céleste, si épurée des sentiments de la terre : toutefois ce soupçon fait trembler l'Apôtre, il déchire ses entrailles plus que maternelles^ ; ce grand homme, pour éviter ce soupçon, veut bien veiller nuit et jour, et ajouter le travail des mains à toutes ses autres fatigues !
Qui pourrait donc assez expliquer combien vivement il sentait toutes les infirmités des fidèles? Celui qui tremblait pour un seul soupçon et qu'une ombre de mal épouvantait, en quel état était-il, mes Frères, quelle était son inquiétude, quand il voyait des maux véritables, des scandales parmi les fidèles, des péchés publics ou particuliers? Que ne puis-je entrer dans ce cœur tout ardent des flammes de la charité fraternelle, pour y voir de quel sentiment le grand Paul disait ces beaux mots : « Qui est infirme parmi les fidèles, sans que je sois infirme avec lui? Et qui peut les scandaliser, sans que je sois moi-)nême brûlé de douleur? Quis infirmatur, et ego non infirmor? Quis scandalizatur, et ego non uror ^ ? »
Arrêtons ici. Chrétiens, et que la méditation d'un si grand exemple fasse le fruit de tout ce discours. Car quelle âme de fer et de bronze ne se sentirait attendrie par les saintes infirmités que la charité inspire à l'Apôtre? Voyait-il un membre affligé, il ressentait toute sa douleur. Voj'ait-il des simples et des ignorants, il descendait du troisième ciel pour leur donner un lait maternel et bégayer avec ces enfants. Voyait-il des pécheurs touchés, le saint Apôtre pleurait avec eux pour parti-